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Le feuilleton de l'après midi
Nouvellephil, dans son humour si acide, a écrit Le Feuilleton de l'après-midi. À découvrir sans attendre !


Adèle est triste. Elle est blonde et approche la petite quarantaine. Elle est presque pas moche, juste baisable pour un mec pas moche juste baisable. Elle roule sur la Bean street dans son cabriolet .
Ces dernières semaines rien ne va. Mais rien n’a jamais vraiment été dans sa vie. Pour elle, c’est l’hiver en permanence et permanenté dans ses feuilletons commis dans les années 80. La scoumoune a la puissance 10.

Elle vient de perdre son boulot. Virée après 15 ans de bons et loyaux services, ça fait mal. Très mal. Alors elle pleure dans ses sanglots en gémissant de détresse. Elle avait pourtant acheté des chaussures trop petites qu’elle avait vu en solde qui iraient si bien avec sa robe devenue bleue après avoir changé de couleur au premier lavage en espérant plaire à ses patrons. Mais elle n’avait pas de patrons pour des robes décolorées.
Rien n’y fit. Rien n’y Phil non plus : je ne peux rien pour aile, c’est à aile à prendre son envol. Elle a reçu aujourd’hui l’enveloppe lui signifiant qu’on n’avait plus besoin d’elle, elle était plumée... Pour se remettre sans se démettre dans les mètres qui survivent, Adèle est entrée dans un McDo manger un hamburger. Un super bigmac. Malheureusement , c’est en voulant payer qu’elle se rendit compte qu’on venait de lui voler l’enveloppe avec les 5 000 dollars de préavis qu’elle avait perçu . Heureusement, les agents de police venus pour la mettre en prison pour non payement de sa mangeaille avaient compris sa douleur et la relâchèrent sans ménagements.

C’est a tout ça qu’elle pensait sur la Bean street en conduisant son cabriolet. Elle pensait aussi au suicide. Mais elle était bien capable de se rater. Elle s’est toujours raté. Rater un suicide est pire que rater un cake aux camés qui suscitent. De là à dire que c’est mieux de susciter que de suicider, il y a une marche de dix mètres de hauteur qu’il ne me dérangerait pas de franchir allégrement. Mais Mike l’avait quittée il y a trois semaine pour se mettre en ménage avec sa meilleur amie : Miranda, une amie en qui elle croyait depuis plus de 25 ans. Miranda avait 25 ans, c’est dire. C’était deux jours après l’incendie de leur villa. Elle venait juste d’apprendre à Mike qu’elle avait un cancer irréversible du genou gauche. Mike était pourtant violant mais elle l’aimait de tout son être. Ca allait pourtant nettement mieux depuis qu’il avait fait sa cure anti-alcoolique. Il buvait moins et remettait beaucoup. Sa manie de dilapider l’argent aux jeux était passée aussi. Mais il vendait toujours de la drogue. Mike aimait l’argent facile et surtout le brûler à brûle pourpoint sans mots dire.

C’est à tout ça qu’elle pensait au volant de son cabriolet sur la Bean street. Et ses trois fausses couches n’arrangèrent rien dans ses pensées lugubres. Le seul enfant qu’elle pu avoir, un garçon, était autiste. Il était de plus en plus renfermé. Il était carrément enfermé. Avec interdiction de sortir de son aquarium et d’aller à la pêche aux enclumes. Surtout depuis son kidnapping. Elle a eu du mal a trouver les 120 000 dollars pour payer la rançon. Le pire, c’est que c’est son propre père qui avait enlevé l’enfant. Il avait laissé des empruntes, c’est comme ça qu’il s’est fait pendre. C’est un gars qui avait plusieurs cordes à son arc. Elle n’a jamais retrouvé son argent et les agents non plus. Elle a fait des emprunts pour payer malgré les empruntes qui l’ont mise dans les embruns. Maintenant, les huissiers sont à sa porte. Il ne lui reste plus qu’a faire du porte à porte pour survivre, ça va lui changer de son bouche à bouche de l’après midi d’avec ses jeunes derniers. Son père avait une dette envers les dockers syndicalistes qui le menaçait de mort si il ne payait pas tout de suite.

Elle pense à tout sur la Bean street dans son cabriolet. C’est une nouvelle voiture. Car l’autre, son ancien cabriolet, un vieux Cadillac qui avait bien dans les six mois, lui a été volé la semaine dernière. Les malfrats en on profité pour faire deux hold-up avec. Comme elle a déposé plainte trois jours plus tard, vu qu’elle était à l’hôpital à ce moment suite à une chute dans les escaliers, les policiers la soupçonnèrent et l’enfermèrent. Elle paya une caution pour sortir de prison. Maintenant elle est complètement ruinée. Rien ne lui est pardonné. Elle essaye de faire du mieux qu’elle peut mais c’est toujours le pire qui arrive. Comme on dit : c’est de vampire en pire. C’est sûr, même si un jour elle ne sort pas de chez elle, une météorite va lui tomber sur la gueule.

Elle pleurait toujours au vent sur la Bean street. Lors du procès de l’enlèvement de son fils, elle apprit qu’elle n’était qu’une fille adoptive non désirée. Sa mère et son père l’avaient adoptée pour toucher les primes. Elle , aimante, allait porter des fleurs sur la tombe de sa mère chaque semaine sans connaître cette tragédie. Sa pauvre maman, ancienne prostituée, s’était faite écrasée par un bulldozer il y a bien dix ans. Son père , homosexuelle, l’avait adoptée pour la parade et l’argent .

Ses yeux s’embuèrent de plus en plus. C’est que, dans le feuilleton télévisé de l’après midi, ça se termine toujours de plus en plus triste pour berner la ménagère de moins de 50 neurones. Des ménagères de moins de 50 neurones me lise ? Alors allons y !
Adèle a les yeux pleins de larmes. Elle roule trop vite. Elle ne voit plus la route. Alors, nonchalamment et sans le faire exprès évidemment, elle écrase sa gueule de conne au détour d’un virage sur un platane. Le sol était glissant. Un sol glissant, ça ne pardonne pas. Surtout si on a les yeux embués. Elle s’encastre la tête dans une boite aux lettres en béton, comme une lettre qui n’arrivera jamais. Elle se finit dans un souffle final comme une délivrance. Mais la ligue de l’association de la « protection des platanes » lui fait un procès. Comme si elle n’était pas encore assez dans le cambouis comme ça. Après il y eu un procès de la ligue « les yeux embués » contre l’amicale des « sols glissants ». C’est Cadillac qui a tout payé car on allait pas se faire chier des années avec tout ces procès à la con. Merci Cadillac. Mais les « boites aux lettres en béton » vont en appel, on verra bien la suite…

Le ciel pleure sur la Bean street. Personne n’en veut. Les croques morts sont en grève ce jour là. Son cercueil est lâchement abandonné sur la grève. Elle n’a même pas droit à une bière décente, ni mousseuse ni fraîche. Juste l’écume des flots et un peu d’amertume.
Parfois on est bien seul.
Parfois on est si seul.
Parfois , même mort, on est si seul.
Parfois, on est si seul qu’il faut du courage de mourir en évitant de son mieux à déranger les autres .
Adèle s’excuserait presque d’être morte et de faire des taches sur le bitume . A la limite, elle se relèverait pour nettoyer tout ça. Mais ce n’est pas possible. On est obligé de laisser sa dernière poussière. Quelqu’un d’autre la brossera bien.

La Bean street grouille de monde. Ca grouille de grenouilles de bénitier. Des gens qui pleurent sans qu’on leur demande rien, comme si ils étaient payés pour. C’est aujourd’hui que l’on enterre Adèle. Sa famille n’est pas là. Ses amis non plus. Elle est morte seule, elle s’enterrera seule. Il n’y a qu’une multitude de curieux qui veulent du sang. Et plus si affinités. Si on pouvait violer son cadavre pour faire de l’audience elle ne dirait pas non. Mais là elle est vraiment morte. En plein feuilleton. De toute façon, elle s’en tape. Adèle, elle vous emmerde.
Elle rêve encore, elle regarde passer les trains. Elle regarde passer la vie qu’elle n’aura jamais. Elle est heureuse, enfin. Elle s’envole avec ses deux bouts d’ailes blanches et son chèque de la même couleur pour service rendu à l’audimat. Que lui importe ?

Lors de l’enterrement, l’homélie du père Gontran fût exemplaire :

« Elle est morte Adèle. Elle mérite le paradis. Elle avait pourtant un sale ami et elle n’a pas connu que des gens bons. Sa vie a tourné en eau de boudins. Beaucoup lui on cherché des crosses. C’est maintenant qu’elle n’existe plus qu’on se rencontre qu’elle existait. A quoi sert d’exister si c’est exister pour rien ? Alors elle s’est inventé un monde. Son monde. Pour elle seule. Pour survivre.
Je sais, on fait ce qu’on peut. Mais le peu qu’on fait ça peut donner du rêve. Même si c’est pas grand chose. Surtout qu’elle tournait des films, je veux dire des téléfilms, pour faire pleurer l’après midi. De « Aujourd’hui je meurs si tu m’aime pas » , « J’attends le train de l’amour » en passant par « le cancer de ma vie », elle aura fait pleurer des millions de tubes cathodiques. Beaucoup suintent encore.

Maintenant , elle a rejoint son épisode. Son enterrement sera payé par une page de publicité. Maintenant, tout le monde parle d’elle.
Mais demain, qu’en sera-t-il ? On l’aura vite oubliée. Pour un autre drame où l’on ne demandera qu’a pleurer. Pour une autre blondasse qui pleurniche. Pour une autre tragédie où l’on ne demandera qu’a se soumettre. Se soumettre, jusqu’au jour suivant. Car on ne pleurs que pour l’instantané. La vie c’est un sourire et ensuite un grand flash.

Aujourd’hui je pleurs. Demain je sais pleurer aussi. Pour tout le malheur du monde. Et pourquoi personne ne fait rien ?
Parce que tout le monde est assis à pleurer et a attendre que ce soit « les autres » qui bougent. Comme si la vie durait mille ans.

Je pense que l’on a autre chose à faire dans la vie. Des choses tellement plus enrichissante, tout en ne pensant pas à soi, ou oubliant parfois sa petite personne terrestre. »

Ainsi parlait le père Gontran.
Proposé par : phil
 
 
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