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''W. L'Improbable Président'' de Oliver Stone |
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Le cinéaste américain Oliver Stone s'attaque au Président George W. Bush dans une biographie toute en images sortie sur les écrans en cet automne 2008.
Titre original : W.
Etats-Unis / 2008
Réalisé par Oliver Stone
Résumé
Qui donc aurait pu croire que George Walker Bush (Josh Brolin), amateur de beuveries et enfant raté d’une famille de politiciens prometteurs serait élu un jour 43e président des États-Unis d’Amérique ? Le besoin de prouver qu’il peut devenir « quelqu’un », le coup de pouce d’un père brillant mais baigné de doutes et une foi indéfectible en la divine providence vont permettre à « Bushie » d’accéder à la Maison Blanche pour le meilleur et surtout pour le pire.
Critique
Entre la vision de notre « frenchie » Karl Zéro – qui se rêve certainement en Michael Moore européen – et celle du respecté Oliver Stone, il ne m’a pas fallu longtemps pour opérer un choix... Sortis à quelques jours d’intervalle, ces deux films ont habilement profité de la campagne présidentielle américaine pour attirer dans les salles des spectateurs curieux d’en savoir un peu plus sur celui qui restera, jusqu’en janvier 2009, le Président de la première puissance mondiale. Sa politique n’a guère besoin d’éclaircissements et sa réputation ne saurait être plus critique qu’elle ne l’est en cette fin de règne humiliante. Oliver Stone le sait bien, qui a décidé de dresser le portrait tout en nuances de Bush plutôt que d’établir un pamphlet au vitriole. Il en ressort forcément une image contrastée, certainement pas antipathique, même si la thèse défendue est celle bien souvent admise de l’indigence intellectuelle du Président. Pas très futé, George W. Bush est avant tout un homme manipulé par son cabinet. Dans le lot, le retors Donald Rumsfeld et le vice-président Dick Cheney (dont l’influence est déterminante) en prennent pour leur grade. De façon sans doute un peu caricaturale, Colin Powell apparaît comme le bon élément de l’administration Bush, fondamentalement opposé à toute guerre en Irak mais prenant part tout de même à l’opération par solidarité gouvernementale. Manipulé, mystique, Bush Jr. aurait-il été un président suffisamment naïf pour multiplier les fiascos en « voulant bien faire » ? Oliver Stone se garde en effet de voir en lui un homme froid et cynique, conscient de répandre la tragédie et la violence en entrant en guerre. Le Bush de Stone est un homme dépassé par les évènements au point d’être incapable d’envisager son autocritique.
Le principal atout du film est d’avoir réuni un casting solide et pertinent, ce qui n’est pas une tache facile lorsqu’il s’agit d’incarner des personnages réels contemporains. Irréprochables, les acteurs servent un scénario peu novateur cependant, développé par une alternance de flash-back et de retours à l’époque actuelle : celle de la Présidence Bush. L’accent a été mis sur l’approfondissement de plusieurs personnages clefs, parmi lesquels George Herber Bush, superbement interprété par James Cromwell, et dans une moindre mesure Laura Bush (Elizabeth Banks).
Il manque sans doute quelques épices pour rendre la recette plus savoureuse : si l’humour filtre au travers de dialogues peaufinés, on pourra regretter l’absence d’un ton dominant tout au long du film. Volonté d’objectivité ? Ce serait probable si Stones n’avait pas choisi d’appliquer une mise en scène délibérément instable renforçant l’impression que Georges W. Bush évolue dans un monde dont il ne peut percevoir l’ensemble des réalités tangibles. Et le public, lui, une fois atteint le générique final : a-t-il vraiment pu saisir les traits de la personnalité d’un Président Américain détesté ? Pas certain que cette œuvre ne suffise à faire définitivement la lumière sur un homme à ce point ambigu et controversé.
15 novembre 2008
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Proposé par : Strawberry
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