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peu importe
NouvelleHommage à "La Nausée" ? Voici un texte de P-A, nouveau venu dont on espère qu'il nous régalera souvent de ses écrits, à l'image de ce percutant "Peu importe".

Je ne comprends rien. Rien. Tout me semble irréel, faux ; je rêve éveillé. Je sais pourtant que c’est faux, que tout ce que je vois existe mais quelque chose me gêne. C’est déstabilisant. Comme si j’étais différent, mais pourtant le même. Tous mes souvenirs, je les connais mais je ne les reconnais pas. Suis-je réel ? Je ne sais pas. Il faut que je sache. Je voudrais contacter quelqu’un, mais je ne le fais pas… Pourquoi le ferais-je ? Les gens que je connais… Je ne pense pas qu’ils existent plus que moi. Plus que tout, j’ai l’impression de n’avoir aucune emprise sur ce qui se passe, de ne rien pouvoir y faire…
Je regarde dehors, il y a du soleil. Il fait beau. Il pleut. Il faut que j’en aie le cœur net. Je suis seul chez moi. Je ne suis pas seul dans la maison mais personne d’autre n’est là. Je me lève et discrètement, je prends les clefs de la voiture de mon père et je sors de chez moi. Je suis à l’extérieur mais ce n’est pas différent de l’intérieur. Pourtant je suis mouillé, j’ai froid.
Je suis dans la rue maintenant. Je me dirige vers la voiture, je monte et je mets le moteur en marche. Je démarre. Je conduis une voiture et je suis seul. Je me souviens l’avoir déjà fait de nombreuses fois mais c’est comme si c’était la première ; comme le rêve que je faisais toujours étant gamin. Peu importe. C’est tellement vrai, ça ; peu importe.
Je sors de la ville et je dirige vers la gare toute proche. Je ne sais pas pourquoi j’y vais, mais je sens que je dois le faire. Ce n’est pas une question d’obligation mais plutôt comme si c’était là que ce « rêve » avait choisi de me mener. Le trajet que je viens de faire, tout ce qui est arrivé depuis le début me semble lointain, déjà oublié et pourtant je m’en souviens. Je ne suis pas là. Je suis dans ma propre tête et je vois et me souviens de tout ce qui arrive et est arrivé à cette autre personne, moi.
Je dois savoir. Je me dirige vers la voie. L’endroit est désert. Je sais que ce n’est pas normal, cela n’arrive jamais mais pourtant cela ne me choque pas. Je ne veux pas qu’il y ait quelqu’un. Cela ne regarde personne, ce qui m’arrive. Je marche le long de la voie, je m’éloigne de la gare. Ce qui me semble le plus étrange, c’est que malgré le fait que je voudrais comprendre, je ne m’inquiète finalement pas de savoir si tout ce que j’ai vécu au cours de mon existence est vrai ou pas. Je devrais être sinon révolté, du moins angoissé mais ce n’est pas le cas. Je me sens apaisé…comme rassuré de ne pas croire. Je marche toujours le long de la voie. Il n’y a toujours personne. Cela ne peut être et pourtant ça l’est tout en ne l’étant pas. Cela ne peut s’expliquer étant donné que tout les mots que je pourrais employer appartiennent à la « réalité ».
Toujours personne. Je marche à présent sur la voie. Tout me semble tellement dérisoire. Rien n’est vrai ; rien n’a d’importance. Ces mots eux-mêmes me semblent dérisoires, impropres à décrire. Comment décrire ce qui n’existe pas. Je veux que cela dure. Je ne sais pas pourquoi, mais j’apprécie ce moment. Comme si c’était la véritable sublimation de l’esprit humain. Mon monde est vierge et je vais le créer. J’entends au loin le bruit d’un train qui s’approche. Je le vois, c’est un train de marchandises. Il n’est maintenant plus qu’à quelques centaines de mètres de moi. Il freine. Le conducteur m’a vu. Je marche toujours. Rien n’existe. Le train va s’arrêter, mais trop tard.
Il m’a percuté quelques mètres seulement avant de stopper. Je suis étendu sur la voie, mon sang coule. Je ne sens rien. Je n’ai pas mal. Mes yeux sont ouverts.


Proposé par : p-a
 
 
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