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commissaire Emile Vandespeculoos
Nouvelle
Le commissaire Emile Vandespeculoos est, ce que l’on peut appeler, l’élite de la police. Il trouve tout. Même n’importe quoi. Il trouve même si il n’y a rien à trouver.

Même si il n’y a rien à chercher. A 56 ans, il est à 4 ans de la retraite. Alors, ce n’est plus maintenant qu’il va se casser la tête. Il a tellement envie d’assouvir sa passion cachée depuis tant d’année : la pêche.
C’est vrai que depuis 35 ans il pêche au gros, au petit, au minuscule mais ici c’est de la pêche à la canne à pêche dont il rêve. Ce n’est pas le commissaire Emile Vandespeculoos qui va rester dans la police jusqu'à 80 ans comme Navarro. Ah ça non. Même si Navarro est toujours bien habillé, avec des costards cousus au fil blanc. Et puis, ce n’est pas lui non plus qui va rester dans la police jusqu'à 95 ans comme Derrick. Emile Vandespeculoos n’a pas envie de finir sa carrière avec des verres à lunette coupés dans les aquariums les plus épais. Soyons réaliste ; Emile Vandespeculoos est un vrai flic de terrain. Il n’a pas peur de marcher dans la boue et la boue le lui rend bien.

Depuis trois mois, on l’a affublé d’un jeune de 22 ans qui ne demande qu’a faire ses armes et ne demande qu’a remplacer Emile : Ricky Bob. Et Ricky, c’est un remuant. Il n’arrête pas de bouger et de sauter partout et sur tout le monde. Il est tellement partout que Emile, parfois, pense qu’il est plusieurs. Emile a déjà surnommé Ricky du sobriquet Orangina depuis le premier jour. La différence avec Orangina c’est que Ricky manque de pulpe dans la tête.

Aujourd’hui 9 janvier, il est 6h du matin. Le téléphone vient de sonner. Dring dring ! C’est un meurtre. Ou un suicide. Ou un suicidé qui vient de commettre un meurtre sur lui-même. On ne sait pas. En tout cas, c’est un homme qui vient de perdre la vie. Sa femme était toute en sanglot au téléphone. Elle bredouillait, elle était pâle. Son mari était affalé dans la salle de bain avec un pic à brochette en fer en travers de la bouche et raide comme Freddy Mercury à une gay pride. Emile et Ricky, comme d’habitude, n’ont pas réfléchi plus loin que leur bout du nez et ont sautés dans leur Zigor GTI 16V turbo injectée de 185 chevaux (avec le porte canette intégré dans la portière, le top !) pour se rendre 18 rue du Boudin Aux Herbes dans les plus brefs délais. Sans oublier, en bons professionnels, de dire à madame Mady Madox (car c’est son nom), de ne toucher à rien.

Ricky : Chef, comment vous saviez qu’elle était pâle au téléphone ?
Emile : L’expérience petit, l’expérience !
Ricky : Vous m’apprendrez, chef ?
Emile : Le moment venu petit, le moment venu !
Ricky : Vous n’êtes pas obligé de me dire la même chose deux fois chef, je comprends vite vous savez !
Emile : Je sais petit, je sais !

Trois minutes plus tard, les pneus Pirellechelins de la Zigor crissent devant le 18 rue du Boudin Aux Herbes de leurs jantes cinq branches en alu de 16 pouces ( en vente chez Pneurapido 2+1 gratuit pour le moment profitez-en vite y en aura pas pour tout le monde) du coup de frein discret asséné pas Emile . Ricky sortit du véhicule tel un félin le magnum 357 en main.

Emile : Du calme petit. Il est mort. Il ne va pas venir te soupeser les valseuses le macchabée.
Ricky : Sait-on jamais, chef, le meurtrier est peut-être encore sur place.
Emile : Wouai c’est ça ! Il est sûrement dans le couloir assis sur une chaise à tirer une clope, vider une bière et se dire qu’il est temps qu’il parte. Sonne à la porte, andouille !
Ricky : Mais chef…
Emile : Sonnes je te dit !
Ricky : J’appuie sur quelle sonnette ? C’est qu’il y a 89 appartements dans cet immeuble !
Emile : Attends ! Quand, dans le bureau, j’ai mis le téléphone de façon à ce que tout le monde entende, tu as bien du entendre son nom, non ?
Ricky : Affirmatif chef ! Elle a dit s’appeler madame Madox ! Vous voyez que je ne suis pas si bête !
Emile : Et donc, maintenant, tu fais quoi ?
Ricky : Je sais pas chef. Elle n’a pas dit quel étage ?
Emile : APPUIE SUR LE BOUTON OU C EST ECRIT MADOX TRIPLE ANDOUILLE !
Ricky : Ah OK ! C’est ça le truc ! J’ai encore pleins de trucs à apprendre, j’avoue !
Emile : Mazette ! On n’est pas sorti de l’auberge.
Ricky : Ben pourquoi chef ?
Emile : Oh rien, je t’apprendrais petit, je t’apprendrais.

La porte s’ouvre. Emile se dirige vers l’ascenseur. Il appuie sur le 5.
Ricky : Chef, comment vous savez que c’est au deuxième étage ?
Emile : simple. Comme tu ne l’as probablement pas remarqué quand on est sorti de la Zigor GTI (avec les phares au xénon en options pour 845 euros), il y a 9 étages. Le premier étage ça commence par « 1 », le deuxième étage par « 2 » et ainsi de suite. Alors, comme elle habite au « 78 » j’appuie sur le « 5 ».
Ricky : Vous êtes très fort chef. Vous faites diversion. C’est de la ruse.
Emile : Pas du tout. Je me paye ta tête.
Ricky : Encore plus fort chef.
Emile : Putain ! J’ai déjà eu des lourds comme co-équipiers mais là je crois que je m’approche de la vitesse de la lumière !
Ricky : Je ne comprends pas chef !
Emile : Ce n’est pas grave Orangina, ce n’est pas grave !

Arrivés au septième, ils sonnent à l’appartement 78. Une jeune femme blonde de 32 ans, en pleurs et nue sous son peignoir rose ouvre la porte. Elle guide le commissaire Vandespeculoos et son sbire dans la cuisine.

Ricky : Chef, comment vous saviez qu’elle était nue sous son peignoir rose ?
Emile : L’expérience petit, l’expérience.
Ricky : J’ai quand même remarqué qu’elle avait une très belle paire de …
Emile : …Lunette. Je sais Ricky. J’aimerais tant que ma femme porta les mêmes…
Ricky : « Ma femme ? » !!!. Vous parlez comme Colombo ?
Emile : Pas du tout. Je ne parle pas comme Colombo. Je parle de ma femme.
Ricky : Nooon ! Le commissaire Emile Vandespeculoos a une femme. Il est marié.
Emile : Je n’en dirais pas plus. Je n’en parlerais plus. Contrairement à Colombo, je resterais imperméable sur le sujet.

Arrivés au fond du trop long couloir, ils bifurquent tous les trois à gauche dans la cuisine. Le soleil commence à se lever. Madame Madox s’assied sur l’appui de fenêtre de la cuisine à contre jour. Elle est maintenant devenue presque transparente et, n’oublions pas, nue sous son peignoir.

Ricky : Chef, si j’étais seul je ne me gênerais pas pour…
Emile : Ta gueules. Je sais. Moi aussi.
Ricky : A votre âge chef ? Vous pensez encore à « ça » ?
Emile : Parce que tu crois qu’en vieillissant je devienne pédé ?
Ricky : …heu…ce n’est pas ce que j’ai voulu dire…
Emile : Y a longtemps que t’as pris une beigne dans la tronche ?
Ricky : OK chef ! J’ai compris ! Je vous la laisse ! Je reviendrais dans quatre ans !
Emile : Pfff ! Il doit exister, quelque part, une théorie qui dit que la vitesse de la lumière est facilement dépassable.
Ricky : Plaît-il ?
Emile : Rien gamin, rien !
Mady Madox (en larmes) : Vous prendrez bien quelque chose !
Ricky : …Je te boufferais bien le…
Emile : RICKY ! Du calme ! Un Orangina paille pour le gamin et pour moi un Jack Daniel’s à température ambiante sans glace dans un verre ballon. Restons simple.
Mady Madox : Un Jack Daniel’s à 6h 10 du matin ?
Emile : Vous savez, pour moi, le jour ou la nuit, ça n’a pas d’importance.
Mady Madox : Je vous comprend !

Sur ce temps, Ricky a visité les chambres, la buanderie, la terrasse, le garage, la concierge, et interrogé le parapluie. De plus, il a laissé traîner sa bite deux minutes dans la machine à glace pour se calmer.

Emile : Ca va mieux petit ?
Ricky : Quoi ? Comment chef ? Comment vous savez ?
Emile : Tu sais, bien avant d’avoir 56 ans j’en ai eu 22.
Ricky : C’est vrai chef ? Vous avez eu 22 ans aussi ? J’y crois pas !
Emile : Fait moi confiance petit, fait moi confiance !
Ricky : Je vous crois chef, mais c’est dur.
Emile : A 22 ans c’est dur petit, à 22 ans c’est dur.

Et les verres se vident paisiblement. Il faudra bien penser à aller voir dans cette satanée salle de bain où le cadavre de Cédric Madox squatte cette pic à brochette en fer depuis quelques heures.
Alors, ils y vont.

La porte de la salle de bain s’ouvre. Un corps est étendu. Celui de Cédric Madox. Mady, sa femme nue sous le peignoir rose, pleur de plus belle. Ricky en profite pour se charger d’une pelletée de glaçons de plus dans le calbute. La scène est horrible. Imaginez : un homme de 35 ans mort étalé avec un pic à brochette en travers de sa gueule, une femme hyper baisable à poil qui pleur sous son peignoir rose et un gamin qui passe son temps à mettre des glaçons dans son slip. Il n’y a pas à dire, la vie de Emile Vandespeculoos n’est pas simple tous les jours. Parfois, le matin, il hésite à mordre dans son croissant. On le comprend.

Emile : Madame, allez mettre une tenue de ville. Je viens d’appeler le labo pour des analyses et ils vont débarquer d’ici 10 minutes.
Mady : Vous avez raison commissaire.

Pendant qu’elle s’exécute, Orangina la suit.
Emile : NON ! Toi, gamin, tu restes ici !
Ricky Bob : Ben pourquoi chef ?
Emile : Mazette, Ricky, nous sommes là pour faire une enquête et rien d’autre. Regardes un peu dans la bouche du mort, qu’y vois-tu ?
Ricky Bob : Le mort ?!? Quel mort ?!?
Emile : Je vois. Tu viens de faire un bug. Te retournes jusqu'à la voiture et tu fais replay. En recommençant tout tu va te souvenir du début.

Quelques minutes plus tard…
Ricky Bob : Ah wouai ! OK ! C’est revenu ! J’ai traîné un peu en revenant, je n’avais pas tout à fait bien visité la concierge. Et puis le parapluie ne veut toujours pas parler. Que je regarde dans la bouche de Cédric Madox ? Pas de problèmes.
Emile (tout en s’allumant une L et M) : Que vois-tu gamin ?
Ricky Bob : Ben heu…une langue et des dents.
Emile : Mazette, ça je m’en doutais un peu. Je n’avais pas besoin de ta science pour ça. Que vois-tu d’autre ?
Ricky Bob : On dirait comme du fromage avec des points noirs !
Emile : Du gouda au cumin ! Rien d’autre ?
Ricky Bob : Et bien on dirait comme des petites boules de mie de pain.
Emile : Que conclu-tu petit ?
Ricky Bob : Je conclu que la victime a mangé un sandwich gouda au cumin avant de mourir !
Emile : Alimentaire mon cher Ricky !
Ricky Bob : Du fromage entre deux tranches de pain…
Emile : Evidemment ! Du pain entre deux tranches de fromage, c’est plus rare. Mais tout de même ce n’est pas normal, il y a un truc qui ne colle pas. Il y a quelque chose qui cloche. Je ne sais pas encore pourquoi.
Ricky Bob : Pourquoi chef ?

C’est ici que la sonnette de la porte d’entrée sonne. Turlutagadazoub ! C’est les deux gars du labo pour les analyses. Mady déboule de sa chambre, enfin avec d’autres habits. Mais on n’y perd pas au change : jupe noir et blanche à carreaux très courte, bottes en cuir affriolantes et décolleté à réveiller un régiment de viagra. Du 95B dans toute sa splendeur.

Ricky Bob : Quelle sonnerie à la con ! Encore une sonnerie de snobs ! Mais chef, comment vous savez que c’est du 95B ?
Emile : L’expérience petit, l’expérience.
Ricky Bob : Chef, si je ne me retenais pas, je…
Emile : …Moi aussi petit, moi aussi. Va me chercher 2 kilos de glaçons s’il te plaît.
Ricky Bob : Oooh ! Chef ! A votre âge !
Emile : Tu sais gamin, quand les fakirs jouent de la flûte, même les vieux serpents sortent du panier…
Ricky Bob : Hein ?!?
Emile : Rien gamin, rien.

Marcel et Jean : Salut chef. Il est ou le refroidi ?
Emile : Dans le frigidaire.
Marcel : Hohoho ! …le refroidi…dans le frigidaire…
Jean : Hihihi ! Quel humour le chef…
Marcel : Hahaha ! Toujours aussi lourd !
Emile : Au moins, avec vous, il n’y a pas besoin de parler en morse.
Ricky Bob : Je ne sais pas pourquoi, mais ça me rappelle une chanson votre truc…
Emile : T’écoutes toujours des conneries gamin !
Marcel : Wouai bon ! Il est ou ?
Emile : Dans la salle de bain.
Ricky Bob : Et on fait quoi chef, maintenant ?
Emile : On va interroger la veuve.
Ricky Bob : Je peux chef ? Je peux le faire ?
Emile : OK gamin ! Mais pas de conneries ! Elle est très fragile pour l’instant alors évite tes singeries habituelles !

Ils se réunissent à nouveau dans la cuisine.
Ricky : Vous avez fait quoi hier ? Quel était votre emploi du temps ?
Mady : Hier soir, nous étions invité chez Rudy et Laurent, des amis. Un barbecue.
Ricky : Ah voilà ! Nous y sommes ! Vous avez caché un pic à brochette dans votre sac lors de la soirée et le moment venu à votre retour : paf ! Dans la tronche à tonton Cédric !
Emile : RICKY ! S’il te plaît. Pas de conclusions hâtives !
Mady (en pleurs) : Je suis innocente ! Je n’ai pas tué mon mari !
Ricky : Wouai, c’est ça ! Avoue salope que c’est toi qui a fait le coup !
Emile : RICKY ! Tu arrêtes tout de suite !
Ricky : Mais chef, c’est l’évidence même ! Je peux la faire avouer si vous voulez.
Emile : Madame Madox, vous étiez séparée de votre mari ?
Mady (en pleurs) : Comment le savez vous ?
Emile : Parce qu’il n’a pas été au barbecue ! On a retrouvé des traces de sandwich au gouda dans sa bouche. Et c’est plutôt rare qu’on en fasse des brochettes.
Mady (de plus en plus en pleurs) : Effectivement ! Ca fait deux ou trois semaines que ça n’allait plus très bien entre nous ! Je suis très jalouse et je le soupçonnais d’avoir une maîtresse. Il avait toujours un prétexte pour ne pas être avec moi. Il était directeur d’une usine qui fabrique des boîtes de pilchard. Un jour c’était un rendez-vous à l’improviste, un autre c’était un problème à l’usine…
Ricky : Comment peut-on laisser seule une si jolie…
Emile : Orangina : Ta gueule !

Marcel arrive brusquement dans la pièce.
Marcel : Chef chef ! Venez voir ! On a découvert quelque chose de bizarre !
Emile se lève d’un bond et se précipite dans la salle de bain.
Marcel : Regardez chef ! Il y a une goutte de sang qui perle sur son gros orteil gauche !
Emile : Mazette ! Qu’est ce que cela pourrait-il exprimer ?
jean : Difficile à dire, chef !
Emile : Vous pensez à une piqûre ?
Ricky : Et voilà ! Tout est clair ! Elle lui a fait une piqûre pour l’endormir et ensuite elle lui a enfoncé un pic à brochette dans la bouche !
Emile : Tu veux me faire un petit plaisir Marcel ?
Marcel : Plaît-il ?
Emile : Balance moi ce con par la fenêtre !
Marcel : Vous parlez du cadavre ?!?
Emile : C’est contagieux d’être con ou quoi ? Y a un virus qui traîne ? Y a un nid ? Alors y faut casser les œufs !
Ricky : Ou alors elle a commencé par vouloir le tuer en lui enfonçant le pic dans le gros orteil !
Emile : Tu ne te reposes jamais toi, hein ?
Ricky : Ben quoi ? Qu’est ce que j’ai encore dit ?
Jean : Ce n’est pas le pic chef ! La blessure serait différente. Par contre, une aiguille, c’est possible. Mais il faut faire des analyses pour savoir si on ne lui a pas injecté une saloperie.
Emile : Bon ! En attendant, nous allons encore questionner madame Madox.

Ricky : Madame Madox, vous étiez la maîtresse de Rudy ou Laurent ?
Mady : Mais c’est odieux ce que vous me dites là !
Ricky : Allé, avoue, Rudy et Laurent t’ont ramoné la cheminée !
Mady : Pas du tout ! Rudy et Laurent sont homosexuels ! Ils se sont mariés à Noël.
Ricky : Et qui les a mariés ?
Mady : Noël !
Ricky : Le père Noël ? Tiens donc ! Vous en avez d’autres comme ça ?
Mady : Mais non ! Mamère !
Ricky : Ma mère ? Ca m’étonnerait !
Mady : Pas votre mère, Mamère !
Ricky : Votre mère ! C’est pas beau tout ça !
Mady : Vous n’y êtes pas ! Je parle de Mamère qui est maire !
Ricky : Votre mère est mère. C’est logique puisque vous êtes sa fille.
Mady : C’est le nom du type qui les a mariés : Noël Mamère ! Vous comprenez ou je dois refaire votre éducation ?
Ricky : Doucement les basses. Je suis grand maintenant et vous n’êtes pas ma mère.
Mady : Ils revenaient de voyage de noce et nous fêtions ça hier.
Ricky : Ils ont été ou en voyage ?
Mady : La mer !
Ricky : Celle de qui ?
Mady : Vous n’y êtes décidemment pas : je parle de la mer qui porte les bateaux.
Ricky : Une mère qui porte les bas tôt devient une mère qui porte les bâtards !
Emile : Bon Ricky, t’irais pas voir ailleurs si j’y suis pas ?
Mady : Merci commissaire ! Un peu de répit !

Mais pendant l’interrogatoire de Ricky, interrogatoire qui, avouons le, ne mène à rien, le commissaire Vandespeculoos n’avait pas laissé ses yeux dans les poches. Il avait remarqué un attrape souris sous le radiateur de la cuisine.

Emile : Madame Madox, a quoi sert l’attrape souris sous le radiateur ?
Mady : A attraper des souris !
Emile : Evidemment, pourquoi je pose la question moi, andouille que je suis !
Mady : Pourquoi cette question ?
Emile : Vous êtes infesté de souris dans cet immeuble ?
Mady : Pas du tout.
Emile : Alors pourquoi ?
Mady : Et bien nous avons notre voisin de gauche qui collectionne les souris. Il en fait venir du Chili, du Bangladesh, que des espèces rares. Il en a plus de cinq cent ! Un vrai maniaque. Et parfois, il y en a bien l’une ou l’autre qui s’échappe et qui rentre dans notre appartement, vous comprenez ? Moi, je n’aime pas ces bestioles alors…
Emile : Je comprends madame. Je comprends de mieux en mieux. Jean ?
Jean : Oui chef ?
Emile : Tu sais vérifier si monsieur Madox a marché sur l’attrape souris qui est sous le radiateur ? Ca expliquerait sa légère blessure du gros orteil gauche…
Mady : Vous croyez que… ?
Emile : Simple vérification. Et votre voisin de droite, il fait quoi ?
Mady : Oh ! Celui-là ! Un vrai asocial. Il est retraité depuis 4 mois et ne veux plus voir personne. Sa manie c’est d’aller à la pêche tous les matins. A-t-on idée, je vous le demande. Finir sa carrière pour aller à la pêche.
Emile : Un bien brave homme. Je note l’adresse pour plus tard.
Mady : Vous le connaissez ?
Emile : Pas du tout. A-t-on besoin de connaître les gens pour les comprendre ?
Mady : C’est qu’il en a vu des débiles dans sa vie. Du moins, c’est ce qu’il me dit parfois.
Emile : Il me plaît de plus en plus votre voisin.
Mady : Ne me dites pas que c’est lui qui…
Emile : Mais non mais non ! Pas de conclusions hâtives !
Mady : Je sais que tout est contre moi.
Emile : Pas du tout. Je ne suis pas contre vous. Et pourtant ce n’est pas l’envie qui me manque.
Mady : Vous êtes gentil commissaire !
Emile : Détrompez-vous. Je suis juste un gentleman.
Mady : Vous êtes le dernier !
Emile : Oui ! Bon ! Et votre voisin d’en face ?
Mady : Encore un retraité. De la légion celui-là. Toute la journée, il fait chauffer son tourne-disque avec la chanson « tiens, voilà du boudin ! ». Un alcoolo. Il vide bien 5 litrons de vin par jour. Et quand il abuse encore plus, tout l’étage à droit à la prise de la citadelle de Khartoum. Dix légionnaires face à 500 ennemis. Ils résistèrent 24 h. Et Roger le légionnaire résiste 24h. Son appartement est imprenable. Alors, on lui glisse des tranches de jambon sous la porte pour qu’il se nourrisse un peu. Un vrai dingue.
Emile : Et il ne se rend jamais ?
Mady : Monsieur. La légion ne se rend jamais.
Emile : Juste. Ou avais-je la tête. Je vais en parler à Ricky, ça va peut-être l’intéresser…

Emile a compris. Du moins, il a une piste. Il allume une L et M en silence. Et il réfléchit. Il tourne trois ou quatre fois autour de la table de cuisine. Il vérifie si il y a du steak tartare dans le frigidaire (Emile en raffole). Et quand Emile a envie de se gaufrer du steak tartare dans la boite à pain, c’est qu’il a compris. C’est une manie chez lui, immuable.

Emile : RICKY ?
Ricky : Oui chef ?
Emile : Va me chercher 300 grammes de steak tartare chez Gaston 23 rue de Gilly.
Ricky : Mais c’est à dix bornes. Je connais un boucher plus près qui…
Emile : Rien à branler. Tu vas chez Gaston et tu dis que c’est pour moi. Au moins il n’oubliera pas les câpres, lui. T’inquiètes pas pour la note, Roger et moi c’est comme deux frères.

Emile : Madame Madox, votre mari a un dentiste ?
Mady : Quelle question ! Bien sûr que mon mari a un dentiste !
Emile : Et bien vous lui sonnez tout de suite pour qu’il m’envoie la radio de ses dents.
Mady : Je ne comprends pas…
Emile : Faites vite ! C’est important !
Mady : Commissaire…je vous ai beaucoup parlé…vous devez penser bien du mal de moi !
Emile : Madame, je ne suis pas là pour vous juger mais pour résoudre un problème.
Jean : Chef ! J’ai analysé l’attrape souris. Et bien Cédric Madox n’a pas marché dessus. D’ailleurs, personne n’a jamais marché dessus.
Emile : Je m’en doutais !
Jean : Et vous savez quoi ?
Emile : Oui ! La blessure sur le gros orteil gauche n’est pas une saloperie qu’on aurait essayé de lui injecter par piqûre.
Jean : Comment vous savez, chef ?
Emile : L’expérience Jean, l’expérience…
Ricky : c’est pour ça que le chef il est chef ! Sinon, bien sûr, il ne serait pas chef !
Emile : ……
Ricky : heu… 23 rue de Gilly. C’est comme si j’y étais déjà.

Et Emile retourne dans la salle de bain. Il passe un long moment sur le gros orteil gauche, pour mieux être certain. Il passe également un long moment à ausculter la bouche de Cédric, pour que son évidence devienne une certitude. Pendant bien une demi-heure.

Ricky : Chef, chef, j’ai vos 300 grammes de tartares. Mais purée, j’avais oublié qu’il était maintenant 8h30 du mat’. Et la rue de Gilly à cette heure là c’est bonbon la circulation !
Emile : T’as pas oublié les câpres au moins ? T’as dis que c’était pour moi ?
Ricky : Evidemment chef ! Je tiens à ma vie !
Emile : Va me chercher une assiette et une fourchette alors !
Ricky : Ah bon ? C’est tout ? Et le « merci » il est ou ?
Emile : Sur le talon de mon 44 que tu va prendre dans l’cul si tu te grouilles pas !
Ricky : Pouah ! Quelle humeur encore ! Et puis les gens normaux ça bouffe des croissants à cette heure-ci !
Emile : Orangina, si tu savais le nombre de gens normaux qui mangent des croissants à cette heure-ci et qui ne savent pas encore qu’ils vont tuer quelqu’un dans la journée…
Ricky : C’est con ! Je venais juste de me prendre deux croissants à la boulangerie d’en bas ! J’ai plus faim, tiens !

Et madame Madox, Ricky, Marcel et jean assistent à ce spectacle navrant : Emile qui se gaufre 300 grammes de tartares. D’autant qu’ils savent tous que Emile détient probablement la clef de ce mystérieux assassinat. Et c’est qu’il prend son temps le bougre. Un bon commissaire, ça mâche doucement. Comme pour mieux apprécier sa victoire.
Ce qu’ils ne savent pas, c’est que, tout bêtement, Emile attend les radios du dentiste. Il habite à l’autre bout de la ville. Et à cette heure-ci, ça risque de prendre un bon moment.

Turlutagadazoub !

Emile : t’as raison gamin, c’est vraiment une sonnerie à la con !
Mady : C’est sûrement le dentiste.
Effectivement, c’est lui.
René : Salut Emile, c’est quoi ton problème cette fois-ci ?
Emile : Et bien ici la victime s’est empalée sur un pic à brochette.
René : Wouarf ! C’est toujours un truc bizarre avec toi ! La dernière fois c’était un mec qui avait tué son chien en mordant dedans ! Je t’avais bien aidé ce coup là ! Les traces étaient sans appels !
Emile : Oui, je me souviens. Il accusait sa femme. Sinon, ça va toi ? T’es toujours avec ta black ?
René : Bah ! Tu connais bien mes penchants !
Emile : Et toi tu connais bien les miens !
René : Toujours au Jackda ?
Emile : Ben tiens !
René : Et le tartare ?
Emile : Toujours ! Si on me tire dans le buffet ça colmate. Ca empêchera le Jackda de sortir !
René : Sinon, ça va toi ?
Emile : Bah oui ! Plus que quatre ans à tirer avant d’aller à la pêche. Et toi la grande, ses études ?
René : Bien bien ! Elle est en dernière année. Et première de classe, t’imagines ? Elle a toujours voulu être fleuriste.
Emile : C’est un beau métier. Et puis il y a de plus en plus de meurtres. Donc de plus en plus de tombes à fleurir ! C’est un métier d’avenir quoi !
Ricky : Heu…chef…c’est pas qu’on s’ennuie et qu’on n’apprécie pas votre enrichissante et constructive conversation, mais si on pouvait finir cette enquête…
Emile : Juste ! Passe moi les radios des dents René !
René : Tiens ! Mais ce n’est pas joli-joli ! Les molaires du fond sont vraiment pourries. Un vrai cratère. Si tu mets un carrelage il y a moyen d’y faire une piscine.
Emile : Ah je vois ! Ou alors il faut couler quinze mètres cube de béton pour combler tout ça ! Il se passerait quoi si il mange un sandwich ?
René : Ah ben t’as tout ces trous qui seraient comblés par la mie humide, c’est clair.
Emile : Après, il faut un cure-dent …
René : Un cure-dent ? Tu rigoles ? C’est bien trop petit pour aller jusque là !
Emile : Un pic à brochettes… ?
René : Ah ben là ça serait plus facile, c’est clair !
Emile : Et bien voilà. Il s’est curé les dents avec un pic à brochette. Il n’y a pas de crime.
Ricky : Oui mais…il se l’est enfoncé tout seul ? C’est un suicide ?
Emile : Pas un suicide. C’est la goûte de sang qui m’a mis la puce à l’oreille. En fait, il a été mordu par une souris qui s’est échappée d’un de ses voisins. Il a été surpris, il a sursauté et s’est inopinément enfoncé le pic à brochette dans la gorge tout seul en tombant. Il s’est empalé dessus.
Ricky : Et bé ! Je n’aurai jamais pensé à ça ! C’est une mort idiote !
Emile : Je ne connais pas de mort intelligente. Bon t’appelle les pompes funèbres, nous on a fini.
Ricky : Je vous reconduis chez vous chef ?
Emile : Non, ça ira. Je vais retourner à pied par la rue de la Régence pour y contempler la vitrine du marchand de cannes à pêche. Ensuite, j’irai faire mon rapport.
Ricky : Drôle d’idée. M’enfin, vous faites comme vous voulez. A plus tard chef.
Proposé par : phil
 
 
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