"La Lionne Blanche" Henning Mankell, Seuil Policier
Date: 25 février 2005 à 19:37:37
Sujet: Critique Littéraire


La 5 ème Femme de Mankell m'avait tellement épaté que j'ai décidé de continuer à lire cet auteur. La Lionne Blanche est un roman antérieur à La 5 ème Femme.


Dès les premiers chapitres, je me dis tout de suite, que l'auteur garde la même recette : même héros (Wallander), avec les mêmes problèmes métaphysiques, même style : phrases courtes entrecoupées de considérations sur la météo suédoise en Scanie. Mais peu à peu le charme opère et c'est sur un autre terrain que Mankell exerce son talent.
Je m'explique : l'action se déroule au début des années 90 et en Afrique du Sud,et en Suède.
Un tueur noir est embauché par une confrérie raciste de Boers pour assassiner Mandella. Le tueur est envoyé en Suède pour s'entraîner avec un ex membre du K.G.B. Par "accident" une femme innocente est assassinée. Wallander enquête.
Et l'auteur écrit en se mettant à la place du tueur noir, qui raisonne avec ses dieux et sa logique à lui, celle d'un homme brimé par l'apartheid et qui, pour survivre, renie les siens tout en haïssant les Boers pour qui il travaille.
Wallander finira par rencontrer Victor, le tueur, et une forme d'amitié s'installe entre les deux hommes, malgré une incompréhension réciproque totale entre ces deux cultures. Là est tout le roman : l'intrigue suit son cours, mais l'essentiel est ailleurs : Mankell nous montre des êtres contrastés voir torturés : le commanditaire de l'assassinat de Mandella lui-même (surnommé le caméléon par un agent secret) a une haine viscérale des Noirs qu'il considère comme des animaux, mais vit en cachette avec une femme de couleur dont il a eu une fille.
Les flash back incessants sur l'enfance des Afrikaans Boers, comme sur celle des Noirs africains opprimés nous montre que le racisme n'est pas un problème simple.
Et comme dans le roman, que j'ai lu précédemment, il ya cet interrogation sur le bien et le mal, sur la justice et la peine de mort. Le personnage de l'ex-membre du KGB personnifiant à lui seul le mal absolu ! Mankell a un talent énorme, celui d'endosser la peau de chacun de ses personnages, pour en épouser complètement la pensée .
C'est un roman dense, humaniste et vraiment passionnant
Dups







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