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Le Destin de Marianne
Coup de projecteur sur l'actualitéIrréformable, notre pays l’est décidément. On peut s’en satisfaire, exciper des acquis sociaux et d’un valeureux esprit de résistance pour se soustraire au changement qui effraie.

On peut aussi en rire, considérer que c’est là affaire de routine, que les projets ambitieux dissimulent souvent toute la perversité idéologique des gouvernements et que, après tout, les Français ont toujours surmonté les embûches en descendant dans la rue. Mais on peut aussi s’inquiéter de l’immobilisme et, plus encore, de l’étroitesse d’esprit d’un peuple si tourmenté. Le printemps est revenu et la contestation bourgeonne enfin, un peu comme chaque année finalement. Parce que plus violent peut-être, le mouvement actuel nous rappelle les trop récentes émeutes de novembre.
La France s’oppose-t-elle réellement à un contrat de travail innovant ? Certes, l’engouement est très limité autour du CPE, et les chantres de la loi sur l’égalité des chances sont vites étouffés par le brouhaha de l’opposition. Les études d’opinions, souvent mal interprétées, montrent en réalité que la majorité des sondés est passive, plus favorable à une cessation du conflit perturbateur qu’au retrait lui-même de la loi litigieuse ; plus précisément, ils souhaitent des aménagements. Les plus acharnés, dont le slogan pourrait être « le retrait du CPE et rien d’autre », ceux-là même qui s’affirment représentatifs du plus grand nombre, ne constituent pourtant qu’un noyau dur équivalent à un petit tiers de la population selon un tout dernier sondage CSA.
On pourrait bien vite me reprocher ici une certaine mauvaise foi partisane en sous-entendant la manipulation dont serait victime la population. Et pourtant, il suffit de se rendre au sein même des établissements scolaires et des universités pour remarquer les disfonctionnements les plus inquiétants. Plusieurs facultés l’ont revendiqué, leurs étudiants sont globalement unis en faveur d’un blocus. Inutile en ce cas de rejeter un accord qui semble démocratique. Hélas, la situation n’est pas aussi limpide et idyllique dans tous les lieux de blocage. Trop souvent, les universités sont le théâtre d’assemblées générales truquées et ponctuées par des votes à main levée approximatifs. Pire encore, les tracts et slogans de l’UNEF, véritable syndicat propagandiste, pratiquent allégrement la malhonnêteté intellectuelle, allant jusqu’à faire croire que le CPE « une fois appliqué, serait impossible à supprimer » ou encore « qu’aucune indemnité ne serait versée à l’employé licencié ». Donneuse de leçon et grande protectrice des acquis sociaux et démocratiques, l’UNEF n’hésite pourtant guère à employer des méthodes quasi-terroristes pour ne rien perdre de son influence : ainsi par exemple, au sein de l’Université d’Auvergne jeudi dernier, une consultation officielle destinée à élire les représentant régionaux du Crous a été marquée par le vol d’une urne, l’agression du personnel qui veillait au scrutin et la destruction des bulletins de vote par des membres du syndicat, inquiétés par leur échec électoral annoncé. Au total, une soixantaine d’urnes aurait été dérobée dans toute la France. De tels incidents, encore combinés aux violences croissantes en marge des manifestations dans les grandes villes, contribuent inexorablement à décrédibiliser le mouvement anti-CPE.

Reste peut-être que les revendications des grévistes sont justes, malgré les débordements embarrassants. Or, cela ne semble pas même être le cas. Oui, instaurer une période d’essai longue de deux ans est sans doute une erreur, oui le Premier Ministre a brillé par ses maladresses de communication et son mépris du dialogue, y compris avec sa propre majorité. Mais le plus important n’est-il finalement pas de donner une chance de travail aux jeunes chômeurs ? Quid du préavis de licenciement, des indemnités versées à l’employé remercié, de l’expérience professionnelle engrangée, des facilités de logement accordées ? Les anti-CPE demeurent évidemment muets sur ces aspects dont la connaissance tend à rendre ce nouveau concept moins inhumain que l’on voudrait le faire croire. Et comment peut-on laisser dire qu’un contrat de travail est « précaire » alors qu’il s’agit tout de même de sortir des rangs de l’ANPE des volontaires pour l’emploi ? C’est oublier un peu vite que le chômage est bien plus incertain et précaire que n’importe quel emploi. C’est se méprendre aussi sur la réalité des contrats de travail actuels : il est parfaitement possible et répandu de galérer à coup de CDI et de CDD, le CPE n’a pas restauré la « précarité » du travail, loin s’en faut. Lorsque le gouvernement Jospin a dévoilé ses emplois jeunes, ils n’étaient pas nombreux à parler de « précarité » au sujet d’un contrat qui, pourtant, ne présentait aucun intérêt sur le plan de l’apprentissage et, pire encore, privait le contactant une fois ses 5 ans maximums écoulés, de tout droit aux indemnités chômages et aux aides à la formation professionnelle !

Je présume qu’il nous faut rire au nez de ces jeunes dans les rues qui scandent à qui veut l’entendre : « le CPE, c’est nous refuser d’acheter une maison et de tomber enceinte ! ». Stupides au point de croire qu’il suffit d’un CDI pour une vie stable et un boulot rentable, prétentieux au point de demander un emploi à vie dès 22 ans, au mépris des difficultés économiques actuelles, voilà ce qu’ils me paraissent être. Le monde du travail est après tout semblable à tout ce qui fait la vie : il est nécessaire d’y faire ses preuves, d’être patient et surtout d’être prêt à s’impliquer sérieusement.
Notre modèle social est aujourd’hui en ruine. Les dérives entraînées par le choc de mai 1968 (mai 68 redevenu le fantasme des jeunes à l’heure où j’écris ces lignes), le travail qui a perdu de sa valeur aux yeux de tous, l’assistanat qui s’est ancré profondément dans les esprits de deux générations au moins, tout ceci a contribué à faire de la France ce qu’elle est en ce début de siècle : un pays sans ambition, un ancien pays riche, culturellement et économiquement décadent, mais surtout un pays désespérément conservateur et obstiné à défendre un système devenu déficitaire et obsolète. Aujourd’hui la risée de l’Europe entière (et n’allez pas voir là une exagération), l’État des Droits de l’Homme campe sur ses certitudes. Notre laxisme nous a fait perdre les bienfaits de l’autorité et le désir d’entreprendre ; notre arrogance nous fera échouer dans l’aventure des réformes salvatrices.
Proposé par : Strawberry
 
 
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