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Interview de Alain Venisse 4ème partie
Interview littératureVoilà la 4ème et dernière partie de la volumineuse et passionante interview de Alain Venisse.


Vous pouvez toujours rebondir à cette interview ICI sur le forum.




Que pensez-vous de l'assertion de Saint-Exupéry : " Je suis du pays de mon enfance. " ? Vos projets à court, moyen et long terme ?

Ah, Saint-Exupéry ! Voilà quelqu’un de complet, que j’admire infiniment. Rien que son nom fleure bon l’aventure, en même temps que la poésie. Pour moi c’est Le Petit Prince, bien sûr, qui a bercé mon enfance. Mais aussi cette incroyable odyssée de l’aéropostale. Un homme à la fois physique et intellectuel, aviateur, dessinateur, écrivain et poète, aussi capable de mettre sa vie en danger pour repousser les limites humaines que d’écrire des textes pleins de rêve à l’intention des enfants de tous âges. Lorsque j’interviens dans une classe, je suis heureux de voir que les jeunes connaissent toujours ce Petit Prince, si riche en vérités premières, à la fois simple et profond. La façon d’apprivoiser le renard est un grand morceau d’anthologie, tellement vrai en outre ( je l’ai VÉCUE avec mon tout premier chat, un jeune errant trouvé sur le pas de ma porte, que j’ai nourri jour après jour en me rapprochant chaque fois davantage. À se demander lequel apprivoisait l’autre ! ) J’adore également l’idée que ce livre éternel soit toujours publié sous la même présentation, avec les dessins originaux de l’auteur, si pleins de naïveté. Pas étonnant que St-Ex se soit déclaré << du pays de son enfance >>. Une bien belle formule à laquelle je ne peux qu’adhérer, bien modestement !


Si une de vos oeuvres était portée au petit ou grand écran, aimeriez-vous être l'auteur ou co-auteur du scénario ? Quelle serez votre réaction ? Et laquelle de vos ouvres aimeriez-vous la transposition au petit (ou grand) écran ?

Souhaiteriez-vous écrire un scénario original ?

Soyons ecclectiques et citons Stephen King. Dans << ÇA >>, il fait dire à l’un de ses personnages, romancier à succès : Quitte à ce que quelqu’un soit payé pour trahir mon roman, autant que ce soit moi !

Un rien désabusé, d’accord. Un peu méchant, aussi ! Mais le cinéma n’en reste pas moins un genre à part, avec ses codes et ses démarches spécifiques qui fonctionnent selon une logique interne légèrement décalée. Ainsi ce qui est vrai dans la vie fait faux à l’écran. Il en va de même dans les rapports avec l’écriture. D’où un vaste travail d’adaptation qui amène parfois à s’éloigner de la lettre, pour respecter l’esprit du livre. Et je ne suis pas sûr, en la matière, d’être capable de faire la part des choses. Sans doute je préférerais écrire DIRECTEMENT un scenario original. Je connais le cinéma, j’y ai travaillé côté image durant de nombreuses années, et j’ai vu des milliers de films. Je saurais ce qui convient ou pas pour un tournage, et je n’écrirais pas de la même façon qu’en vue d’une publication sur papier.

Cela dit, oui ! Évidemment, je serais fou de joie à l’idée que quelqu’un adapte l’un de mes romans. Déjà parce que le support de l’écran, grand ou petit, constitue le meilleur tremplin vers la notoriété. Ensuite parce qu’un seul roman adapté vous rapporte autant et plus qu’une vingtaine d’autres simplement publiés !

Quelle suggestion faire aux éventuels cinéastes, alors ? Ma BRIGADE DES SPECTRES ferait, je pense, une base valable pour une série, ou pour plusieurs téléfilms, à cause de ses éléments spectaculaires propices à des effets spéciaux visuels. Mon CLOWN DE MINUIT aussi, le premier de mes romans adultes.

Depuis des années, mon ami Michel Lemoine, comédien et réalisateur français de films fantastiques, multiplie les efforts pour adapter DANS LES PROFONDEURS DU MIROIR, autre ouvrage pour adultes dont je suis plutôt fier. Jusque-là ça n’a rien donné. Mais… sait-on jamais ? ( Vas-y, Michel, ne te décourage pas ! )

Certains de vos livres ne sont pas réedités. Vont'ils l'être de nouveau ?

Les voies des éditeurs sont impénétrables ! Dans la littérature adulte ( et mis à part certaines << locomotives >> à très gros tirage ), je dirais : Sitôt publié, sitôt oublié ! C’est déjà vrai dans le << grand format >>. Ça l’est plus encore dans le livre de poche, pour lequel j’ai essentiellement oeuvré. Au Fleuve Noir, notamment, j’ai publié six ouvrages, dont cinq au moins dont je me sens réellement fier. Je pense qu’ils mériteraient d’être réédités, y compris face à la concurrence anglo-saxonne. Mais le côté exigu, confidentiel de la présentation, les a fait passer un peu vite à la trappe. Trois mois plus tard ils n’étaient plus à l’affichage, c’est à peine si on continuait à les fournir aux libraires sur commande. Deux ans de plus et ils étaient soldés ou allaient au pilon, comme produits de consommation passés de mode. Dommage. Pour moi, en premier.

Mais en France, le lecteur moyen n’est guère féru de fantastique. Ou alors il va chercher du côté des romans anglais ou américains. Pourtant il existe dans l’héxagone des auteurs dignes qu’on leur consacre quelques heures de lexture. J’espère en faire partie… Et que dire des MÈRES NOIRES, de Pascal Françaix ? L’avez-vous lu ? C’est un chef-d’œuvre très glauque, digne des Jean Ray ou Claude Seignolles. En bien, malgré son prix Fantastic’Art / Gérardmer, je ne suis pas sûr qu’il ait rencontré l’audience méritée. Ni qu’on le trouve encore chez son éditeur, DENOEL.

C’est notre lot commun, à nous autres francophones. D’où mon passage dans la littérature de jeunesse, beaucoup plus accueillante et moins versatile. Quand on y est publié, vos romans restent disponibles plus longtemps - ne serait-ce que sur catalogue. À quelques exceptions près, la majorité des miens doivent l’être, même vieux de plusieurs années.


Eau2 :


Quels sont selon vous tous les ingrédients d'un bon livre ?

L’essentiel, ainsi qu’en chaque chose, c’est qu’il donne ENVIE ! Oui, on doit avoir envie de le lire comme on a envie de goûter un bon vin ou un plat savoureux. Pour cela, chacun sa recette. La mienne : un abord facile et agréable, avec une intrigue soutenue qui capte le lecteur dès la première page, pour ne plus le lâcher. Le côté pseudo intellectuel, tendance << Je me prends au sérieux >>, me gonfle profondément. Moi j’écris pour être lu. Avec la concurrence des nouvelles formes de loisirs audio-visuels, de moins en moins de gens trouvent le courage d’ouvrir un bouquin. Et ça risque de ne pas s’arranger si un tel acte doit correspondre à une prise de tête ! Ce qui ne signifie pour autant rester au ras des pâquerettes, abdiquer toute idée, renoncer à toute prise de position. Au contraire, la facilité ne doit être qu’apparente, il existe tant de façon discrètes de faire passer un message, d’illustrer ses convictions sans les assener ! Lisez mes livres, à commencer par ceux destinés aux jeunes. Vous serez peut-être surpris par les thèmes que j’y aborde… avec la complicité de mes éditeurs éclairés. Pourtant il ne faut pas se voiler la face. Notre rôle, aujourd’hui, c’est de quitter notre tour d’ivoire pour aller au-devant du lecteur. De lui tendre la main et de l’inviter à nous suvre dans ces univers que l’on s’efforce de créer à sa seule intention. Il doit se sentir unique et ESSENTIEL. Et cela pour la bonne raison qu’il l’est RÉELLEMENT !

Et je terminerai sur cette remarque de mon ami Jean Rollin : Lire est un acte volontaire. Il n’y a pas de mauvais lecteur. Car le pire d’entre eux sera toujours supérieur à celui qui se contente d’enfoncer le bouton de son téléviseur !

.
Quel est votre auteur favori (contemporain) de SF ?

Pour la SF proprement dite ( c’est à dire la science fiction, bien différente du fantastique - voir plus haut ) je vais encore citer et défendre les auteurs français : mes contemporains, mes collègues… mes amis !

Laurent GENEFORT, notamment, est un fabuleux créateur d’univers. Tel ses fameux prédécesseurs anglo-saxons ( HG Wells, Huxley, Azimov, Van Vogt ), il n’a pas son pareil pour vous plonger dans des mondes bizarres. Des mondes pourtant logiques et cohérents, mais construits sur des bases différentes. Des mondes complets avec leur histoire, leur géographie, leurs coutumes et leur folklore, leurs philosophies et leurs religons. Du grand art, on ne s’en lasse pas !

Côté ados, il y a Christian Grenier, incontournable du genre et dont le souffle épique prend ses bases sur une vaste érudition. Ainsi que Christophe Lambert… Non, pas le comédien mais un jeune auteur du même nom, aussi malicieux qu’inventif, et qui publie dans toutes les collections spécialisées. Je pourrais multiplier les exemples, la SF française est aussi diverse que méconnue - hélas ! Mais avec les moteurs de recherche sur Internet, existe-t-il une limite pour les lecteurs motivés ?


Avez-vous écrit autre chose que de la SF et sinon envisagez-vous de le
faire ?

Là encore, halte à la confusion classique qui consiste à regrouper sous cette appellation tout qui sort de l’ordinaire, tout ce qui paraît défier notre logique quotidienne. Ce qui serait en outre une profonde erreur, car la logique constitue justement l’une des bases fondamentales de la SF. D’ailleurs ses auteurs, depuis son âge d’or aux USA, sont en majorité des scientifiques en quête de récréation, ou pour le moins des gens ayant poussé leurs études assez loin dans cette branche. Voilà pourquoi je ne me sens pas capable d’en écrire, mis à part l’exception de ma TROISIÈME GALAXIE AU FOND DU PLACARD, qui appartiendrait plutôt au genre dit space opera, dans lequel l’imagination l’emporte nettement sur le côté scientifique.

Ce dont je me réclame en réalité, c’est du Fantastique avec un grand F, davantage basé sur le folklore, l’irrationnel, le non-dit et tant d’autres choses encore, mal définies ( C’est tellement bon, de défier la définition ! ).

Un genre où je me sens bien, à mon aise… comme fait pour moi. Celui qui m’a porté jusqu’à présent, celui qui a donné à quelques milliers de personnes l’envie de me lire. Mais écrire en dehors… pourquoi pas ? Ce serait l’un de ces nouveaux défis qui ne sont pas pour me déplaire.


Quel est celui de vos livres qui a remporté le plus de succès ?

Sans doute LE CAMÉSCOPE FANTOME, pour le simple fait que sa promotion a été la mieux agencée. C’est un peu le fruit du hasard, puisque je suis tombé parmi les six premiers titres choisis par Magnard ( spécialiste du livre scolaire ) pour relancer en 1996 son image de marque dans la littérature de jeunesse, avec sa collection << Les Fantastiques >>. Une collection qui compte maintenant des centaines d’ouvrages !


Vous avez sans doute diverses occasions d'échanger avec vos lecteurs : quels sont les différents moyens de communication que vous utilisez, quel est celui que vous préférez et pourquoi ? Avez-vous déjà utilisé le dialogue en direct ? Si oui qu'en avez-vous pensé ?

Seriez-vous d'accord pour participer à un dialogue en direct avec les
habitués du café des amis ? Quel est parmi les différents livres que vous avez écrits celui qu e vous me conseilleriez de lire en premier ?

Quitte à vous surprendre, je suis un internaute relativement récent ( moins de deux ans ). Le plus fort de ma communication avec mes lecteurs remonte donc longtemps avant ma première connexion, et je reste plutôt << classique >> en la matière : salons du livre, passages sur des télés régionales, interviews et surtout interventions scolaires ( quand des responsables de l’enseignement public, ou privé, demandent à un auteur de venir dans les classes discuter de leurs livres et dialoguer avec les élèves ). Il paraît que les enfants en retirent beaucoup. Je vous répondrai que l’auteur encore plus : après tout, nous travaillons pour les jeunes, c’est tellement primordial de juger à quel point on a pu les toucher, tellement important d’écouter leurs remarques et leurs encouragements… voire leurs critiques. Et ils ne s’en privent pas, gloire à eux et à cette spontanéité que nous perdons tous trop tôt ! Mon dialogue favori reste donc le face à face de vive voix, en salon ou ailleurs.

D’où un certain recul par rapport au dialogue en direct, que je n’ai encore jamais pratiqué. Il implique d’être disponible à des moments bien précis… ce qui n’est pas forcément mon cas. Je préfère là-dessus garder une certaine forme de recul, indispensable à ma liberté d’écriture. Liberté que le mail m’apporte, même si je consulte les miens plusieurs fois par jour. Je vous livre d’ailleurs mon adresse, si le cœur vous en dit :

alain.venisse@laposte.net.

Quant à celui de mes livres que je vous suggère de lire en premier, si vous n’en connaissez aucun, Je dirais LES TABLEAUX ENSANGLANTÉS dans la série LA BRIGADES DES SPECTRES chez FLAMMARION. Sans doute celui de tous où j’ai le plus approché, le plus résumé ce qui me tenait à cœur, sur beaucoup de plans différents. ( Et prêt à en discuter avec vous après lecture, si vous le souhaitez… )

Pour finir que pensez-vous des éditeurs en ligne sur internet ?

Eh bien, pas grand-chose, car je connais mal le phénomène, nouveau pour moi.C’est peut-être vous qui pourriez me dire comment ça fonctionne ? Est-ce que ça ressemble à l’édition à compte d’auteur ? Parce que cette dernière, je ne suis pas franchement pour. Elle consiste à payer un imprimeur pour mettre son roman sur papier. ( De plus en plus facile, avec les progrès de l’informatique et de la mise en page à l’ordinateur, les faibles quantités coûtant de moins en moins cher.) Par contre, ça n’assure ensuite aucun débouché à l’auteur, qui se retrouve avec son édition sur les bras. À lui de la proposer dans les points de vente, à lui d’en faire la promotion. Or soyons clairs : dans le contexte actuel, aucun livre ne peut bénéficier d’une sortie décente sans l’appui d’une implantation structurée par des professionnels : publicité, mise en place chez les libraires et dans les grandes surfaces, envoi d’exemplaires aux principaux critiques. Autant de choses impraticables au niveau de l’auteur isolé..Tout au plus pourra-t-il se faire plaisir en offrant à quelques intimes sa prose couchée sur papier. Des cadeaux souvent bien cher payés, qui ne feront pas avancer sa carrière d’un pouce !



Boumbo2002 :

Un bon livre c'est quoi?(recette)

Le bon livre, c’est celui sur lequel j’ai mis la main et que je brûle de lire. Pour la recette personnelle des miens, se reporter quelques réponses plus haut : démarrage rapide, style simple et narration vive, absence de temps morts, évocation sous-jacente de sujets plus sérieux émaillés de personnages sonnant << juste >>. Ce qui ne signifie pas forcément que je respecte ces critères lorsque je redeviens simple lecteur. Il m’est arrivé de me m’attaquer à de gros pavés d’aspect rébarbatif, mais dont les qualités se révèlent à la longue, pour peu qu’on persiste !

Comprenez-moi : je ne réclame en aucune manière ma conception propre comme la seule valable, et loin de moi l’idée de refuser tout crédit à ceux qui n’entrent pas dans mes critères ( ce qui serait en outre une hérésie, car à l’encontre même de mes convictions les plus profondes ! ) Mais pour moi la lecture doit être source de jubilation, plutôt qu’effort douloureux pour ne pas perdre le fil. Une formulation obscure ou pédante n’est pas une bonne formulation, un livre ennuyeux n’est pas un bon livre ( L’introduction à la Psychanalyse, de Sigmund Freud, m’a intéressé au début… mais je n’ai jamais été jusqu’au bout ! ) À l’inverse, une accumulation de meurtres ou une surenchère dans l’action ne sont pas davantage signe de qualité. Certaines énumérations complaisantes du père Hugo, sur les plantes de l’île de Gilliat ou sur les rues du vieux Paris à l’époque de Quasimodo, m’ont franchement barbé. En revanche Zola ne m’a jamais déçu, y compris dans ses détails sur les grandes familles, leurs victoires, leurs tares ou leurs secrets. Quant à sa description de la société de l’époque qu’il avait étudiée de si près, comment s’en lasser ?

Bref, il existe mille manières de capter le lecteur. La mienne en est une. Elle s’adresse aux plus jeunes, aussi bien qu’aux adultes. Spielberg a déclaré qu’il << réalisait les films qu’il aurait aimé voir étant gosse >>. Je le parodierai en disant que j’écris les livres que j’aurais aimé lire dans ma jeunesse !

Combien de pages doit-il avoir au minimum et au maximum?

Au départ, il n’existe pas de règle générale. Ensuite, tout dépend qui vous voulez toucher, chez les lecteurs comme chez les éditeurs. Pour quelqu’un de confirmé en littérature générale, pas de critère. Au contraire, plus l’ouvrage est épais, plus il a des chances de plaire. ( Dans le genre : << là, au moins, on en a pour son argent ! >> )

Dans mon domaine particulier du roman de jeunesse, il est de bon ton de se modérer. Ce qui ne me gêne pas : selon moi, une bonne idée développée sur un mode vivant et rapide ne nécessite pas 500 pages ! D’ailleurs, chez les professionnels, on ne parle pas du nombre de pages mais du nombre de signes. C’est à dire du nombre de caractères, en comptant aussi les espaces séparant les mots.

Car le même manuscrit peut s’imprimer sur 150 pages aussi bien que sur 250. Tout dépend du caractère employé, de sa taille, de la mise en page et des bordures en hauteur comme en largeur. Tout dépend aussi du nombre éventuel d’illustrations, ainsi que du procédé qui consiste à laisser une page blenche entre les divers chapitres. Vous seriez surpris de toutes les ficelles techniques permettant de présenter un gros volume à partir d’un texte relativement court. L’inverse reste vraie, évidemment ( Quoique cette dernière option soit plus gênante : il est très désagréable de devoir lire des lettres trop petites ! )

Comme tout cela est terriblement abstrait, quand on n’est pas de la partie, disons que je me sens relativement à l’aise dans un récit de 170.000 / 180.000 signes. Ce qui, présenté de façon classique en littérature de jeunesse, donne environ 150 pages.

Comment évaluer vous un livre avant son achat par la critique faite dessus ou simplement la curiosité de découvrir par son auteur ou son titre?

Quand je vais au cinéma, je lis rarement les critiques. Ou alors elles ne m’influencent guère ( j’ai moi-même été critique, je ne fais pas toujours confiance à mes ex-collègues ! ) Il en va de même pour les livres. Le nom des auteurs me guide avant tout, le sujet de façon subsidiaire. Ensuite seulement vient le titre, la présentation de la collection, ainsi que sa réputation générale dans le monde de l’édition. Et les échos critiques en tout dernier !

Le Saint :

Vous êtes un ancien professionnel du cinéma, qu'est ce qu'a apporté le cinéma à votre oeuvre et à vos livres ? Vous avez travaillé sur quels films et qu'en avez vous ressorti ? Quels écrivains ou professionnels du cinéma adorez-vous et pourquoi ? On dit que les métiers artistiques dont font partie la photo le cinéma et le livre est un monde fourbe, que l'on a peu, voire pas d'ami dans le métier ? Est-ce vrai ? est-ce votre cas ? Avez-vous des amis dans le métier ?

Malgré ma profession actuelle d’écrivain, le cinéma a toujours été le centre de ma vie, peut-être par son abord - l’un des plus faciles qui soit parmi tous les arts : il suffit de s’asseoir dans le noir, de faire le vide en soi et de prêter son attention ! C’est le cinéma qui m’a donné le goût des histoires, et de là celui de les raconter. On m’a souvent dit que mes livres étaient très << visuels >>. Je suis en effet assez descriptif, tant au niveau des actions que des décors. Je le suis moins quant à l’aspect physique de mes personnages, j’aime bien que le lecteur puisse les compléter par des traits de gens qu’ils connaît ( voire les siens propres ) Ça aide beaucoup à s’identifier, donc à entrer dans l’action.

Oui, mon amour du cinéma‘a bien contribué à mon écriture. J’ai coutume de dire que je << raconte les films que je me projette dans la tête >>. D’ailleurs, quand un passage me pose un problème, je m’imagine devant un écran et j’essaie de décrire ce que je vois. Mais n’en concluez pas pour autant que l’écriture fasse pour moi figure de parent pauvre, et que je m’y sois << résigné >> à la suite de mes problèmes de vue. Au contraire, elle a été pour moi une découverte essentielle à côté de laquelle, en bonne santé, j’aurais pu passer. Avec des mots, on peut évoquer une action percutante et rythmée… tout en entrant dans l’esprit de ses protagonistes pour décrire leurs pensées, leurs émois. Ce qui est quasiment impossible au cinéma, ou qui nécessite pour le moins des astuces de mise en scène plutôt compliquées ( flash-back, caméra subjective, images récurrentes, etc… )

Cela dit, le cinéma constitue avant tout un travail collectif, pour le meilleur et pour le pire. Un tournage est comme une histoire de famille. Sur le moment, on partage une formidable intimité, qui n’a rien de factice. Je me souviens de Michel Constantin m’offrant le pastis, de Fanny Ardent me servant des petits fours, de Bernard Blier prenant le café avec moi ou de François Truffaut discutant de mes dernières photos. Sur le film de Jean-Claude Missiaen, RONDE DE NUIT, je me suis abîmé la cheville. Croyez-le ou non, j’ai fini la dernière semaine avec un plâtre et des béquilles. Plus : sur un remblai de voie ferrée à peine pratiquable, les machinistes m’ont porté sur leur dos afin que je puisse faire mes photos ! Eddie Mitchell a même signé mon plâtre en plaisantant avec moi, à propos des vieux films d’horreur anglais dont nous sommes tous deux fans. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’aujourd’hui il me taperait sur l’épaule dans la rue. Pour la simple raison qu’il a dû oublier les deux mois de tournage passés ensemble. Et ce serait stupide de lui en vouloir : combien de milliers de visages nouveaux a-t-il pu croiser, depuis ? C’est pourquoi je récuse l’adjectif << fourbe >>. Transitoire serait plus exact, provisoire… Comme dans toutes les activités impliquant un tel brassage d’individus et de personnalités, on ne peut s’attendre à être éternellement dans la mémoire des autres, ni à tisser des liens indissolubles. Je suppose qu’il doit en être de même dans le monde du théâtre, de la musique ou du sport professionnel, pour ne citer que ceux-là.

N’empêche qu’il m’en reste plusieurs amitiés durables. J’en veux pour preuve mes amis Michel Lemoine, comédien et réalisateur, ainsi que Jean Rollin sans qui je n’aurais sans doute jamais été publié !



Webmaster :

Merci Alain d'avoir répondu à toutes ces questions, nous vous prions de nous communiquer votre actualité régulièrement (livres, projets, salon du livre...) pour que nous puissions prévenir la communauté du Café Des Amis. Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez consacré.

Proposé par : Administrateur
 
 
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