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Pour Michel A.
NouvellePour Michel A une petite nouvelle croustillante de Phil

Pour Michel A.


Roger l’Alsacien : Dis-moi Raoul, ça fait combien de plombes qu’on crèche dans ce repose viande ?

Raoul le désossé : Si je compte bien ça fait dans les 20 piges. Si t’ajoutes la préventive.

Roger l’Alsacien : On s’est bien fait badigeonné au beurre dans le dernier casse. Un coup facile qu’il disait le Lino. Tu parles !

Raoul le désossé : Un coup facile, wouai. Manque que le tapis rouge et la coupe de champ’ qu’il disait le Lino.

Roger l’Alsacien : Wouai, j’me souviens. Il avait fait l’attaque avec nous sous un pseudonyme le Lino. Because une image de marque à tenir qu’il disait. Un coup si facile il avait peur d’être la risée des autres chefs de bande qu’il disait.

Raoul le désossé : Qu’est-ce que tu veux Roger. On peut être gangster et avoir sa fierté. C’est pas incompatible. N’empêche, il s’est tiré avec le bifton et ça c’est pas joli-joli ! Tiens, il devient quoi le Lino ?

Roger l’Alsacien : T’es pas au parfum ? Ca fait 15 ans qu’il composte au père La Chaise. Il est malencontreusement tombé dans le viseur de Tony l’ rapide. Vingt coups par seconde. Il en a fait des confettis du Lino, pire qu’au carnaval.

Raoul le désossé : Ah le Tony c’est pas le genre à chipoter. Il flingue d’abord et discute ensuite. Il nous a vengé. « Un coup facile ». Quand j’y pense, tiens, j’ai envie de gerber.

Roger l’Alsacien : Moi je te dis qu’on s’est fait r’passer ! Y a eu des fuites ! Pas normal ça que les flics étaient en planque sur place !

Raoul le désossé : Quand j’pense au Dédé, il venait à peine de sortir son chalumeau. Ils lui ont mis les pinces avec le grille-pain en main. Si c’est pas beau ça. J’en ai les larmes aux yeux !

Roger l’Alsacien : T’as raison Raoul. Ça c’est un beau final. C’est comme un artiste qui meurt sur scène ! Et le Dédé, c’était un artiste !

Raoul le désossé : Tu parles ! Il nous récitait du Racine et du Molière tout en faisant chauffer son grille-pain. Dans la pénombre t’aurais dit les rois mages qui apportent les offrandes au Christ. C’était beau comme une crèche. C’est qu’il en a instruit des jeunes le Dédé. Rien qu’au plaisir de l’écouter, y en a qui ont appris à lire.

Roger l’Alsacien : Et toujours bien sapé. Il faisait venir ses costards sur mesure de Londres. Il lui fallait que du tweed. C’est pour ça qu’on l’appelait Dédé le magnifique. Maintenant c’est plus qu’une ombre le Dédé. Ca lui fait dans les combien maintenant ?

Raoul le désossé : Il doit tourner autour des 67 balais. Ça lui va pas d’être au frigo le Dédé. L’humidité sans doute. Il a la tremblote. Un vrai vibro-masseur. Tu dirais une 2CV qui roule à fond et qu’a les boulons desserrés.

Roger l’Alsacien : C’est triste tout ça. Un gars pareil, une science pareil ; c’est pas humain. Il mériterait la légion d’honneur le Dédé tiens. Ou la médaille du travail bien fini, à la limite. C’était le meilleur sur le marché. Et puis la deuche, ça n’existe plus que sur les photos ou dans les musées.

Raoul le désossé : Bah c’est un peu comme nous tous ici, tu crèches dans un musée vieux, sauf qu’ici c’est nous les bibelots ! Moi je dis qu’il faudrait lui faire une statue au Dédé. Et qu’on parle de lui dans les manuels d’école. Comme un exemple. Quand tu penses qu’y en a qui dorment dans des draps de satin et qu’on jamais fait une bille de leur vie. Ceux-là, ils ne méritent même pas le quart de la moitié du respect qu’on a au Dédé.

Roger l’Alsacien : Et Maurice le balafré ? Tu te souviens de Maurice le balafré ?

Raoul le désossé : Et comment que je m’en souviens ! Jamais vu un gars trouver la combinaison d’un coffre comme le Maurice. Il entrait dans la pièce, un regard à gauche, un regard à droite, une petite gymnastique des doigts et la bête rendait l’âme , terrorisée dans un dernier soupir , bouche béante, dégoulinante de liasses ruisselantes.

Roger l’Alsacien : C’est beau ce que tu dis là Raoul. La prochaine fois, préviens moi que je prenne un calepin et un crayon pour prendre des notes. Mais c’est vrai que le Maurice, à la limite, il trouvait la combinaison du regard. Même rien qu’ à l’odeur je parie.

Raoul le désossé : C’était beau à voir. A la limite, on s’asseyaient pour contempler. Quel sensualité. Il s’approchait du coffre, le toisait, lui faisait des clins d’yeux pour mieux l’amadouer. Et puis il commençait à le caresser, comme si ils s’étaient toujours connus. Y en a même qui disent qu’ils se parlaient. Ils s’embrassaient, s’embrasaient et ne faisaient plus qu’un. Et pour finir, le coffre s’ouvrait comme dans un ultime orgasme couvrant son prétendant d’ors et de lumières.

Roger l’Alsacien : Eh bien dites donc ! C’est que tu te fais poète le Raoul. T’as raté ta vocation !

Raoul le désossé : N’empêche que si le Lino n’avait pas sulfaté les quatre gardiens, nous n’en serions pas là à mariner dans le vinaigre comme des rollmops !

Roger l’Alsacien : C’est clair ! Il nous a carrément plombé dans le dos le Lino. Heureusement que Tony était là pour lui rappeler les détails du traité d’Genève. Tony c’est un pur. Un fidèle. La loi c’est la loi. Et quand tu passes plus au code barre t’es juste bon comme hachis Parmentier aux restos du cœur.

Raoul le désossé : Mais maintenant c’est plus comme ça dans les jeunes ! Tu sais plus confier tes amygdales à personne ! Ça joue perso ! Et quand tu joues perso t’es qu’un gagne petit ! Tu mises du un contre un. Tu gagnes rien mais tu perds rien !

Roger l’Alsacien : J’ai entendu dire aussi ! T’inquiètes que j’ai pas la choucroute qui a pris le goût d’la saucisse ! Mais tu sais, c’est normal que tous ces pèquenots ne connaissent pas la musique : les vioques comme nous sont soit refroidis ou au frigo. Y a personne pour leur donner un GPS du bon petit gangster organisé. Alors, sans doute, ils tournent au radar ! A la limite, ils sont sur pilotage automatique ! En attendant que la connerie se recongèle suite au refroidissement de la couche d’ozone intellectuelle!

Raoul le désossé : Franchement, Roger, tu dis ça mais on s’est quand même fait gaufrer recto-verso par le Lino. Franchement, les potes ça va un moment mais si c’est pour repeindre le tapis rouge en jaune ça sent l’entubage… Alors, j’vais t’dire, c’est un peu normal qu’ils évitent le collectif. Et qu’ils se la jouent petit. C’est mieux de gagner un p’tit peu qu’un gros rien. Un p’tit peu ça avance plus qu’un gros rien. Un gros rien ça pue et ça sent la vase. Ca stagne.

Roger l’Alsacien : Parce que tu crois pas que je stagne ici? Tu crois pas que je tourne en rond depuis toutes ces années et que j’ai pas envie de voir autre chose que des barreaux ? Tu crois pas que j’ai envie de sentir autre chose que la vase ?

Raoul le désossé : Bah évidemment que tu veux sentir autre chose que la vase. Nous en sommes tous là. Et un paquet de dollars pour l’hélico qui nous sortira de là ça serait bien aussi. Après,on achète le mathos qui faut et on va faire un retrait à la banque de France. Gentiment, pour se refaire la main, sans s’énerver.

Roger l’Alsacien : C’est vrai qu’on s’engourdit depuis l’temps ! Perso, j’ai bien prix dans les 20 kilos. L’agilité se perd. On ressemble à des oies bonne pour le gavage.

Raoul le désossé : Tu parles qu’on s’est pris de la bidoche ! La dernière fois que j’ai grimpé sur la balance j’ai cru qu’elle me donnait l’heure ! C’est que ça cause maintenant ces machins là ! Et puis, par habitude, j’ai jamais pu pifer une balance…

Roger l’Alsacien : Nous sommes dans l’air du numérique mon pauv’Raoul. Ça fait moderne. Et puis maintenant t’as l’binaire qui s’pointe. Et puis avec l’internet, maintenant tu sais voler les gens sans sortir de chez toi.

Raoul le désossé : Ben tu te plantes Roger ! Parce que moi il me faut de l’air pur, des trottoirs et des réverbères ! C’est bon pour les bronches qui paraît. Et ton numérique, j’te rappelle le Maurice : devant un coffre, il était le meilleur à nous faire de « ton » numérique ! Et tu peux dire à « ton » binaire qu’y s’débine parc’qu’il a un drôle d’air « ton » binaire. Il me pompe l’air « ton » binaire ! Et « ton » internet, franchement, c’est plus froid qu’un macchabée. Je préfère la température humaine pour réchauffer mon Luger.

Roger l’Alsacien : Oh, ça va Raoul ! Te fâches pas ! Arrêtes un peu de me faire « ton » Jean Gabin !

Raoul le désossé : Tiens, en parlant d’trottoir, j’me d’mande se qu’elle est devenue la p’tite Clotilde …Y a vraiment que l’bus qu’y l’y était pas passé dessus…

Roger l’Alsacien : heu… ben si, justement ! En juillet, juste avant qu’on se fasse coffrer ! Elle avait vendu l’Émile aux pandores ! C’est juste quand il est sorti de tôle, le lendemain si j’me souviens bien, qu’elle a glissé sur une peau d’ banane. Pile sous les roues du car. C’est pas d’chance. La scoumoune.

Raoul le désossé : C’est qu’y en a un paquet qui ont glissés sur une peau d’banane avec l’Émile. C’est qu’il aimait les bananes, tout simplement, à mon avis. Ça s’trouve, il les faisait venir spécialement du Congo par cargo. Des palettes entières de bananes alors, si je compte bien tout celles et ceux qui ont glissé.

Roger l’Alsacien : Et c’est sans doute pour ça qu’on l’appelait « le gorille ». À cause des bananes.

Raoul le désossé : Demain, on s’ fait la malle. L’hélico, c’est pas des couilles. Demain on se casse. Si ça t’intéresse, je te prends un billet d’embarquement. T’as pas besoin de montrer ton passeport, t’inquiètes, c’est de la famille.

Roger l’Alsacien : Et c’est qui dans le coup ?

Raoul le désossé : Pedro l’Espagnol. Tu te souviens ? Qu’est-ce qu’on a bien rigolé avec lui. Il a un pote qui pilote des hélicos. Il arrivera juste à l’heure de notre promenade, il lancera un câble et on a juste à se jeter dessus, tu piges ?

Roger l’Alsacien : Je piges que j’embarque encore dans un truc qui va foirer ! T’as vu nos gueules ? On y arrivera jamais ! On prend l’eau de partout, les ballasts sont trouées et j’ai les bielles qui manquent d’huile ! Ca va foirer j’te dis !

Raoul le désossé : Confiance l’ami ! Crois en moi ! Et crois en toi ! Si tu ne crois jamais en rien il ne t’arrivera jamais rien ! On va y arriver. Il nous déposera ensuite tel des libellules sur le roseau pas plus loin que un kilomètre plus tard sur un terrain vague. Son fils Miguel nous attendra dans une caisse qu’il aura volé juste avant.

Roger l’Alsacien : Son fils Miguel ? Mais il n’a que 5 ans !

Raoul le désossé : Attends ! Il avait 5 ans quand t’es rentré au couvent. Ca fait 20 ans. Il a pas attendu de grandir avant de revoir ta tronche. Maintenant c’est un spécialiste des bagnoles. Il a une foreuse sur pile et il te bousille une serrure en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. C’est un spécialiste des Seat.

Roger l’Alsacien : Seat ? C’est normal pour un espagnol.

Raoul le désossé : Et puis j’vais t’dire, c’est un pilote hors pair. Le Michael Schumaker, à côté, il est juste bon à jouer avec ses Matchbox ou ses Majorettes. Avec le Miguel, t’es déjà arrivé que t’as même pas réalisé que t’étais parti. C’est son père qui me l’a dit.

Gardien : hé les vieux, il est passé 23 heures et vous emmerdez tout le monde avec vos vieilles singeries. Si je vous entends encore je vais vous descendre à la cave. Vous savez ce que ça veux dire ; alors maintenant : vos gueules !



Proposé par : phil
 
 
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