Le Café des Amis
Identification ou Inscrivez-vous  ::  Accueil  ::  Votre compte  ::  Forums  ::  le
 
Au Menu
 Menu :

 Accueil

 Recommandez-nous

 Proposez un lien

 Proposez un Evénement du jour

 Soumettre un article

 Contactez-nous

 Chat au comptoir

Actualité :

 

 Cinéma

 

 Interviews

 

 Littérature

 

 Musique

 

 Galeries du Café

 

 Communauté :

 Archives par sujets

 Evénement(s)du jour

 Liens

 Sujets

 Quizz :

 

 Espace Membre (uniquement disponible pour les personnes inscrites) :

 Téléchargement

 Votre compte

 Messages privés

 Administration :

 Comptes Administrateur

 
 
Galeries
 
 
Interview de MEEK
Interview musiqueNous souhaitons remercier Meek pour cette longue interview et de son temps précieux qu'il nous a consacré. Et maintenant place à Meek ...

Question : Bonjour Meek. Comment se passent tes sets acoustiques dans les FNAC ?

Meek : Super bien, dans une ambiance chaleureuse qui m'a agréablement surpris. Je suis accompagné d'un ami guitariste, Cyril Morana, qui joue de la 12-cordes électro-acoustique. Moi, je joue de la guitare 6-cordes et bien sûr je chante. L'ensemble donne quelque chose d'intime et d'un peu "folk". C'est une relecture forcément épurée de mes chansons et le résultat me plaît. Les gens réagissent beaucoup à mes textes. Il s'agit de petits concerts acoustiques, des "show cases" d’à peu près 45 minutes, que je donne dans les forums des FNAC.



Question : Joues-tu toujours les mêmes titres ? Lesquels et dans quel ordre ? As-tu fait des reprises ? Quels titres et pourquoi ceux-là plutôt que d'autres ?

Meek : On fait le même set toujours dans le même ordre. Je n'aime pas l'improvisation. On fait "J'aime Bien Quand Tu Pleures", "Le Dessin", "Tulipe, Tulipe", "Psychotique", "Big Fish Big Boat", "Le Parfum De Yan Pallach", "The Kick", "Le Papillon Junkie", "Gare Montparnasse", "Coup De Cric" et je reprends "Every Night" de Paul McCartney ainsi que "I'm Only Sleeping" des Beatles. Je voulais absolument reprendre une ou deux chansons Beatles, parce que symboliquement c'est important pour moi. Mais je ne voulais surtout pas tomber dans les gros classiques et me retrouver comme une andouille à chanter "Yesterday" ou "Let It Be" dans les FNAC, alors j'ai choisi deux titres moins connus. Les gens apprécient beaucoup je crois.



Question de Jean-No: Bonjour (ou bonsoir) Meek !

Tout d'abord merci pour ta "présence" ici, et pour ta musique.

Même si je n'ai pas (encore, mais ce sera fait dans la semaine) acheté ton disque, les extraits m'ont convaincu !

J'en viens directement au fait, et donc à ma question, pas très en rapport avec ta musique, mais qui me tarabuste : j'ai lu (à tort ou à raison) que tu n'avais pas mis dans le livret de ton CD les textes de tes chansons. Comme tu en es l'auteur, ce ne semble pas être un problème de droits, alors : volonté ? oubli ? pudeur ? décision de l'éditeur ?

Meek : Les choses sont parfois beaucoup plus simples: mon petit label "BEDROOM" n'avait pas assez de sous pour faire fabriquer un CD avec un gros livret à l'intérieur! Moi j'aurais de loin préféré qu'il y en ait un, d'ailleurs il était prévu et a été fait. Dans un éventuel second tirage, si second tirage il y a, le livret sera inclus. Dans l'édition japonaise qui sort ces jours-ci, il y a un livret de 20 pages dans un digipack... L’objet est très beau ! Les Japonais sont vraiment géniaux pour tout ça, et ce sont vraiment des fans ! Qu’est-ce qu’ils aiment la Pop ! C’est très agréable et gratifiant d'avoir son album qui sort au Japon et d'y avoir des fans! Je suis ravi de ça.



Question de Le Saint : Bonjour Meek, merci beaucoup de bien vouloir répondre à nos questions. En ce qui me concerne, la pochette de ton album m'interpelle aussi. Ne serais-tu pas un amateur de peinture ? Car l'ambiance de la pièce ressemble étrangement à un tableau très connu de Van Gogh "La chambre de Vincent à Arles" et la guitare qui coule du guéridon à l'oeuvre de Dali "La persistance de la mémoire". Je ne parle pas du dos de la jaquette où le style du dessin me fait irrémédiablement penser au portrait de Rodin par Renoir. Je me fais peut-être des idées, mais la pochette a l'air d'être bien pensée (le passage piéton, clin d'oeil à Abbey Road des Beatles ?) Quelle est la symbolique de ce citron que l'on retrouve même dans tes paroles et dans un des titres ?

Meek : Pour la pochette tu as raison. La couleur générale est une référence à la luminosité chaude que l'on trouve dans certains Van Gogh. La guitare molle est une évidente référence aux Montres Molles de Dali dont je suis un inconditionnel. Il y a un parallèle entre le monde distordu des Surréalistes et l’univers que j’essaye de créer, tout en sons de voix bizarres, en phrases étranges, en décalages entre les harmonies et le contenu des textes, etc...

Le citron exprime cette acidité, voire cette violence diffuse que je mets toujours dans mes textes, même quand je ne le veux pas. Sur mon site officiel (http://www.meekintheweb.com) je fais une longue analyse assez complète de ma pochette. Chaque élément a une signification précise qui fait souvent référence à mon enfance.



Question : Qu’est-ce qui t’a poussé à faire de la musique ?

Meek : C’est la seule chose que j’ai vraiment voulu faire dans la vie. Bien que j’aie également une passion pour la Politique par exemple, ou pour la Dialectique et la Langue des Signes. La musique a toujours été la seule passion capable de m’animer totalement et de m’offrir un but dans la vie. S’il y a une chose dans ma vie que je suis heureux d’avoir, c’est un objectif. Ma vie sans objectif aurait été encore plus difficile qu’elle ne l’est déjà. Je me suis toujours senti désolé pour les gens qui n'ont pas du tout de passion... Je leur souhaite d'en trouver une.



Question : Quelles sont tes influences musicales et tes dernières découvertes ?

Meek : Mes influences musicales sont les Beatles, les Beach Boys, les Mamas And Papas, Simon & Garfunkel, les Hollies, Crosby Stills Nash & Young, Queen première période, Julien Clerc première période, Laurent Voulzy, Enya, Cat Stevens, Kate Bush, Abba, les Zombies, Etienne Daho, Françoise Hardy, William Sheller.

Dans tout ce qui est sorti récemment, je n'ai bien aimé que le disque de Carla Bruni, un peu le dernier de Yann Tiersen et un peu le groupe Aston Villa aussi. Carla Bruni a écrit de jolies petites mélodies. Elle a un timbre de voix très frais et une volonté artistique de ne pas se fondre dans la saleté ambiante, ce qui est une très bonne chose. Yan Tiersen a un univers gracieux et naïf qui me séduit. Chez Aston Villa, c'est surtout leur attitude sincère et leurs propos intelligents au sujet des Majors du Disque qui m'ont séduit.

Du côté des labels indépendants, rien ne m'intéresse.

Du côté de ce qu'on appelle "La Nouvelle Chanson Française", je suis désolé mais rien ne me passionne non plus...

Voyons voir...

Benjamin Biolay et Keren Ann font de très beaux arrangements, mais je trouve leurs chansons plates et elles m'ennuient.

Vincent Delerme est sans doute talentueux mais sa voix m'horripile parce que je trouve qu'il chante comme chantait Brigitte Bardot dans les années '60, et cette façon lascive et maniérée de chanter me hérisse le poil. On dirait qu'il fait le con, ça me fatigue...

Bénabar est rigolo, mais je ne trouve aucune mélodie que je retienne et qui puisse me marquer durablement.

Miossec est pour moi une ennuyeuse imitation de Gainsbourg, le génie en moins.

Matthieu Chédid n'écrit pas de mélodies à mon sens, ses chansons me rentrent par une oreille et me ressortent immédiatement par l’autre... J'aime pas.

Sinclair fait pour moi un pseudo Funk chiant et plutôt vide.

Je trouve les chansons de Dominique A. faussement intellos et assez ennuyeuses également, et je pense que son "succès" doit beaucoup au soutien indéfectible dont il jouit depuis dix ans auprès de ses petits amis des Inrockuptibles.

Idem pour Philippe Katherine.

Idem pour Thomas Fersen, ses chansons me font bailler et je le trouve poseur. Je me souviens que lors d'une Victoire de la Musique, plusieurs artistes devaient chanter une chanson de Gainsbourg; Fersen avait une phrase de quatre mots à chanter, il n'a pas été foutu de s'en souvenir, en même temps c'était assez drôle.

Dans les groupes, Mickey 3D ne m'intéresse pas parce que je n'aime pas leur son et n'y entends pas de vraies mélodies.

Blankass non plus.

Les Noir Désir m'agacent avec leur délire philosophico-politico-introspectif à 3 Euros qui sonne souvent faux, je trouve.... Et puis quand je les vois venir aux Victoires de la Musique et jouer les grands rebelles révoltés qui dégueulent sur Universal, qui dégueulent sur Jean-Marie Messier (ex-boss d'Universal) alors qu'ils sont un gros groupe vendeur qui fait partie intégrante du système depuis vingt ans, qu'ils en vivent grassement et qu'ils sont largement aussi nombrilistes, égoïstes et marketing que les autres, je ne suis pas franchement convaincu. Tout ça, c'est du flan. Ils sont contre le grand capitalisme mondial mais ils n'ont rien contre le fait qu'Universal leur fasse vendre 1 millions d'albums.

Louise Attaque et Zebda m'ennuient aussi. Je déteste ce Rock festif campagnard pseudo viril où seule l'énergie compte. Ce n'est pas mon univers, ni ma mentalité. Et quand en plus ces gens se veulent les maîtres à penser politiques de toute une génération, avec leurs grands airs de rockeurs sérieux et concernés au milieu de grands débats sociétaux à la télé, leur démagogie me fait doucement rire.

Quant au Rap et au R'n'B, je les considère comme des pollutions sonores. Désolé mais je ne peux pas vous l’exprimer autrement.

L’Electro ne m'intéresse pas non plus parce qu'elle est moins faite par des musiciens que par des techniciens. Et moi ce qui m'intéresse, ce sont les musiciens qui jouent de vrais accords sur de vraies chansons qu'ils ont écrites eux-mêmes sur de vrais instruments.

Sinon, j'aime bien les nouveaux groupes pop anglais, comme d'habitude. Et puis Eliot Smith. Un petit peu Cotton Mather. Weezer et Travis aussi...

Et le dernier disque français qui m'ait vraiment plu, c'est le dernier Etienne Daho "Corps et Armes" qui remonte à 2000 ou 2001...



Question : Avec quel(s) producteur(s) et musiciens (vivants ou morts) aimerais-tu travailler ?

Meek : J'aurais aimé travailler avec George Martin, Phil Spector, Brian Wilson, Phil Ramone, Jeff Lynn. En France, exclusivement avec les arrangeurs Jean-Claude Petit et Jean-Claude Vannier (tiens, deux Jean-Claude... Pas fait exprès.)



Question : Quels types de matériels d'enregistrement et instruments de musique (marque, modèle...) possèdes-tu ?

Meek : Je n'aime pas parler de technique ni de matériel parce que ça m'énerve.

Et ça m’énerve parce que je n'ai pas beaucoup d'équipements et que mes instruments ne sont pas de grandes marques, et que beaucoup d'abrutis dans le milieu des musiciens vous jugent selon le matériel que vous avez ou que vous n'avez pas! On dirait que pour certains, c'est le matériel qui donne le talent! Je ne suis pas d'accord.

Je n'ai que ce que j’ai, et je fais ce que je peux avec ce que j’ai. Ce sont les chansons qui sont les plus importantes. Vous aurez beau avoir le matériel le plus moderne et le plus cher, si vous écrivez de la merde, vous enregistrerez de la merde.

Et puis on a tous nos petits secrets de cuisine. Tout ce que je peux dire, c'est que je n'ai presque rien, juste le strict minimum, et que je fais tout avec des bouts de ficelle, beaucoup de vieux appareils de récupération, de la patience, de la rigueur et des nerfs

Je préciserai seulement que je ne travaille pas sur ordinateur! Je ne fais pas de programmations. Et je n'ai aucun "sampleur" non plus. D'ailleurs je suis contre. Je trouve que c'est choquant et artistiquement très malhonnête de voler des mesures entières d'une chanson écrite par un autre pour y ajouter deux ou trois conneries et en faire une soit disant chanson à soi, en se créditant bien sûr. C'est du vol pur et simple et le mec qui "sample" n'a aucun mérite à mes yeux.

Ce qui est dingue, c'est de se dire que pratiquement tous les succès des Doc Gynéco, Stomy Bugsy, Passy et autres Mc Solaar sont en fait des trucs "samplés", donc totalement piqués à d'autres disques d'il y a vingt ans et à de "vrais" musiciens... Je gerbe.



Question : Dans quelles émissions radio et TV aimerais-tu passer ?

Meek : La seule émission qui me plaisait et dans laquelle j'aurais aimé apparaître n'existe plus: Taratata.

Pour le reste, les radios sont presque toutes devenues des robinets à merde, et les télés s'enfoncent de plus en plus dans la connerie de masse, avec leurs émissions de télé-réalité pour mongoliens...

La dernière en date est redoutable: on invite des vieux has-been du Top 50 méga-ringards et méga-mauvais, genre Peter & Sloane ou Jean-Pierre Mader, et après des épreuves diverses, le public vote pour celui qui aura le droit de faire un "come-back" avec une "grande maison de disques" et une "équipe de professionnels" (dixit l'émission)...

Peut-on faire plus idiot, plus dégradant et plus humiliant pour les artistes? C'est assez significatif de ce qu'est devenue la musique à la télé, et ce que je trouve incroyable, c'est qu'apparemment les anciennes gloires des années '80 se bousculent pour y participer... Elles ne doivent pas bien se rendre compte de ce que c'est. Si j'étais elles, je préfèrerais rester au RMI plutôt que m'abaisser à faire ça.



Question : As-tu des qualifications particulières en musique et/ou techniques d'enregistrement?

Meek : Je suis entièrement autodidacte, musicalement et techniquement. J'ai tout appris seul et à l'oreille. Et je ne suis loin d'être un virtuose. Je suis un musicien honnête techniquement mais je joue des choses simples. Ce qui m'intéresse surtout, c'est la composition.

Question : Comment se passe l'aspect management et promotion?

Meek : Pour le management, je suis indépendant et prends les avis d’une poignée de personnes qui me sont proches.

La promotion dépend pour tout le monde de l'argent dont un label dispose ou pas. En gros si vous avez des sous, vous pouvez avoir toute la promo que vous voulez. Si vous n'en avez pas, vous pouvez aller vous faire foutre. Je fais partie de la seconde catégorie.

Question de Brian : Cher Meek, bravo pour ton album, dûment acheté par ton serviteur à la Fnac Forum. Je m'interroge : tu joues de tous les instruments, ne te sens-tu pas seul ? Deuxième question qui est la conséquence de la première : à quand la scène ? Comment comptes-tu présenter tes chansons si travaillées sur scène ? Merci.

Meek : Sur l'album, c'est moi qui fait tous les instruments et toutes les voix parce que c'était plus facile comme ça, et aussi plus excitant. C'est une liberté fantastique de tout faire tout seul. C'est aussi l'assurance de faire exactement ce que l'on veut, sans compromis. Liberté totale! Et puis en toute humilité, je voulais voir si je pouvais moi aussi travailler comme l'avaient fait dans certains de leurs albums des McCartney, Stevie Wonder et autres Prince, c'est-à-dire en faisant tout eux-mêmes, comme des hommes-orchestres... Je crois que très peu de Français l'ont fait. Peut-être Gérard Manset il y a longtemps... Contrairement à ce qu'on pourrait croire, Voulzy est accompagné par pas mal de musiciens sur ses disques, il est loin de tout faire tout seul. Non, je crois qu'en France très peu de gens connus ont travaillé comme ça.

Je ne fais pas partie d'un groupe parce que je n'en ai pas la mentalité, je suis trop individualiste et ai des visions trop précises de la façon dont ma musique doit sonner. Je n'ai pas envie de devoir parlementer pendant des heures avec un bassiste ou un guitariste pour que le piano fasse "tut tut tut tut" plutôt que "couac couac couac"... Je n'ai pas envie de devoir lutter pour faire passer la moindre idée, ni de devoir me farcir une chanson que je trouve pourrie mais qu'il faut absolument faire parce qu'elle a été écrite par le batteur qui y tient énormément...

Je fais donc en ce moment des petits concerts acoustiques avec un autre guitariste dans les FNAC, mais cela restera exceptionnel. Ma vie ne sera jamais centrée sur la scène. Je ne suis pas un "groupe Rock qui fait de la route". Pour moi, la chose la plus importante est le disque. Un album, c'est comme un livre ou un tableau. C'est censé rester toute une vie chez vous, rangé quelque part, susceptible de ressurgir n'importe quand. Du coup, un disque devient une chose importante, non? Moi je trouve que quelque chose qui a pour vocation, peut-être, de vous suivre toute la vie devient du même coup quelque chose de super important!

La scène apparaît alors plutôt anecdotique, vous ne trouvez pas? C'est un bonus qui n'est pas obligatoire. Je n'aime pas la scène parce qu'on s'y entend mal, parce qu'on y chante souvent faux, parce que le son y est souvent pourri, parce qu'on y est souvent mal à l'aise, on a chaud, etc...

Question de Boumbo : bonjour MEEK,

Pensez-vous vous produire prochainement sur la Belgique ou un autre pays et quel type de public voulez-vous toucher en particulier ?

Vos chansons ont-elles un message à passer ? Quel est-il ?

Meek : Comme je l'ai dit juste avant, je ne suis pas un groupe de scène. Donc hormis mes petits concerts acoustiques actuels, je ne ferai de la scène que lorsque j'aurai un vrai groupe autour moi. Et ça, ça viendra peut-être si j'arrive à être plus connu et qu'un tourneur accepte de produire ma tournée...

Mais ça finira bien par arriver! Restons Zen!

Et oui bien sûr, je passerai par la Belgique avec plaisir si l’on m’y invite et si l’on m’y connaît.

Je veux dans l’absolu toucher tous les publics. Mais il est certain que tout le public des gamines de 12 ans qui ne pensent qu’à Britney Spears, Lorie et autres jeunes fadasses marketing de la Star Academy ne m’intéresse pas franchement, et j’imagine que le sentiment est réciproque. Mais à part ça, mon public est celui qui veut bien de ma musique.

Le message de mes chansons, ce serait: "Faîtes tout ce que vous pouvez pour être le moins malheureux possible, et surtout n'écoutez personne! N'écoutez surtout pas ce que vous dit la société, ni ce que vous dit la télé, et encore moins ce que vous disent les journaux et les politiciens français véreux. Vivez pour vous-même et ceux qui vous aiment et envoyez tout le reste aux orties. Liberté!!!"

Question de Lolocéane : do you feel more " Lemon " or more " Lennon " ?

Comment te présenterais-tu ? Si tu étais un animal, tu serais lequel?

Meek : Je suis plutôt "lemon (citron)" que Lennon. Je ne me suis jamais identifié à quelqu'un de connu. J’ai été très influencé par certains artistes dans plein de domaines, mais n’ai jamais voulu échanger ma personnalité avec la leur. Je préfère rester moi-même, même si ce n'est pas le chemin le plus facile.

Si j'étais un animal, je serais une crevette rose de la Mer du Nord. Ou une gambas.



Question : Quels sont tes 3 albums préférés (ceux des autres) ?

Aujourd’hui ?

Hier ?

Meek : Mes 3 albums préférés d'hier: "Abbey Road" des Beatles, "Pet Sounds" des Beach Boys, "La Cavalerie" de Julien Clerc. D'ailleurs sur mon site officiel (http://www.meekintheweb.com) on peut trouver mon Top 25 des albums qui ont le plus influencé ma vie.

Dans les albums d'aujourd'hui, je n'ai aucun "préféré" à proprement parler. Ou alors je ne les connais pas.



Question : Quel est l’objet dans ta maison dont tu ne te séparerais jamais ?

Meek : La brosse à cuvette des W.-C. Je déteste quand on laisse des traces de caca sur les parois. C'est notamment inévitable en cas de grosse diarrhée. C'est pourquoi je le conseille vivement à tout le monde: ne vous séparez jamais de la brosse à W.-C.



Question : Quelle impression cela fait-il d’être interviewé par l’intermédiaire d’un site ?

Meek : C'est étrange. J'aime bien, mais c'est un peu impersonnel, et il est toujours très difficile de bien se faire comprendre quand tout passe par l'écrit. Je me sens très honoré par les invitations à répondre à des interviews sur le Net, et votre site me flatte beaucoup... Même si je doute toujours d'intéresser grand monde...

Et incidemment, cela me permet de voir ce à quoi pensent les gens, et je suis vraiment surpris par cette obsession de tout le monde pour la scène! Comme si on ne pouvait apprécier un artiste sur un disque! Comme s'il fallait absolument une preuve physique. J'espère que les temps vont changer et que le monde de la musique dans son ensemble finira par se défaire de ces stéréotypes implacables.



Question : As-tu des contacts pour concrétiser cette belle aventure ? Et si oui, t’a-t-on déjà demandé de faire de la scène ?

Meek : Tiens, qu'est-ce que je disais!...

Mais en fait je ne comprends pas bien la première question...

Quelle aventure à concrétiser?

Mon disque est déjà sorti. Il est en vente partout. C'est donc déjà du concret...

J'aimerais en profiter pour redire bien fort qu'on n'est pas absolument obligé de faire de la scène quand on est chanteur! Il faut arrêter avec ce cliché de la scène à tout prix! On peut très bien faire de la musique, faire de beaux disques avec des super chansons et avoir un public, même un très grand public, sans pour cela être un "groupe" et faire de la "scène" à longueur d'année! L'enregistrement méticuleux et réfléchi d’un disque peut aussi être une fin en soi! Lorsqu'on lit un très bon livre, éprouve-t-on le besoin d'aller voir l'écrivain taper son texte sur une scène?

Je referai de la scène, peut-être, le jour où j’aurai trouvé un groupe pour m’accompagner et un tourneur pour financer la tournée.



Question : Y a-t-il eu un moment fort lors de l’enregistrement de tes chansons que tu voudrais bien nous raconter ?

Meek : Des moments forts, il y en a à chaque fois qu'on écoute pour la première fois l’enregistrement que l'on vient de faire d'une nouvelle chanson. C'est en général un moment magique, parce que c'est la naissance de quelque chose. Là où il n'y avait rien, il y a soudain quelque chose. Il y a parfois de grosses surprises... Il arrive qu'on commence l'enregistrement d'une chanson avec une idée très précise de ce que l'on souhaite, et on se retrouve quelques jours plus tard avec tout à fait autre chose sur les bras, et parfois dix fois mieux que ce qu'on voulait au départ!

Mais je n'ai pas en tête de moments précis concernant la production de "Psychotique", qui a été longue et plutôt stressante à cause du manque d’argent et de moyens techniques.



Question : Y a-t-il beaucoup de rejets dans tes projets ?… Des chansons enregistrées mais qui finalement sont laissées de côté ?

Meek : Oui, je jette beaucoup de chansons et beaucoup de mixages ou de versions différentes. Pendant l’enregistrement de l’album, j'ai rejeté une version entière de "Coup de Cric" totalement différente, j'ai écarté une chanson appelée "Back With Us" déjà entièrement enregistrée, une première version méconnaissable de "Demain Tu Auras Compris", et un nombre incroyable de mixages différents de "Psychotique", de "Tulipe, Tulipe" et de la plupart des autres...

Les enregistrements qui m'ont demandé le plus de temps sont sans doute "Psychotique", "Henry McKay", "Citron" et "Tulipe, Tulipe". L’enregistrement le plus rapide à faire fut "The Kick", et le plus ancien dans l’album est "Le Papillon Junkie" (le premier à avoir été enregistré, en 1997...)



Question : Comment fais-tu pour promouvoir ta musique ? Uniquement par le bouche-à-oreille? Une stratégie particulière ?

Meek : Comme je suis sur le petit label BEDROOM distribué par MUSICAST, et qu'on n'est pas riche, je suis forcé d'espérer un bouche-à-oreille... Ceux qui aiment le disque en sont les meilleurs attachés de presse.

Par chance, des gens au siège central de la FNAC ont beaucoup aimé le disque, du coup ils me mettent donc un peu en avant dans toute la France, ils ont inclus ma chanson "Psychotique" dans leur compilation "Indétendances N°10", ils ont parlé de moi dans leurs journaux "Epok" et "Contact" et ils m'invitent donc à faire des show-cases.

En ce qui concerne la presse et les médias (radios, télés), tout le monde sans exception a reçu un exemplaire promo de l'album avec une jolie bio, une belle plaquette de présentation et un mot personnel manuscrit.

A part sur Internet, où mon album obtient vraiment beaucoup d'échos sur beaucoup de sites différents, y compris à l'étranger, je n'ai eu pour l’instant dans la presse écrite que trois articles: dans "Stuff", "Micro Dingo" et "Ecouter Voir".

Pour dire les choses clairement, la presse musicale est totalement tenue par les Majors, ne serait-ce que par les budgets publicitaires (toutes les publications musicales sans exception survivent grâce aux publicités que font dans leurs pages les grosses boîtes de disques). Ce sont donc les sorties des Majors (et des labels soi-disant indépendants mais distribués par des Majors) qui ont la priorité des chroniques, des critiques et des articles.

Et les vrais indépendants qui arrivent à être chroniqués ne le sont que par copinage, et exclusivement par copinage. Ou alors par politique.

En ce qui me concerne, voici ce qui s'est passé pour l'instant.

Le journaliste Christophe Conte des Inrockuptibles a été extrêmement méprisant à mon égard et m'a dit qu'il préférait "m'opposer du silence" parce qu'il trouvait "dégueulasse" que j'aie osé dire il y a quelques mois dans une interview sur le Net que je trouvais les Inrockuptibles un peu "snobs et branchouille" (chose que tout le monde dit et pense depuis 20 ans de toute façon)...

Pauvre chou!... Mon Dieu comme je suis cruel d'avoir dit ça!

(Par contre, cela ne gène pas Christophe Conte, ni son journal apparemment, de consacrer des couvertures et de grands dossiers dithyrambiques à Eminem, crétin ruisselant de haine et de propos violents, misogynes et homophobes... Tu ne le trouves pas "dégueulasse" lui, délicat et susceptible Christophe?)

Un journaliste du magazine "Magic, Revue Pop Moderne" du nom de Jean-Noël Dastugue a quant à lui adoré mon album, au point d'en faire une merveilleuse critique très flatteuse... Mais son article a été censuré par le tolérant et subtil rédacteur en chef dudit journal, Franck Vergeade, qui trouvait le disque "très mauvais de bout en bout, avec des textes totalement indigents et une voix insupportable". Bel exemple de démocratie journalistique au sein d’une rédaction.

Christophe Sabatier de "Technikart" a lui aussi adoré mon album qu'il compare à l'"Odissey And Miracles" des Zombies (référence qui m'honore!)... Mais il n'a fait que classer discrètement "Psychotique" en 2ème position dans leTop 5 du numéro de février, en me précisant qu'il ne pourrait pas en parler vraiment dans le journal parce que "ce n'est pas vraiment le style de musique que l'on défend ici" (sic). Merci! En gros, tu adores le disque, mais en parler dans ton canard te ferait honte... Sympa, non?

Voilà où j'en suis.

Voilà tout ce que mon travail a pu obtenir pour l'instant de la part de ces jeunes journalistes si ouverts, super "dans le buzz", tous écrivant pour ces super journaux culturels intelligents, plutôt de gauche, plutôt consciencieux, qui aiment l'honnêteté et l'ouverture d'esprit, yeaaaaahhhh...

Je me suis rendu compte que la plupart de ces gens qui font et défont les modes, chroniqueurs dits "haut de gamme" et à la pointe de tout ce qui se fait, étaient souvent des mecs plutôt obtus et que beaucoup avaient les idées encore plus fermées et préconçues que le plus con des journalistes du Figaro!

Mais ce qui m'a peut-être le plus choqué, c'est ce mépris hautain quasi palpable qui se dégage de ces mecs, même par téléphone, quand on les contacte et qu'on n'a pas la chance d'être connu ou de faire partie de leurs copains. C'est surprenant.

Même un journal apparemment assez exhaustif, sérieux et consciencieux comme "Chorus", financièrement indépendant et entièrement consacré à la production française, ne m'a pas donné une ligne... Même après cette longue conversation que j'ai eue au téléphone avec le journaliste responsable des sorties indépendantes, et qui s’est contenté de me dire que plus de 200 CDs s'amassaient dans sa cave et qu'il n'aurait de toute façon pas le temps de m'écouter "parce que vous comprenez, vous les indépendants, vous êtes trop nombreux!"...

Mais bordel c’est ton métier, tête de con !

Inutile de dire que tous les autres journaux, des plus connus aux plus obscures, n'ont pas écrit une seule ligne sur l'album, et ne l'ont certainement même pas ouvert.

Le milieu de la presse est comme tous les autres milieux, en pire puisque les journalistes ont tout gratuitement. Tout ne fonctionne que sur le copinage, le relationnel, la politique et les renvois d'ascenseur. L'éthique et la conscience d'un compte-rendu honnête et objectif n'existent pas dans le journalisme culturel. Pas plus qu'ailleurs.

Question de Clive : Bonjour Meek, alors voilà, j'avais une question à te poser.... j'ai écouté ton album en boucle.... Et j'ai immédiatement enchaîné avec une double Compilation de Polnareff.... Et j'ai trouvé quelques sonorités similaires.... Inspiration ou pur hasard ?

Meek : La comparaison me flatte. Le Polnareff de la grande époque était un grand artiste.

Oui, mon son peut sur certains titres se rapprocher un peu de ses enregistrements des années '68/'70, parce que les techniques d'enregistrement que j'utilise sont les mêmes que celles qu'on utilisait dans les studios de cette époque-là. Je pense notamment au son d'une chanson de Polnareff comme "La Michetonneuse" que j'adore, et qui se rapproche de mon son, avec ce côté "bricolage à la maison pour faire un son à l'ancienne".

Question de Tif : Salut Meek. Sincèrement, merci d'être là, tu redonnes de la couleur à la musique, qui avait bien besoin d'une nouvelle couche de peinture, sous les "pop stars", Metal beuglant et Rap asphyxiant... Tes textes sortent de l'ordinaire, dans quel état d'esprit es-tu quand tu grattes du papier ? Comment en es-tu venu à penser à ces phrases, et à ces chansons?

Meek : S'il y a un mystère pour tous les gens qui écrivent des chansons, c'est bien le moment où l'on ressent l'étincelle. Pourquoi tel mot nous vient soudain et pas un autre? Je ne sais pas. Tout ce que je peux dire, c'est que je ressens toujours une émotion fébrile quand je trouve une idée bizarre ou une phrase dont je sais qu'elle interpellera forcément des gens et qu’elle exprime précisément ce que je veux dire. Je ressens à ce moment-là comme une ivresse, une excitation intense. Pareil pour les mélodies et les harmonies... Quand soudain je trouve les choeurs qu'il me manque pour tel passage, et qui transforment totalement la chanson, c’est un moment merveilleux.

Question de Eau2 : En général, comment t’y prends-tu pour réaliser une chanson ?

Meek : A partir d'une piste de "click" (c'est-à-dire le son du métronome), j'enregistre une guitare acoustique de base, ou un piano qui fait les accords de la chanson, et j'empile dessus toutes les autres couches, tous les autres instruments, instrument par instrument, avec des petits secrets de fabrication et de prises de son. Jusqu'à ce que j'obtienne suffisamment de pistes pour faire un bon mixage stéréo (chaque piste ayant son groupe d'instruments, les cordes avec les cordes, les guitares acoustiques avec les guitares acoustiques, etc...). Chaque piste me demande au moins une journée complète de travail, pour que le son soit parfait à mes oreilles et qu'il ressemble à ce que je voulais au départ.

Je ne veux pas d'un son totalement stéréotypé et "pro" dans le mauvais sens du terme, c'est à dire impersonnel. Je ne veux pas d'un son parfait mais clinique et froid, comme on peut en faire facilement dans les grands studios très chers comme Plus 30 à Paris, ICP à Bruxelles ou Metropolis à Londres... Je veux faire un son propre et clean, mais qui reste "artisanal", c'est à dire que je veux qu'on sente et qu'on comprenne que je l'ai fait seul, en bricolant de manière consciencieuse sur du matériel simple et un peu vieillot. Je veux un son humain, chaleureux, fait à la maison, mais très rigoureux et sans aucun faux pli. C'est un équilibre très particulier que je veux trouver et qui fera ma griffe. Et lorsque l'enregistrement d’un titre ne me plaît pas, je refais tout.



Question : Quelle est la raison pour laquelle tu as décidé d’exploiter le champ de la folie pour faire passer tes messages ?

Meek : Je trouve que la folie est un "champ" éminemment poétique, parce qu’elle rejoint le Surréalisme. En fait, le Surréalisme n’est jamais qu’une expression de la folie. Je n'arrive pas à dissocier les deux. Et en ce qui concerne les paroles de mes chansons, mon influence est avant tout surréaliste. Et puis à titre personnel, je ne me considère pas comme très clair moi-même. Je veux dire que j'ai parfaitement conscience de ne pas être tout à fait comme tout le monde. Je ne vis pas comme tout le monde et je n'ai pas les mêmes réactions face à ce qui nous entoure...

Sans aller bien sûr jusqu'à la psychose pathologique qui reste une maladie terrible, j’imagine être suffisamment singulier et marginal pour être qualifié de "dingo" par beaucoup de gens... La chose ne me dérange pas et "Psychotique" m’a donc semblé être un beau titre pour mon premier album. C'est donc un peu autobiographique.



Question : Dans quel autre métier artistique (ou pas) aurais-tu aimé extérioriser ce petit grain de folie que l’on retrouve dans tes chansons ?

Meek : J'aurais bien aimé être chirurgien pour greffer des doigts de pieds dans les cerveaux des gens sans le leur dire. Ou pour faire des ablations surprises et totales de la tête. Pour rigoler.

J'aurais pu être un très bon Ministre de la Défense aussi. Ou de l'Intérieur. J'adore.

Dictateur, j'aurais bien aimé également...



Question : Tu portes un regard plutôt caustique sur notre société! penses-tu qu’on puisse aborder tous les sujets par la dérision ?

Meek : Je ne porte pas sur la société un regard seulement caustique, je dirais que je regarde les choses en face sans faux-semblants et sans me raconter de conneries...

Je suis convaincu qu'on se fait encore plus de mal en se berçant d'illusions naïves qu'en affrontant la réalité toute crue et telle qu'elle est. Je trouve qu’il est encore plus dangereux et douloureux de rester coûte que coûte et bêtement "positif" à propos de tout et de n’importe quoi, que de dire froidement ce qu’il en est, sans se faire d’illusion.

Et la réalité est souvent cruelle et particulièrement bête ou injuste. Mais tant pis, je la préfère au Politiquement Correct et à l'hypocrisie en général. C'est pour cela que je choque souvent les gens, comme j'ai dû sans doute en choquer quand plus haut j'ai dit ce que je pensais de la production musicale française actuelle et de la presse musicale. Mais tant pis, je me sens définitivement mieux quand je suis en accord avec moi-même et lorsque je dis ce que je ressens. Je n’ai jamais pu sourire aux gens que je déteste.

En revanche, je ne me reconnais pas du tout dans le "tout dérision" très à la mode en ce moment... C'est pour cela que je déteste toutes ces émissions de merde genre "On a tout essayé" avec Laurent Ruquier, où c'est à celui qui coupera le plus la parole aux autres pour lancer le plus de jeux de mots à 2 centimes... Je trouve qu'il est triste que plus personne aujourd'hui ne puisse parler sérieusement d'un sujet intéressant à la télé sans être interrompu par un pseudo comique à la noix qui n'a rien à dire sinon une connerie même pas drôle (les Elie Semoun, Titoff, Franck Dubosc, Philippe Gelluck, Gad Elmaleh, Eric et Ramzy et autres crétins sans contenu).

Je fais très rarement de la dérision. Ce que je dis est en général sérieux, sauf quand je déconne, ce qui se détecte facilement (pas toujours ...)



Question : Quel est ton dernier coup de cœur musical, et cinématographique ?

Meek : Coup de coeur musical: peut-être Carla Bruni donc...

Cinématographique: ça doit remonter à "Dans la peau de John Malkovitch" ou à "Amélie Poulain" que j’ai adorés...



Question : Dans la vie es-tu aussi "psychotique" que dans tes chansons ?

Meek : Moi j'avais l'impression d'être quand même un peu normal, mais tout mon entourage est d'accord pour dire que je suis un "cas".

Alors je pense effectivement ressembler un peu à ce que je chante. Ce qui me convient... Finalement.



Question : Qu’est-ce qui te fait "courir"

D’une manière générale, comment se passent les décisions par rapport à l’arrangement et à la création d’un morceau ?

Meek : Ce qui me fait courir?...

Essayer de me faire ressentir à moi-même et par ma musique les mêmes émotions qu’ont pu me faire ressentir les Lennon, Mcartney, Beach Boys, Voulzy, Paul Simon et consorts.

Et si j'arrive à me faire ressentir les mêmes émotions, alors je pourrai peut-être les faire ressentir à d’autres gens... C’est cette quête qui me fait courir.

Et mon deuxième moteur, c'est de ne surtout pas avoir la même vie que Monsieur et Madame Tout Le Monde.

Ma vie m'appartient, c'est à moi à en faire strictement ce que je veux. Mon existence n'appartient pas à la société. Je ne ferai dans ma vie et de ma vie que ce que je veux, et si je n'ai pas envie de prendre un boulot sans intérêt payé au Smic juste pour avoir le droit de payer un loyer à la fin du mois et de faire ça toute ma vie, il n’appartient qu’à moi de me débrouiller pour ne pas avoir à le faire.



Question : Apparemment tu as choisi de garder ton authenticité, ce qui ne doit pas être évident dans ce métier ! Car il faut bien vivre ! Et tiens, à ce propos, comment fais-tu pour vivre, pour financer tes enregistrements, etc ? As-tu un (ou plusieurs) sponsor(s) ?

Meek : Je n'ai pas de "sponsors". Le reste est privé.

Question : Penses-tu (comme le disent les Majors) que le MP3 va faire mourir la musique ?

Et quelle est la solution pour éviter le piratage ?

Meek : Je ne sais pas si le MP3 va faire disparaître l'Industrie du Disque...

Je ne le pense pas.

En revanche, je trouve que c'est un support promotionnel extraordinaire pour les artistes comme moi...

Et pour tout vous dire, si les MP3 arrivent à faire perdre à l'Industrie quelques milliards de Dollars, moi ça ne me dérange pas du tout, bien au contraire même.

J'espère même de tout mon coeur que le piratage fera perdre beaucoup de milliards aux Majors.

Ce sera ainsi un juste retour des choses, et ça compensera tous les milliards que cette Industrie a gagnés sur notre dos pendant des décennies, pour finalement se contenter de nous fabriquer des concentrés de merde à la chaîne. Je vous assure qu’il n'y a aucun regret à avoir.

Toutes les Majors brandissent l'argument des "nouveaux artistes qu'on ne pourra plus lancer" si les pertes de droits sont trop grandes... Mon cul! Cela fait bien 15 ans que les grosses boîtes ne lancent plus de vrais artistes et ne les recherchent plus, de toute façon !...

La recherche et surtout le développement de nouveaux vrais artistes n’entrent plus du tout dans les politiques des BMG, des Universal, des Sony ou des EMI/Virgin.

Tout n'est plus que marketing agressif pour des retombées à très court terme et tout le monde le sait. Alors pitié! Qu'ils ne nous fassent pas le coup du pleurnichage sur les jeunes artistes!

Et puis de toute façon, la majeure partie des gains des grosses Majors va directement dans les poches d’actionnaires privés en général étrangers ou dans les frais et les défraiements souvent astronomiques des cadres, des chefs de produits, des présidents et des Directeurs Artistiques (dans le désordre).

Si on peut, en piratant des artistes déjà richissimes, empêcher les Majors de fabriquer d’autres saletés genre Lorie ou Pricillia, ne nous en privons pas!



Question : Quand la sortie du deuxième album ?

Est-il déjà avancé ?

Meek : La production de mon nouvel album est déjà entamée et je suis d'ailleurs en train d'y travailler.

Il sera bien meilleur que "Psychotique", avec la participation de plusieurs musiciens invités. Mais encore faut-il que mon "Psychotique" se vende un peu pour me donner la possibilité de faire sortir le deuxième...

Rien n’est jamais acquis, et j’ai conscience de n’être pour l’instant arrivé à rien de particulier.



Question : Comment fais-tu pour arranger une simple mélodie en musique ?...

Es-tu comme Beethoven à entendre la musique dans ta tête avec tous les arrangements et les instruments qui vont bien ?

Ou bien passes-tu des heures à faire des essais ?

Est-ce que les mots viennent avant la musique ?... La musique avant les mots ou bien les deux à la fois ?

Meek : Ce sont les mélodies qui me viennent toujours d’abord. Ensuite seulement, je pense à l’écriture d’un texte qui épouse parfaitement les contours de la mélodie. J’entends en général les arrangements dans ma tête avant d’essayer ensuite de les recréer pour de vrai.



Question : Utilises-tu l'informatique pour ta musique (Sampling, etc...) ?

Meek : Comme je l'ai dit plus haut, je n’utilise pas d’informatique et enregistre sur un gros appareil multipiste à disque dur que j’utilise comme un ancien magnétophone à bande. J’utilise des micros, des vrais instruments et des claviers joués "à la main".



Question : Dans ta biographie, on peut voir que tu as reçu le soutien d'Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri. Sont-ils seulement des connaissances, des amis ou des parrains ? Que pensent-ils de ta musique ? T’épaulent-ils ? Peut-on imaginer Meek écrire la B.O. ou un titre pour leur prochain projet ?

Meek : Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui ont écouté l’album lorsqu’il était encore à l’état de maquette.

Ils l’ont apparemment beaucoup aimé, et Bacri m’a personnellement appelé pour me dire qu’il y retrouvait des accents Beatles qu’il adorait. Il m’a longuement encouragé en me racontant un peu son histoire, il m’a même présenté par téléphone Jamel Debbouze qui se trouvait être chez lui à ce moment-là. J’étais surpris que Jamel s’intéresse à la Pop, mais il m’a dit qu’il n’écoutait pas que du Rap et m’a assuré que ce que je faisais pouvait marcher sans aucun doute...

Ce sont des gens gentils qui ont aimé ma musique et m'ont encouragé, ce qui m’a fait du bien.



Question : Même question pour Julie B et Calogero.

Merci, ta musique est une bouffée dans une ambiance musicale bien morne.

Meek : Julie B. du groupe d’Universal Music "Cornu" a dit sur un site qu’elle aimait mon album et surtout la chanson "The Kick".

Calogéro m’a quant à lui invité à participer à une émission sur le Net qui s’appelait "Le café Du Live", dans laquelle je suis allé chanter mon titre "Pychotique" seul à la guitare acoustique.

Proposé par : Administrateur
 
 
Liens connexes
· Plus à propos de Interview musique
· Nouvelles transmises par Administrateur


L'article le plus lu à propos de Interview musique:
Interview de MEEK

 
 
Article Rating
Average Score: 4.66
Votes: 12


Please take a second and vote for this article:

Excellent
Very Good
Good
Regular
Bad

 
 
Options

 Format imprimable Format imprimable

 
 
Sujet(s) associé(s) à l'article

Interview musique
 

:: noteBored phpbb2 style by boo :: PHP-Nuke theme by www.nukemods.com ::



PHP-Nuke Copyright © 2004 by Francisco Burzi.
Logiciel gratuit que vous distribuer librement en respectant la licence GPL.
PHP-Nuke et distribué sans aucune garantie, pour plus de détails veuillez consulter la licence. phpnuke-europe pour la France

Les commentaires quand à eux, sont sous la responsabilité de ceux qui les écrivent. Tout le reste © 2000 by Café Des Amis.
page générée en 0.19 S