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La molécule du chimiste
NouvelleRinga, nouvelle venue sur Le café des amis, vous propose sa première nouvelle. En espérant qu'elle vous plaira.

Dans le laboratoire du numéro quatre de la rue de la Liberté travaillaient plusieurs dizaines de chimistes, mais l’un d’entre eux, passionné par son métier à un point avancé, retiendra plus particulièrement notre attention. Dans ce même laboratoire se trouvaient des milliards de molécules, mais l’une d’entre elles retiendra plus particulièrement notre attention. Les molécules n’ont pas de sexe, mais on devine que celle ci avait des tendances féminines.

Venir jusqu’au laboratoire en pleine nuit ou pendant les week-ends afin de s’assurer que tout va bien, cela arrivait souvent à Arnaud, puisque tel est son nom. Le garde de nuit le savait bien et à chaque fois, le même rituel avait lieu. Il procédait à un tour complet des salles de travail de ses collègues qu’il croyait un peu moins responsables de leurs postes. Ensuite, il entrait dans sa propre salle de travail. Et là, la joie se lisait sur son visage quand il constatait que ses travaux en cours se déroulaient à merveille. Il portait toujours un peu plus d’attention au flacon numéro 2 dans lequel se trouvait son travail le plus important. Quand il avait fini, il saluait le garde et retournait se coucher.

Elle le savait, cette molécule, qu’il venait souvent. Il lui aurait été difficile de ne pas s’en apercevoir, vu qu’elle était l’une des innombrables molécules du flacon numéro 2, son travail le plus important. Elle en était d’ailleurs très heureuse. A chaque fois que Arnaud se penchait vers elle et la regardait, elle admirait ses beaux yeux bruns. Elle ne s’en lassait jamais. C’est dans un moment pareil qu’elle regrettait de ne pas être un être humain et de ne pas vivre au côté de son chimiste préféré qui la manipulait à longueur de journée. Elle s’arrangeait toujours pour être à l’endroit où sa seringue se posait afin de prélever un échantillon du flacon. Aujourd’hui, elle a même fait douter Arnaud. Absorbée par son regard, elle n’avait pas remarqué qu’il avait approché sa seringue de la surface du flacon. Elle se dépêcha alors de remonter, bousculant toutes les autres molécules au passage et provoquant ainsi une réaction étrange. Etonné de cette découverte, Arnaud remit son prélèvement dans le flacon et retenta l’expérience. Mais cette fois, la molécule passionnée était au bon endroit et ne dû pas recommencer cette délicate opération. Mais au fond d’elle, elle était heureuse que Arnaud ait remarqué ce qu’elle avait fait même si ce n’était pas son but premier.

Mais aujourd’hui, outre cette histoire, il se passait quelque chose d’inhabituel. La molécule connaissait son chimiste mieux que n’importe qui et savait que quelque chose n’était pas normal. Il avait l’habitude de se laver les mains après chaque manipulation. Or, aujourd’hui il oubliait par moment cette habitude qui fait partie du métier. Le chimiste d’à côté le lui fit d’ailleurs remarquer

- Hé, mon vieux, reprend toi. Il ne faut pas rigoler avec l’hygiène ici, tu le sais très bien. D’habitude tu es le premier à critiquer ceux qui n’y font pas attention. Quelque chose ne va pas ?

- Non, tout va bien. Je t’assure. J’y ferai attention maintenant.

Sa voix. Quelle belle voix. La molécule était bien entre ces deux lames de verre à écouter son chimiste préféré.

- Tu travailles trop, voilà ce qui a ! Tu devrais prendre un peu de repos de temps en temps et surtout, ne plus venir en dehors des heures de boulot. Notre travail ne va pas s’envoler pendant la nuit.

La molécule était folle de rage. ‘‘Non mais, de quoi j’me mêle ? Occupe-toi de tes molécules et laisse le tranquille.’’. Mais personne ne l’entendit.

- Je sais, mais c’est plus fort que moi. Si je ne viens pas ici, je ne sais pas dormir. Alors, tant qu’à rester éveillé, je préfère faire quelque chose d’utile.

La molécule reconnu bien là son chimiste.

- D’utile ? Mais tu es tellement minutieux que tu n’oublies jamais rien. Tout le monde le sait ici, tu es toujours le dernier pour veiller à ce que tout soit parfait pour la nuit.

Il était maintenant l’heure de partir. Comme dans les centrales, un sifflet annonçait la fin du travail.

- Bon, j’espère que tu vas profiter de ce week-end pour te ressourcer un peu. Bon week-end.

- Merci

Il oublia même de remettre les molécules issues de son prélèvement dans le flacon. La molécule passionnée regarda son chimiste partir. Elle en était certaine, quelque chose d’anormal était entrain de se produire.

Elle était entrain de réfléchir à cette histoire lorsque la porte du laboratoire s’ouvrit. Elle était inquiète mais elle savait en même temps que Arnaud ne la laisserait pas là entre ces deux plaques de verre. Elle se sentit mieux quand elle le vit passer la porte, mais elle fut frappée d’horreur lorsqu’elle vit ce qui suivit. Un autre corps, un peu plus fin dans la taille mais plus large sur le haut du torse et avec de longs cheveux. Une femme. La molécule en avait déjà vue, mais elles n’étaient pas habillées aussi légèrement que celle ci. Elle portait une robe assez bien décolletée qui s’arrêtait à mi-cuisses.

- Qu’est-ce qu’on vient faire ici ? demanda l’indésirable.

- J’ai juste oublié de remettre en place mon prélèvement

- Ca ne pouvait pas attendre lundi ?

- Ho non crois-moi. Ne t’inquiète pas, ça ne sera pas long.

La molécule était sidérée. Arnaud avait à peine retiré les deux lames de verre du microscope que cette femme se jeta sur lui. Alors c’était cela. Il était amoureux de cette allumeuse.

- Mais qu’est-ce que tu fais ? Lui demanda-t-il. Pas ici, tu es folle ?

- Personne ne nous verra, dit-elle avec un regard ravageur.

Il résista un instant mais fini par céder. Il lâcha les deux plaques de verre, les posa sur le plan de travail et fini par lui donner ce qu’elle cherchait. La molécule n’osa regarder les deux tourtereaux. Elle était dégoûtée de sa vie d’outil de travail. Mais en un éclair, son désespoir fit place à sa colère, et son esprit assassin cogita un plan en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Les deux plaques que Arnaud avait posé sur le plan étaient moins serrées que dans le microscope, et il était possible de se déplacer. La molécule s’avança jusqu’au bord et s’extirpa des deux plaques de verre. Quand l’autre chimiste disait que le ‘‘travail’’ n’allait pas s’envoler, il se trompait. La molécule servit d’exemple aux autres qui la suivirent immédiatement. Par chance, l’indésirable s’était légèrement griffée la main dans le feu de l’action. L’entaille était si légère que même la principale intéressée ne s’en était pas aperçue, mais cela suffisait. La molécule se posta juste à l’entrée. Elle regarda ses congénères pénétrer dans la blessure, mais n’était pas assez folle que pour y entrer elle même. Quand toutes les molécules furent rentrées, elle retourna non pas entre les plaques mais dans le flacon où elle attendit la fin de cette pseudo-reproduction. Lorsque Arnaud eu fini son affaire, il retourna son attention vers les deux plaques de verre. Mais il vit avec stupéfaction qu’elles étaient maintenant vides. Toutes les molécules se trouvaient à présent dans les veines de sa bien-aimée.

- Ho non ! Mais où est passé ce fichu prélèvement ? Ce n’est pas possible ! Il était là il n’y a pas cinq minutes. Et les deux plaquettes de verre sont toujours bien positionnées. Je vais me faire tuer par mon patron, c’est une catastrophe !

- Je suis sûre que tu t’en fais pour un rien, dis l’indésirable maintenant satisfaite.

- On voit que tu n’as jamais travaillé dans un laboratoire et que tu ne sais pas ce qu’il y avait entre ces plaques !

- Tu n’es pas obligé de le dire à ton boss. Il ne verra pas la place.

- Mais ce qu’il y avait entre ces plaques est très dangereux.

- Alors on ferait mieux de partir tout de suite. Allez, viens.

Devant son regard d’allumeuse, il ne put résister. La molécule était toujours sous état de choc mais elle était plus sereine à présent. Ce n’était plus qu’une question de temps.

Deux jours plus tard, alors que Arnaud se préparait au travail, l’autre chimiste s’approcha de lui.

- Qu’est-ce qui t’arrive vieux ? Tu fais une drôle de tête…

- C’est ma petite amie, elle est…

Mais il ne put achever sa phrase. Il ne pleura pas, mais l’émotion était intense.

- Ho ce n’est pas vrai ! Quand ?

- Ce matin. L’hôpital m’a appelé. Ils n’ont rien pu faire. C’est le cas de méningite le plus foudroyant qu’ils aient jamais vu. Et le plus rapide aussi. Il ne lui a fallu que deux jours pour se développer.

- Aïe, ça doit faire mal ça ! Tu n’as pas eu le temps de t’y préparer. Mais pourquoi es-tu là ? Tu ne devrais pas être ici, mais avec elle.

- Non, je ne peux pas. C’est trop dur et puis je veux continuer ma recherche. Je veux que toutes ces molécules disparaissent jusqu’à la plus petite, dit-il en montrant du doigt le flacon numéro 2. Il ne doit plus en rester une seule, je continuerai jusqu’à la fin des temps s’il le faut !

La molécule n’en croyait pas ses oreilles. Son chimiste adoré voulait la détruire. Il ne lui restait qu’une seule chose à faire.

Dans l’après midi, Arnaud commença à ressentir la fatigue. Il posa les deux plaques contenant le prélèvement qu’il avait fait sur le plan de travail et essaya de se ressaisir un peu. De la même façon qu’auparavant, elle sortit et s’envola. Les autres la suivirent également, mais cette fois, elle rentra la première dans l’entaille que Arnaud s’était fait en cuisinant. Puisqu’elle devait mourir, elle voulait le faire en compagnie de celui qu’elle aimait.

Deux jours et demi plus tard, Arnaud n’était plus de ce monde et la petite molécule reposait sereinement dans son sang qui avait cessé de tourner dans son corps.

FIN
Proposé par : Ringa
 
 
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