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Conte de Noël
NouvelleEt oui, c'est Noël, "grande bouffe et petits cadeaux". peacejul nous offre dans cette nouvelle une autre vision de cette fête. Joyeuses fêtes !

L’homme, malgré le froid, ne porte qu’un pull. Il marche dans les rues sombres en cette soirée d’hiver. Arrivé à l’avenue René Coty, c’est le contraste car toutes ces décorations, orgie de lumières, éclairent la longue rue comme en plein jour. L’infini lumineux s’éloigne des deux côtés de la rue. Tous les dix mètres, des voix crachent de pathétiques chants de Noël, à travers des baffles installés pour l’occasion. La plupart des commerces ferment plus tôt en ce jour exceptionnel. Quelques acheteurs retardataires de cadeaux trouveront peut-être leur bonheur dans le centre commercial. Ils s’y précipitent, croisant ou doublant cet homme qui se dirige vers la place Thiers.

Il ne marche pas très vite, les mains dans les grandes poches de son pantalon. Un pull bleu, avec de gros flocons de neige pour seuls motifs. Si on regardait son visage de près, on ne l’aurait pas cru aussi jeune car la barbe de quelques jours qui lui mange le visage le vieillit considérablement. Le visage est sans expression, peut-être un peu craintif, mais cela n’est guère perceptible pour des passants pressés. Il marche ainsi, sûrement sans but. Ses cheveux se bataillent sur la tête.

En ces veilles de Noël, les rues se vident très rapidement, laissant place au vide mais non au silence. Les différents accès du centre commercial ne connaissent pas leur agitation habituelle.

Dans ce froid anticyclonique, l’homme ne cesse de penser. Il se souvient de sa vie, avant. Sa vie lorsqu’il était plus petit, par exemple. Lorsque Monoprix avait encore ses entrées sur l’avenue René Coty, où il y avait un Père Noël qui abordait tous les enfants qui passaient. Lui en avait peur, de ce vieil homme, puisqu’il savait toutes les bêtises qu’il avait faites durant l’année écoulée. Il ne voulait pas que l’homme en rouge, avec son gros ventre et ses grosses mains, le lui rappelle et le menace, devant tous les autres enfants ricanant, de suspendre sa tournée de jouets au-dessus de sa maison. Et, dès lors, au petit matin de Noël, après avoir bondi du lit, ne trouver aucun paquet brillant au pied du sapin.

Pas de Père Noël à l’entrée du McDo, il n’aura pas à changer de trottoir ce soir. Mais il se rappelle alors que, l’année précédente, il avait été totalement pris de court : rassuré de ne pas voir l’une des nombreuses représentations commerciales du mythique homme, il avait continué son chemin, calmement. Comme ce soir, justement. Arrivé sur le parvis du Printemps, il ne l’avait tout d’abord pas vu car il était caché par le manège qui a pris possession au centre des lieux. « Joyeux Noël, jeune homme ! » Il se souvient encore : il avait sursauté à cet appel. Feignant de ne pas entendre, il avait allongé le pas pour pouvoir disparaître au plus vite. Mais le Père Noël, garni d’un photographe et d’un panier à bonbons, avait insisté et commençait à le suivre. Il avait alors pris peur et avait aussitôt sortit son couteau, ce fameux papillon qu’il regrette encore maintenant car il ne le quittait jamais. D’accord, il ne s’en servait jamais, à part pour couper ses morceaux de fromage : à l’origine, c’était pour la frime. Il s’était aussi entraîné à jongler avec ce couteau, en l’ouvrant et le fermant d’une seule main mais avait rapidement arrêté car il ne cessait de se couper en faisant cela. Ce couteau, il aurait voulu l’enfoncer dans le ventre de cet agresseur verbal. Mais le ventre du gros homme rouge, surpris par une telle réaction, n’était qu’un coussin en plumes où la lame se noya. Il s’était alors enfui, ne demandant ni son reste ni son couteau. Au même moment, le photographe avait accouru et, constatant la situation, commençait à l’injurier.

Une année était déjà passée. Sa situation était toujours la même. Seul dans sa vie, ne s’adressant guère à ses voisins, ayant perdu de vue ses amis, oubliant sa famille qui l’avait aussi oublié, n’ayant plus d’emploi ni de relations. Il en voulait à tout le monde, surtout en ce soir de Noël où il sera de nouveau seul. Maudissant sa mère qui l’avait fait naître, insultant cette société qui l’avait marginalisé. Et tous ces Pères Noël, représentés dans toutes les vitrines, le sourire commercial aux lèvres pour un splendide coup marketing. Des Pères Noël en « vrai », à tous les coins de rue, employés par de grands magasins pour attirer les enfants et le porte-feuille de leurs parents. Ces Pères Noël dont, depuis l’enfance, il avait en horreur car il les craignait énormément : chantage de ses parents pour le calmer et les conséquences qui en avaient suivi.

Pas de neige pour Noël cette année, une fois de plus, sur la Porte Océane, malgré ce vent frileux qui traverse les mailles de laine. L’homme ne veut pas refaire la même mauvaise rencontre de l’année précédente. Il préfère donc traverser la rue, passer devant Darty et ce bâtiment en béton qui n’a d’église que le nom mais guère la forme. Même s’il voulait à l’origine passer par l’Hôtel de Ville, il préfère finalement rejoindre sa mystérieuse destination par la rue George Braque. C’est d’ailleurs une bonne idée car il rencontrera sûrement moins de passants.

Au Square Saint-Roch, passant à travers les effluves de kepab de la nouvelle restauration rapide traditionnelle, il décide de s’arrêter. Il s’assoit alors sur un banc. Toujours dans ses pensées, entre nostalgie et haine, il ferme peu à peu les yeux. Il n’y a personne dans le square, le silence y règne. Ainsi, malgré le froid, l’homme au pull bleu commence à s’assoupir.

« Tu aurais bien une petite clope pour le Père Noël, mon gars. »

Surpris, l’homme fait un bond. Un de ces nombreux Pères Noël en CDD d’un mois de décembre est assis juste à côté de lui, sur le même banc. Il a retiré sa barbe d’argent et semble aussi seul que lui en ce soir exceptionnel. Ou alors, il vient de terminer son service de garde à la porte d’un hyper-marché et a décidé de s’accorder une pause avant de s’en retourner auprès de sa bourgeoise et ses cinq morveux, tout en sachant pertinemment que ce Noël sera encore plus triste que l’année précédente.

Quoiqu’il en soit, il a l’habit rouge et blanc. Les grosses bottes noires et le pompon au bout du bonnet. Il y a donc un Père Noël quasiment accolé à lui, un Père Noël qui se demande pourquoi cet individu ne lui répond pas et se met à trembler de tous ses membres. Il bégaie. Mais au moment où le gros homme veut reposer sa question, il semble enfin réagir car il cherche quelque chose sous son pull.

Le Père Noël s’attendait sûrement à la cigarette demandée mais c’est un revolver que l’homme qu’il vient de réveiller extrait de son vêtement. Sans autre pensée de plus, trois détonations ont permis à l’homme en rouge de quitter sa misérable vie : une balle perdue et deux autres dans le crâne furent suffisantes. Le costume écarlate fuit de sang. Images de ravage, de haine, d’horreur, habituelles pour les fidèles de la grande messe du journal télévisé, en ce jour si joyeux aux yeux de tous.

Des familles sont déjà à table, les enfants sont surexcités durant cette attente de cadeaux. Tout le monde se réjouit à l’avance de ce repas annoncé, de ce jour de congé du lendemain, de ces vacances à la neige la semaine prochaine.

Et l’homme, tremblant toujours de tous ses membres, le revolver à la main, repart vers sa destination inconnue, s’enfonçant dans le noir de cette froide veille de Noël. Son pull bleu éclaboussé du sang rouge du Père Noël.

Proposé par : peacejul
 
 
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