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La guerre de 14-18
NouvelleLa nouvelle nouvelle de notre Phil universel


- Moi j’ vous l’ dis, la guerre de 14, il faut la faire !
- Vous êtes sûr, mon colonel ?
- Et comment donc ! Pour tout vous dire, moi je l’ai faite trois fois cette guerre !
- Trois fois ? Mais vous êtes un dur mon colonel.
- Et pour vous avouer tout, sergent, j’en suis mort les trois fois.
- Quel homme ! Quel beau militaire que vous faites-là ! Quelle prestance !
- Quinze médailles ! Ça vous en bouche un coin, ça, sergent.
- Ça vous fait une moyenne de cinq à chaque fois que vous mourrussiez mon colonel, c’est un bel exploit.
-Je ne vous le fais pas dire sergent. Je me suis battu pour la patrie.
- Ça nous change, il y en a tant et plus qui se battent pour les médailles.
-C’est pas mon cas sergent, j’ai toujours fait un rempart de mon corps pour mon pays.
- Quel corps ! Un si petit pays pour un si grand homme comme vous !
- N’en rajoutez pas à mon ego s’il vous plaît, mais continuez je vous prie ! Mais je vais vous dire : les jeunes de maintenant sont des mollusques !
- Vous avez raison mon colonel : ils sont tous végétariens maintenant.
- C’n’est pas ce que je voulais dire. Je les trouve mous et insipides.
- Ce sont des légumes, vous voulez dire ?
- Je veux dire par là que tous jeunes, à partir de 18 ans, devraient faire la guerre de 14.
- Vous pensez que c’est bien utile ?
- Evidemment ! Il faut qu’ils se fassent tuer une fois ou deux. Ça leur apprendrait à vivre.
- Oui mais, si vous avez fait la guerre, c’est pour qu’il n’y en ait plus et que c’était la dernière.
- Comprenez, sergent, que chaque guerre est la dernière.
- Oui mais, ceux qui ont commandité cette guerre, ils étaient au front, eux ?
- Il m’est impossible de vous répondre : à chaque fois je suis mort dans la première semaine. Sauf la deuxième fois : j’ai tenu presque six mois. Je n’ai vraiment jamais eu le temps de voir ce qu’il y avait exactement devant. Et pourtant j’étais devant.
- Et vous étiez où ?
- Dans les tranchées, pardi ! En face, il y avait des Allemands. Dans leurs tranchées.
- Et vous faisiez quoi, mon colonel ?
-Je tirais sur les Allemands. Et les Allemands tiraient sur nous.
- Et vous avez tué beaucoup de monde ?
- Sur les trois fois que j’ai participé ou une seule ?
- Disons,…votre meilleur score des trois.
- Ah ! Alors c’est la deuxième fois que j’ai fait la guerre 14-18. J’étais en super forme, chaud comme renard. J’ai tué 108 bonhommes en une seule journée.
- 108 Allemands en une journée ? Mais c’est pas mal. Beau score ! Félicitations mon colonel.
- Heu…j’ai tué 108 bonhommes. Je ne vous ai jamais dit que j’avais tué 108 Allemands !
- Hein ?
- En fait, les Allemands, j’en ai tué deux.
-Je ne comprends pas mon colonel : et le reste ?
- Le reste ? 26 Français, 18 Belges, 24 Anglais, 12 Canadiens, 18 Américains.
- Mon colonel, un homme comme vous, vous ne savez pas reconnaître les uniformes ?
- Vous savez, sergent, je n’ai pas fait l’université : je suis militaire.
- Vous êtes colonel tout de même…
-Je viens de vous le dire : je suis militaire …
- Mais si je compte bien, 26 Français, 18 Belges, 24 Anglais, 12 Canadiens, 18 Américains et si j’ajoute les 2 Allemands, j’en arrive à 100. Et, si je ne m’abuse, vous aviez dit 108…
- Et alors ? Il y a bien 108. J’ai aussi, ce jour là, flingué 8 lièvres !
- Vous aviez dit : 108 bonhommes !
- Les lièvres, c’est des bonhommes, non ? Sinon, j’aurais dit « hase » !
- J’entends bien, mais vous jouez sur les mots mon colonel.
- Vous savez, pour avoir les médailles, il faut dépasser les 100 morts par jour, ce n’est pas pour 8 lièvres qu’un petit sergent de rien du tout va commencer à me chercher des crosses.
- Ah bon ? Il me semble que précédemment, vous m’aviez dit vous battre pour la patrie et pas pour les médailles…
- Sergent ! Vous êtes insolent ! Vous ne savez pas à qui vous parlez ! Je suis un héros national !
- Passons ce fait de guerre mémorable ! Vous avez donc été médaillé pour avoir tué 2 ennemis et 106 amis.
- On voit bien que vous n’avez jamais fait la guerre de 14, sergent ! Et puis, qui prouve que les lièvres n’étaient pas allemands ? Qui ? Et j’ajoute que vous ne connaissez pas le brouillard d’hiver sur l’Yser. On n’y voit qu’à quelques centimètres. Vous y ajoutez le gaz moutarde et c’est encore plus épais.
- Je vois.
- Mais non vous n’y voyez rien. Justement !
- Vous êtes sorti de la tranchée et avez tiré sur tout ce qui bouge.
- Comprenez-moi ! C’était la deuxième fois que je faisais la guerre de 14. J’avais 30 ans. J’étais en pleine forme. Je venais de prendre ma douche et je me sentais bien. Le chargeur était à fond. Et bien, j’ai tout vidé en 2 minutes. Après, j’ai été reprendre une douche. J’étais tout rouge de sang. Mais calmé. Je n’ai pas recommencé, j’vous jure !
- Et les deux autres fois ?
- Bah ! La première fois j’avais tout juste 18 ans. J’avais rien compris. Je crois que je n’étais pas fait pour. Je n’étais pas encore prêt. D’ailleurs, je suis mort dans l’heure. Je n’ai pas eu le temps d’en profiter. J’avais pensé un autre avenir pour moi et un ennemi s’en ait déchargé de son fusil. Je sais que c’est mieux de mourir jeune pour profiter plus longtemps de la mort mais quand même ; je n’ai pas eu le temps d’envoyer des photos à mes parents. Il n’empêche, quand mes pauvres parents m’ont revus, j’étais en trois dimensions dans un cercueil. Ils n’avaient plus besoin de photos mais de mouchoirs.
- Et la troisième fois ?
- La troisième fois : j’étais trop vieux. J’avais 56 ans. Je me traînais. Alors je me suis fait surprendre par l’arrière garde. Je suis mort d’avoir pris 20 kilos de plombs dans l’cul. C’est pas très héroïque, mais rien que pour mon courage de courir lentement j’ai reçu 4 médailles. Mourir de son cul et recevoir 4 médailles pour avoir bien gardé ses arrières, ça ne vous donne pas envie de vous asseoir, sergent.
- C’est sans doute pour ça que vous êtes debout lors des commémorations…
- Mais non ! Si on est debout c’est à cause du poids des médailles. Car avec ce poids là, si l’on s’assoit, on ne sait plus se relever. Il est impossible de s’asseoir avec le poids que l’on a sur la conscience. Vous croyez que ça nous fait plaisir ces commémorations qui félicitent ceux qui ont mieux tué que les autres ?
- Si je comprends bien, colonel, vous êtes triste d’avoir gagné !
- Non. Je suis triste de ne pas avoir perdu. Dans une guerre, sergent, il n’y a jamais vraiment de perdants. Il n’y a que des hommes qui meurent et des mères qui pleurent. Et des enfants qui ne sont plus innocents s’ils ne sont pas morts entre-temps.
- Et celle de 40, vous l’avez faite combien de fois mon colonel ?
- Ne me parlez pas de celle-là !
-Ben, pourquoi ?
- Pourquoi ? Et bien je vais vous le dire : elle était trop technique ! Alors je n’ai pas voulu la faire.
- Trop technique ?
- Oui. Trop de chars, trop d’avions, trop de bateaux et trop de véhicules en tout genre. Ça n’arrête pas de bouger dans celle-là. Au moins, en 14, on était dans la tranchée pour 4 ans et point barre !
- Mais au moins vous auriez pu voir du pays mon colonel : traverser la Manche, vous battre dans les Ardennes, libérer des villes, libérer des camps… que sais-je…
- Oui mais non. On voit peu l’ennemi, il y a moins de corps à corps que dans celle de 14. Il suffit d’appuyer sur un bouton et vous faites des centaines de morts qui n’ont même pas le temps de souffrir. Au moins, en 14, il n’y avait rien de tel que la baïonnette. Si on s’y prenait bien, on pouvait faire souffrir un ennemi pendant deux jours avant qu’il ne rende l’âme. Ça au moins c’était de la guerre, pas de la gnognotte.
- Oublions celle de 40 alors.
-Je vous en prie sergent.
-Dans les tranchées, vous mangiez à votre faim tous les jours ?
-Au début c’était frugal. Pensez donc : nous étions 800 dans la tranchée ! Et nous avions à manger pour 600 ! Nous avions droit à quelques tranches de pain, très peu de viande et une soupe innommable. Nous nous battions le ventre creux.
-Vous avez donc perdu du poids mon colonel.
-Oui sergent ! Mais pas longtemps.
-Pas longtemps ?
-Disons que je parle pour la deuxième fois que j’ai fait cette guerre vu que les deux autres fois j’ai eu la malchance de n’en profiter qu’un jour la première fois et une semaine la troisième.
-Allez-y pour la deuxième fois alors mon colonel !
-Et bien, grâce aux Allemands qui tiraillaient à tout va et bien l’ordinaire c’est bien amélioré. De 800 nous sommes passez à 480 en à peine trois semaines. Et entre l’arrière qui avait bien un mois de retard et nous au front il y avait un gros décalage en perte humaine. A l’arrière, ils pensaient que nous étions toujours 800. Ils apportaient la nourriture en conséquence, c'est-à-dire pour 600. Nous étions 480 et nous avions à bouffer pour 600.
-Vous aviez donc grossi mon colonel.
-Effectivement. Nous étions obligés de nous empiffrer. Comme vous le savez, un bon soldat n’aime pas gaspiller.
-Oui mais, un mois plus tard, ils apportaient tout de même à manger pour 480 mon colonel.
-Bien sûr. Mais ça ne changeait rien au problème : nous n’étions plus que 310. Avec à bouffer pour 480.
- C’est insoluble alors.
-Si sergent ! Ils ont injecté du sang neuf au front. Des jeunes de 15 à 17 ans. C’est nous même, dans les tranchées, qui avions demandé ça, pour nous soulager un peu à finir tout ce stock de nourriture. Comprenez : nous n’en pouvions plus de manger autant. Il y en a même parmi nous qui se sont jetés sur l’ennemi tellement cette boulimie forcée leur était trop pénible. Ces pauvres soldats étaient devenus tellement lourds et patauds qu’ils étaient devenus des cibles faciles. Un vrai carton à chaque fois.
-Je ne comprends pas mon colonel : le haut commandement ne faisait pas une évaluation statistique des pertes ? Du schéma le plus pessimiste au schéma le plus optimiste et envoyer les victuailles au milieu de cette fourchette ?
-Mais sergent, ça n’existait pas à l’époque ce que vous me racontez là ! La guerre de 14, c’était l’improvisation totale ! Maintenant, hélas, nous sommes tenu par les cotas.
-Oui, c’est vrai. Pour preuve, nous avons maintenant droit qu’à la mort de vingt para commandos à l’entraînement et par an.
-C’est vrai sergent. Je me rappelle une année où nous avions déjà atteint ce cota un quinze janvier. Quelle merde ! Les entraînements étaient interdits jusqu’au premier janvier suivant pour éviter les dépassements. Heureusement, il n’y a pas eu de guerre cette année-là.
-Le pire, colonel, c’est que si par exemple, une année nous ne recensons que dix-huit décès et bien ils revoient le cota à la baisse de dix-huit mort pour l’année suivante.
-Ne vous inquiétez pas pour rien sergent, on fait tout pour arriver à vingt chaque année…Fichus cotas !
-Au fait colonel, ça fait un petit moment que j’ai remarqué qu’il y avait un gros paquetage derrière vous ! Vous partez en vacances ?
-On ne sait rien vous cacher sergent ! Et oui, je pars en vacances !
-Et vous allez où ?
-Cette fois-ci, je vais faire la guerre de Corée. J’ai des amis qui y sont allés et ils ne m’en disent que du bien. Vous voulez voir les prospectus ? J’y vais avec ma femme. Pour celle-là, les femmes sont acceptées. Comme elle en brûlait d’envie je n’ai pas pu résister. Ça lui fait tellement plaisir. Elle va faire infirmière sur les points chauds.
-Aaah, colonel ! Comme je vous envie !
-Bon, ce n’est pas tout ça mais je dois vous quitter. J’ai juste le temps d’aller chercher mon épouse et de prendre l’avion. Au revoir sergent et que tout aille bien pour vous.
-Au revoir colonel. J’espère qu’un jour moi aussi je ferais toutes ces guerres comme vous. Et tout mes compliments à votre dame.






Proposé par : phil
 
 
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