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Interview de Pierre Serisier pour son nouveau livre ''Pas De Fumée Sans Feu''
Interview littérature

Interview exclusive de Pierre Serisier pour la sortie de son nouveau livre "Pas de fumée sans feu" chez L'Ecaillier du Sud à un prix plus que modique (voir chez Alapage.com ou Amazon.fr).....





Café Des Amis : Parles nous de ce nouveau livre ?


Pierre Serisier : Cela s'appelle "Pas de fumée sans feu" chez L'Ecaillier du Sud. Au départ, je voulais l'intituler "Nuit Grave" mais le titre était déjà pris dans une autre collection. Et nous ne voulions pas qu'il y ait une confusion. L'histoire est celle des "Runners". Ce sont des gens souvent pauvres qui pour vivre font la navette entre Calais et Douvres sur l'overcraft, achetant à chaque passage des bouteilles d'alcool et des cartouches de cigarettes en "duty-free". Ces marchandises sont ensuite revendues un peu plus chère et le bénéfice leur permet de vivre. L'ennui est que des personnes, toujours intéressées par des gains faciles, ont profité de cette situation pour exploiter ces "Runners" comme de vulgaires esclaves. Ces mêmes personnes mettent les mises et de fond et les "Runners" font le sale boulot. Ils passent leur journée sur la Mer du Nord à faire des aller-retour toute la journée. Ils déposent les marchandises à chaque escale.

Café Des Amis : L'histoire t'es venue comment ? Pourquoi ce titre ? l'histoire et le titre te sont venu comment ?


Pierre Serisier : J'ai toujours pensé que l'esclavage disposait d'un grand nombre de partisan. Ce fut l'une des premières formes dans l'évolution du travail et aussi la plus rentable pour ceux qui souhaitaient s'enrichir. Payer quelqu'un pour son temps, ses capacités ou son savoir-faire (comme l'explique Marx dans Le Capital) est une sorte d'aberration. C'est une relation trop évoluée pour un monde qui ne cesse de répéter son Histoire. L'esclavage est la base primaire du travail. Il s'appuie sur cette loi simple (qu'on reprit les libéraux et les capitalistes) que le plus fort (pas nécessairement physiquement ou intellectuellement), celui qui est dans une position dominante dirige et les autres exécutent. C'est la triste loi de l'humanité mais elle ne s'est jamais démenti. Dans certains pays on fait travailler des enfants pour un repas par jour et parfois moins. L'Occident considère ces pratiques comme barbares et les attribuent volontiers au sous-développement. En réalité, la misère est mondiale et nos pays civilisés (dans lesquels le travail est devenu une activité complexe) n'échappe pas à ce fléau. J'avais envie de faire un bouquin sur ces SDF qui pour de l'argent acceptent de se battre (parfois à mort) et être filmés par des vidéastes amateurs qui diffusent ces productions sur internet. Dans ce monde, l'argent en fait n'est rien d'autre qu'un moyen d'expression du pouvoir et d'acquisition et de conservation du pouvoir. Comme aiment à le répéter les Américains, l'argent appelle l'argent et le partage, s'il doit se faire, n'est qu'une illusion. Il y a peu de pauvres qui deviennent riches et peu de riches qui deviennent pauvres. L'argent est finalement le meilleur moyen de figer les relations sociales, de les ancrer dans le temps.

Café Des Amis : Considères-tu ce nouveau roman comme le plus aboutit ?


Pierre Serisier : Non, loin de là. Le plus abouti reste pour l'instant "Harpo" qui a déconcerté tant de lecteurs. C'était le bouquin que je rêvais de faire depuis toujours. Celui que chacun de nous porte en soi. L'accueil de ce roman a été plutôt déconcertant. Beaucoup de lecteurs l'ont trouvé incompréhensible, ennuyeux voire illisible. J'avais, avec beaucoup trop d'ambitions certainement, voulu l'inscrire dans la tradition de "Le Bruit et la Fureur" de William Faulkner. Mais comme me disait avec juste raison ma grand-mère lorsque j'étais enfant et que je commençais à gribouiller des feuilles blanches: "tu n'es pas Marcel Proust". Il fallait certainement que je m'en rende compte par moi-même.

Café Des Amis : Quel est ton personnage préféré parmi tous ceux que tu as mis en scène dans tes romans et récits et plus précisément dans ce dernier roman ? Pourquoi ?


Pierre Serisier : Mon personnage préféré reste Harpo lui-même car il est sûrement le plus complexe, le plus pessimiste et le plus désabusé de tous. Son regard sur le
monde est celui d'un homme qui a ouvert la boîte de Pandore et s'est aperçu qu'il n'y avait rien au fond. Ce vide le confronte à son existence. Il n'a pas de but, il ne construit rien, il n'attend rien. D'une certaine manière, il est immobile dans le temps. A la limite, je dirais qu'il ne vieillit plus car les événements de son existence ne font que se répéter de manière immuable. C'est un peu une application de "l'éternel retour" de Nietzsche à la vie d'un simple mortel et non à l'Histoire des hommes. Dans "Pas de fumée sans feu", Eddy, l'un des "Runners" est très proche de Harpo. Mais il conserve malgré tout un but: ne plus être ce qu'il est. Toute la différence est là. Harpo accepte sa naissance et n'essaie pas de retarder sa mort. Il est simplement là et rien d'autre.

Café Des Amis : D'où puises tu ton inspiration, tranches de vie..faits divers, ou totale imagination, car voyant la fréquence de publication des ouvrages il est
indéniable que tu es très prolifique. Peut être avais tu tout ça au fond de toi depuis des années ?


Pierre Serisier : Sans en être certain, j'ai le sentiment que c'est un ensemble de choses. En fait, cela tient à la façon dont en vieillissant je regarde le monde qui m'entoure. N'ayant que peu de temps à passer sur cette Terre, j'essaie de m'y intéresser. J'admets ne pas la comprendre parfaitement. Mais j'essaie de replacer ce que je vois dans une aventure plus large que l'on pourrait appeler l'histoire. Etant un homme, les êtres humains me fascinent pour ce qu'ils font ou pour ce qu'ils ne font pas. Les comportements semblent obéir à un nombre restreints de stéréotypes, dictés par des sentiments (l'individualisme, la compassion, l'amour, l'ambition, le besoin de juguler ses craintes ou de satisfaire son ego, en un mot la nécessité de laisser derrière soi une trace aussi infime soit-elle.) Je crois que le grand dénominateur commun des hommes est la conscience de leur finitude, l'idée qu'un jour ils devront disparaître et n'existeront plus. Ce sentiment génère des comportements différents, mais l'homme est toujours en proie à sa mort. L'idée n'est bien évidemment pas de moi mais de Michel de Montaigne qui s'est exercé pendant de nombreuses années "à apprendre à mourir". Il y a dans cette démarche intellectuelle, une force qui, à mes yeux, n'a jamais été dépassée.

Café Des Amis : On peut remarquer que chaque roman égal une maison d'édition différente, pourquoi ?


Pierre Serisier : Ce sont les hasards de la littérature, plus qu'autre chose. J'ai fait deux livres chez Jigal et peut-être bientôt un troisième. Je ne calcule pas. J'écris et je propose. Des personnes sont intéressées, d'autres ne le sont pas. Je n'ai pas vraiment de réponse à cela.

Café Des Amis : Quelles sont les démaches pour un jeune auteur pour se faire publier ?


Pierre Serisier : Houlà, voilà la question sans réponse. La chance, l'acharnement, l'abnégation, la certitude que l'on peut y arriver. Là encore, le hasard. Il y a quelques années, j'avais écrit un roman sur la tauromachie. Un directeur de collection d'une maison très connue me convoque dans son bureau pour me dire tout le bien qu'il pensait du manuscrit et me faire l'éloge de mon talent. Il me demande toutefois de resituer l'action qui se passait aux Etats-Unis. Je me remets devant mon clavier étant convaincu que j'allais atteindre le Graal de l'édition. Quelques temps se passent et le directeur de collection devient injoignable. Finalement, il envoie son attachée de presse pour me dire tout le mal qu'il pensait de mon travail. J'étais perdu pour la cause littéraire et je ferais mieux de m'en tenir à ce que je sais faire: écrire des articles sur le sport. Effondré, je rentre chez moi en pleurant (sic). Je me verse deux verres et je me remets au travail. Simplement pour lui prouver qu'il avait tort, simplement pour lui démontrer que son jugement était celui d'un imbécile et que je pouvais faire quelque chose. Voilà comment, cela a commencé pour moi.

Café Des Amis : Ayant eu la chance de te rencontrer, tu m'as raconté quelques anecdotes sur tes précédents livres, peux tu nous en livrer 3 ou 4 pour nos lecteurs ?


Pierre Serisier : On n'échappe pas au réel. Et la meilleure des imaginations d'un auteur ne remplacera jamais l'imagination des gens qui l'entourent. Harpo est directement inspiré d'un SDF qui vit depuis huit ans sur le parvis de l'église de mon quartier. Plusieurs nouvelles du recueil "Ainsi Soient-Elles" sont puisées dans des rencontres et des témoignages que j'ai recueillis, sur l'enfance marltraitée, sur la passion que peut inspirer à certaines personnes un animal domestique ou sur des allérgies rares comme celle dont souffrent certains organismes (à la moutarde par exemple)

Café Des Amis : Que pensez-tu de l'assertion de Saint-Exupéry : " Je suis du pays de mon enfance. " ?


Pierre Serisier : Je dirais plutôt: "Je suis de l'enfance de mon pays". C'est l'endroit où j'ai grandi qui m'a fait. C'est cette héritage que je porte et qui en grande partie explique mon caractère, mes croyances, mes idées et le regard que je porte sur le monde qui s'est élargi alors que je grandissais.

Café Des Amis : Tes projets à court moyen et long terme ?


Pierre Serisier : Je vais essayer de continuer à écrire car je ne peux pas m'en passer. J'en ai besoin, tout bêtement. Raconter des histoires est ce que j'aime plus que tout autre activité. Je ne sais pas si je continuerai à être publié car rien n'est jamais acquis. Je n'ai pas de statut, je ne suis pas écrivain. Je suis simplement un homme qui raconte des histoires à d'autres hommes. Certains les aiment et me le disent et cela suffit à ma satisfaction. J'ai le sentiment d'avoir été utile, d'avoir servi à quelque chose. En écrivant, je prends conscience de ma propre finitude et cela m'aide à l'accepter. J'essaie modestement de suivre la démarche de Montaigne, d'apprendre à mourir un jour.

Café Des Amis : Si une de tes ouvres était portée au petit ou grand écran, aimerais-tu être l'auteur ou co-auteur du scénario ? Quelle serait ta réaction ? Et laquelle de tes ouvres aimerais-tu la transposition au petit (ou grand) écran ?

Pierre Serisier : Je serais flatté par cette reconnaissance. Mais je n'aimerais pas être scénariste. Le livre existe en lui-même. Il est un moment qui n'appartient qu'à son auteur. Le moment passé, je n'aimerais pas refaire ce que j'ai déjà fait, réécrire d'une autre façon ce qui a déjà été écrit. Harpo ferait un film pour David Lynch (en toute modestie) dans la lignée de Erasehead. Mais je ne crois pas que cela serait rentable commercialement.

Café Des Amis : Souhaiterais-tu écrire un scénario original ?


Pierre Serisier : Non. J'ai grandi avec des mots, je ne suis pas très à l'aise avec les images. Le pouvoir d'un livre est qu'à chaque scène, à chaque personnage, chaque lecteur voit ce qu'il veut. Au cinéma, on ne voit que ce que l'on montre sur l'écran.

Café Des Amis : Pour finir que penses tu des éditeurs en ligne sur internet, on paie et on lis sur son ordinateur, personnellement je trouve cela très impersonnel et peu pratique pour le lecteur car l'avantage du livre c'est de livre dans n'importe quel endroit, les défenseurs de ce genre d'édition disent vous pouvez l'imprimer, mais cela fait rapport de stage plus livre, qu'en penses tu en tant qu'auteur et directeur de publication ?


Pierre Serisier : Pour l'instant, il est hors de question que je publie (en tant qu'auteur ou tant que directeur de collection) un livre sur Internet. Je suis très conservateur sur ce sujet. Un livre, cela se lit allongé sur son lit ou sur son canapé, cela se lit assis dans un train. Il y a une couverture, on tourne des pages, on les corne. On s'arrête pour lever les yeux, on recommence la lecture, on le prête à un ami. On l'échange, on le marque son empreinte en le cornant, en y aposant son ex libris, en le ratûrant avec un crayon. L'informatique ne peut pas offrir tous ces petits détails.

Nous remercions Pierre pour ses réponses et nous souhaitons un grand succés à "Pas de fumée sans feu" ISBN : 2914264321 - EAN13 : 9782914264327 (chez L'Ecaillier du Sud) 180 pages pour :

8,00 Euros seulement

Nous précisons que la bibliographie de Pierre Serisier a été pour l'occasion dépoussiéré et comporte desormais les photos des jaquettes et le prix.


Proposé par : Administrateur
 
 
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