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Interview de Alain Venisse 3ème partie
Interview littératureVoilà la 3ème partie de la volumineuse et passionante interview de Alain Venisse.

Vous pouvez toujours rebondir à cette interview ICI sur le forum.



Pierre L :

Ayant lu "Le Mystère de la Chambre Noire", "La Plage Beausoleil" je trouve que vos écrits gagneraient vraiment en éliminant la partie SF pure, et donc pourquoi donc avez-vous abandonné le Polar ?

Je n’ai pas abandonné le polar, puisqu’il je n’en ai jamais vraiment écrit. Mon domaine de prédilection a toujours été le fantastique ( et non la SF - voir ma distinction plus haut ). Ce genre fait partie indissociable de moi, je n’arrive pas à m’en écarter… et je ne le cherche pas, d’ailleurs !

Quelles sont vos influences littéraires ?
Quels ont été le ou les détonateurs qui vous ont poussé à écrire?

Comme je suis très bavard, je crois avoir déjà répondu par anticipation, du moins à la première partie. Pour la seconde, je vais parodier un de mes profs d’histoire, pour qui tout événement avait ses causes lointaines, et ses causes immédiates.

Mes causes lointaines : Le goût de raconter des histoires, dès ma plus tendre enfance. L’attirance vers les activités dites artistiques, et aussi un certain besoin de passer DE L’AUTRE COTÉ du miroir, là où s’élaborent les choses ! J’ai toujours préféré les coulisses au théâtre lui-même, l’arrière boutique à la boutique… bref le côté d’où l’on dirige, où l’on agit au lieu de subir. J’aimais le cinéma ? J’ai travaillé sur des tournages et photographié plein de vedettes. J’aimais le commerce ? J’ai eu une boutique. J’aimais lire ? Je me suis mis à écrire ! Autant de réactions très logiques, dans mon optique.

Mes causes directes : ainsi que je l’ai dit plus haut, une sérieuse maladie des yeux qui m’a forcé à me recycler. De là, j’ai végété plusieurs années. Et cela aurait pu durer encore sans l’aide d’un ami à moi, rencontré auparavant dans le monde du cinéma : Jean Rollin, que je ne remercierai jamais assez, et qui a été le premier à me faire confiance en me publiant au Fleuve Noir, où il était devenu directeur de collection.

Pourquoi avoir choisi le métier d'écrivain? Quel regard portez-vous sur
les membres de votre profession?

Là aussi, je crois avoir déjà répondu. En ce qui concerne mes collègues, hommes et femmes, je persiste et je signe. Notre milieu gagne en chaleur et en convivialité ce qu’il perd peut-être en decorum. Bref, c’est bigrement agréable d’en faire partie. Chez nous on ne se tire pas dans les pattes, on s’entraide ! De quoi rêver, non ?

Comment vous vient l'inspiration? Etes-vous du style à écrire à toute heure
suivant l'inspiration, ou vous réservez-vous des plages pour écrire?

LA VOILÁ ! La question que je redoute toujours, dans les conférences, interviews ou entretiens scolaires… parce que je suis incapable d’y répondre ! D’où me vient mon inspiration ? Eh bien, pour être franc je ne le sais pas, et j’évite ( comme dans la fable de la poule aux œufs d’or ) de trop me poser la question. C’est un phénomène que j’accepte avec humilité et reconnaissance. Parfois c’est comme si une petite voix chuchotait à mon oreille, pour me dire ce que je dois écrire. L’ennui avec les choses dont on ignore l’origine, c’est qu’on ne peut les reproduire à volonté. De là à craindre que la source se tarisse, il n’y a qu’un pas… que je n’ai pas encore franchi heureusement ! Plus sérieusement, je pense que pour faire mon métier, il faut une certaine aptitude à tourner les phrases, à assembler les mots. Mais avant tout de l’imagination. C’est elle qui, a partir d’un événement banal, d’une simple association d’idée, d’un entrefilet dans la presse ou d’un hasard dans la rue gratte la petite allumette qui met le feu aux poudres. Là où d’autres ne verront rien qu’un fait divers sans importance, tout une histoire va commencer à s’échaufauder dans votre tête, parfois quand vous l’attendez le moins.

On peut considérer ça comme un don de la nature. Il fallait bien que j’aie quelque chose… moi qui suis incapable de planter un clou ou de poser un lai de papier peint !


Que pensez-vous d'internet?

Internet, c’est comme les langues d’Ésope : à la fois le meilleur et le pire, selon ce qu’on en fait. Pour moi, je suis un convaincu et j’ai longtemps attendu de me connecter. Avant c’était trop cher, en outre je tenais absolument au haut débit, c’était ça ou rien. Malgré ma soixantaine, je reste un accro des techniques nouvelles, depuis l’électroménager jusqu’à l’audiovisuel. L’énergie électrique, l’automobile, le téléphone, le lave-linge, la télévision, le portable : autant de choses qui ont bouleversé notre quotidien, ainsi que notre confort. Qu’on les apprécie ou non ne compte pas, car il est impossible de revenir en arrière. Il y avait la vie AVANT, il y a la vie APRÈS. Ainsi en est-il d’Internet, comme de l’ordinateur, de la photo numérique ou du support CD / DVD. Puisqu’ils sont devenus incontournables, mieux vaut en profiter et apprendre à en tirer le meilleur part, sans oublier toutefois le côté essentiel des VRAIS rapports humains. Internet, symbole de progrès, doit être au service de l’individu, et non le contraire. Lui faciliter l’existence et non la dévorer. Plus facile à dire qu’à faire, dans la pratique !

Pour ma part, j’y gère mes comptes bancaires, je communique par mails avec plein de personnes, je me renseigne sur plein de sujets, j’achète des objets dans le monde entier, que je paie en ligne. N’empêche que ma découverte ne s’est pas faite sans remous. Ma première connexion a duré près de trois mois, pendant lesquels j’étais incapable d’écrire, fasciné par l’univers que je découvrais. Un univers dont je sentais qu’il pouvait aussi être source d’inspiration, de documentation, mais encore outil de travail. Car il est rarissime à présent que j’adresse un de mes manuscrits par la poste !

Aujourd’hui encore, la concurrence persiste. Je sais que j’y passe trop de temps… un temps que je n’utilise plus à rédiger mes romans - d’où une baisse sensible de ma productivité.

Devrai-je me faire interdire d’Internet, comme d’autres se font interdire de casino ?

L'édition électronique présente-t-elle à vos yeux une réelle opportunité
pour les jeunes écrivains?

Êtes-vous de ceux qui y voient un profond renouveau du livre, ou au
contraire restez-vous persuadé que rien ne remplacera ce fabuleux objet
qu'est le livre?

Là-dessus je n’ai guère d’opinion, car je connais mal le problème. Le tout est de savoir ce qu’attend le jeune écrivain en question. Simplement d’être lu par les autres, sans idée de rémunération ? Ça peut être vrai au début. Mais très vite on constate une réalité : être écrivain ( du moins au sens où je le suis moi-même ) c’est aussi gagner sa vie avec sa plume ( ou avec sa souris, de nos jours ! ). Quitte à choquer où à décevoir, je considère qu’on devient écrivain au plein sens du terme le jour où un certain nombre de personnes est prêt à payer pour lire vos ouvrages. C’est comme ça, on n’y peut rien. Les gens méprisent ce qui est gratuit ou, au mieux, n’y prêtent que peu d’attention. L’argent reste un critère essentiel, un étalon de mesure en quelque sorte. Et je ne suis pas sûr que l’édition électronique réponde aux critères suffisants en la matière… mais encore une fois, je ne suis pas très au fait de ces choses, je n’en ai pas eu besoin jusqu’à maintenant. Une chose est sure, en tout cas : dans la photo comme ailleurs, j’ai toujours eu un esprit professionnel ( Il le faut : un artiste est tout de même censé vivre de son art ! ). Aussi j’ai toujours rentabilisé mes romans ( quitte à dépanner gratuitement un copain, une association ou une bonne œuvre, ça n’a rien à voir ! ). Et si un jour plus personne ne voulait m’acheter mes oeuvres… eh bien j’arrêterais d’écrire, purement et simplement !

Pouvez-vous nous parler de votre dernier projet de livre ?

L'histoire vous est venue comment ? Quel est le titre provisoire ?

Le livre sur lequel je travaille actiellement s’apelle MA COPINE, CE VAMPIRE. À bien y réflechir, je crois qu’il m’a été inspiré de façon lontaine par la vision d’un téléfilm nommé LE CALICE DE JADE. Dans cette histoire, un superflic qui ne travaille que la nuit se rélève être un vampire. Simplement il est passé du côté de l’ordre et défend les humains au lieu de s’en nourrir. Je me suis dit que l’idée pouvait être retravaillée pour le jeunesse : pourquoi les vampires ne seraient-ils pas présents partout, autour de nous, sans que nous le sachions ? Mais des vampires évolués, << intégrés >> en quelque sorte ( le mot est d’actualité ! ). Ils ont décidé de vivre au milieu des mortels, dans le secret bien sûr mais en bonne entente. Des produits de synthèse remplacent pour eux le sang nourricier, et leurs pouvoirs exceptionnels peuvent se révéler bénéfiques, quand on les emploie dans le bon sens. Ma deuxième référence ( excusez-moi du peu ! ) serait ROMEO ET JULIETTE. Car mon jeune héros va rencontrer sans le savoir une petite vampire de son âge, et tous deux vont tomber éperdument amoureux. Un amour qui ne finira pas tragiquement, on s’en doute, mais sera contrarié par tout ce qui sépare les familles respectives : origines, culture, folklore mais aussi position sociale ( le père vampire est richissime, les parents de mon héros de condition modeste… et même un peu étroit d’esprit ). Comme dans la quasi totalité de mes livres, le parallèle s’établit aisément avec les authentiques problèmes de la vie réelle. J’aime à penser qu’on peut ainsi écrire un récit distrayant avec du suspens, sans pour autant exclure une certaine réflexion après coup. Ma conclusion, une fois encore, sera de privilégier le dialogue, la compréhension, l’ouverture d’esprit et la tolérance.



Lequel de vos livres, considérez-vous comme le plus abouti ?
Quel est votre personnage préféré parmi tous ceux que vous avez mis en scène dans vos romans et récits ? Et pourquoi ?



Le plus abouti de mes livres, ou LES plus aboutis, sont forcément ceux où j’ai pu aller le plus loin dans la démonstration de mes convictions intimes, sur la vie et sur les gens. Où je suis arrivé à les intégrer au mieux sous forme d’arrière-plan, tel le filigranne dans un billet de banque. À ce titre, j’évoque tout de suite ma série de LA BRIGADE DES SPECTRES. Sans doute ce que j’ai fait de plus ambitieux à ce jour, mais aussi de plus éprouvant, parce que j’ai voulu y mettre plein de choses ( trop, peut-être ? ). Derrière ces neuf histoires de chasseurs de fantômes se cachent en fait mes sentiments les plus profonds, mes craintes, mes questions et mes espoirs par rapport à la survie de l’âme, à cette éventualité de retrouver un jour les êtres que la mort nous a pris. Y a-t-il un au-delà ? Un paradis pour les bons et un enfer pour les méchants ? Et si oui, les critères de sélection sont-ils les mêmes que sur terre ? En bref, existe-t-il quelque part cette justice ultime que nous recherchons souvent en vain ici-bas ?

En outre j’ai émaillé ces récits de nombreuses expériences vécues, bien concrètes celles-là. Mes souvenirs sur les tournages de films, en tant que photographe de plateau. Sur le petit commerce et ses problèmes parfois dramatiques. Sur la photographie << à l’ancienne >> avec chambre et châssis en bois, prises de vues grand format sur plaques de verre, et aussi sur une certaine photographie de reportage, sur ces images choc publiées à la une des grands magazines, dans un esprit pas toujours très sain.

L’un des trois héros récurrents de cette série se nomme Mortix - sans conteste le personnage où j’ai mis le plus de moi-même. Après la mort accidentelle de sa fille unique, ce chercheur réputé s’est remis en question. Il s’est retiré dans un monastère thibétain pour y étudier la philosophie zen et les arts martiaux. De retour dans le monde, il utilise son immense fortune pour venir en aide à toutes les victimes de phénomènes de hantise. En fait, son but inavoué est de prendre contact avec les esprits errants, parmi lesquels il espère retrouver celui de sa fille. Avec en outre un sentiment de culpabilité : les risques qu’il fait ainsi courir au petit couple d’ados qui le seconde dans ses différentes missions.

Mais il y a d’autres livres dont j’ai envie de vous parler, car je crois les avoir réussis. Par exemple MOI MÉPHISTO, paru chez Grasset / Lampe de Poche. Un essai de découverte du monde à travers les yeux d’un de ces chats qui me fascinent. L’histoire, en arrière-plan, n’est pas innocente non plus : papa et maman se séparent, car l’étranger qui a séduit maman se révèle en fait un véritable sorcier. Pourtant la malédiction terrible qu’il lance sur mon jeune héros va finalement se retourner contre lui, en cela qu’elle amène le couple en crise à resserrer les liens autour de son enfant en danger, obtenant ainsi l’effet inverse. Le mal pris à son propre piège, en quelque sorte !

Quitte à paraître immodeste, je suis assez fier aussi du scénario de TROISIÈME GALAXIE AU FOND DU PLACARD ( paru voici plusieurs années chez Hachette / Collection Vertige Science Fiction… J’ignore si on le trouve encore ) Passionné de littérature et de SF, Romain va découvrir que Les Héritiers du Cosmos, sa série favortite, n’a rien d’imaginaire. Si elle sonne aussi vrai, c’est que les aventures décrites sont bel et bien survenues, quelque part au confin des galaxie, et que l’auteur n’est autre qu’un authentique extraterrestre. En voulant l’espionner, Romain se trouve aspiré dans son sillage jusque sur une planète lointaine. Bref, il devient l’un des personnage de ces livres qu’il a toujours adoré, et le fait de les connaître par coeur va lui conférer une expérience assez efficace pour se tirer des situations les plus périlleuses… au point de sauver la vie de sa propre idole, Varl le limier de l’espace ! C’est un peu l’histoire du serpent qui se mord la queue. Au-delà d’une intrigue haletante, je crois avoir atteint mon but : poser des questions sur les limites entre réalité et fiction.

D'où puisez-vous votre inspiration, tranches de vie…faits divers, ou totale imagination, car voyant la fréquence de publication des ouvrages il est indéniable que vous êtes très prolifique. Peut être aviez-vous tout cela au fond de vous-même depuis des années ?

Oh, vous savez, j’ai volontairement ralenti mon rythme de parution depuis quelque temps. Il est vrai qu’au début, j’ai mis les bouchées doubles. Comme le fait un homme de 50 ans parachuté par le destin dans une nouvelle branche où il a tout à prouver, mais aussi tout à découvrir. Une branche qui me passionnait, en outre. J’ai donc enchaîné les publications, notamment avec la Brigade des Spectres. À cette époque, j’en préparais un tout en écrivant un second et relisant les épreuves d’un troisième, prêt à partir chez l’imprimeur. Le tout à une cadence un peu excessive à mon goût. D’où le relatif confort que je m’octroie actuellement…

Mais oui, j’ai toujours étayé mes récits, si fantastiques soient-ils, de souvenirs personnels ou d’éléments puisés dans la vie réelle. Mes personnages sont souvent inspirés de gens que j’ai vraiment connus, ou parfois simplement croisés. Ainsi, dans LES BRASIERS DE L’ENFER, ma petite médium << revit >> en transe la mort tragique d’un jeune soldat de la première guerre mondiale, écrasé par un tank allemand en portant secours à son supérieur. Ça n’est pas par hasard que je l’ai appelé Kléber, mais en hommage au frère cadet de ma grand-mère, disparu dans ces mêmes circonstances et que je n’ai jamais connu autrement qu’en photo, précieusement conservée. Dans TROISIÈME GALAXIE AU FOND DU PLACARD, Allison la copine de mon héros a l’habitude de dire << Yark ! Yark ! >> Ce qui bien étonné la fille d’un de mes meilleurs amis, quand elle s’est reconnue ( Et bien fait rire son père ! ). De même mes clochards, figures récurrentes dans mes histoires, sont copiés sur Bébé Rose, comme nous le nommions mes camarades et moi en le poursuivant dans la rue pour nous moquer de lui. L’enfance a de ses cruautés ! Jusqu’au jour où nous avons appris qu’on l’avait trouvé dans les bois, mort de froid, nous laissant à tous des remords tardifs !

On pourrait multiplier les exemples de ce genre. L’essentiel de cette démarche, c’est de planter un cadre bien réel peuplé de personnalités crédibles. Un cadre qui ne deviendra que plus angoissant lorsque je choisirai d’en faire exploser les limites.

On peut remarquer que chaque roman n'a pas la même maison d'édition, pourquoi ?

Mes six premiers romans sont tous parus au Fleuve Noir. Je m’y sentais bien et ne voyais aucune raison de changer. D’ailleurs je ne connaissais alors presque personne dans le monde de l’édition. J’achevais un septième roman… quand la collection s’arrêta brutalement au bout d’un cinquantaine de volumes. Je meretrouvai alors avec mon manuscrit et plus personne pour l’éditer ! C’est une des raisons pour laquelle mes ENFANTS D’HALLOWEEN ( évoqués plus haut ) me sont toujours restés sur les bras. Fort de cette expérience, j’ai décidé que ça ne se reproduirait plus. J’ai multiplié les contacts amicaux avec divers éditeurs présents dans les salons où l’on me conviait - aidé en cela par des collègues plus anciens que moi dans le métier ( Quand je vous disais qu’on s’entraide, chez nous ! ) La fameuse Gudule a notamment été pour moi plus qu’une maraine, disons une bonne fée. Et nombre de mes romans ont été publiés à la suite d’une recommandation de sa part… Merci, Gudule, j’en profite pour t’embrasser !

En outre chaque éditeur a un peu son style, un type d’ouvrage qu’il recherche à priori. Dans l’ensemble je connais leurs goûts. En fonction du livre que j’ai à placer, je le destine à l’un plutôt qu’à l’autre. Si le premier ne le prend pas, je le propose ailleurs. Plusieurs de mes livres, prévus pour un certain éditeur, ont ainsi abouti chez un autre. L’important c’est qu’ils soient publiés, en fin de compte. Ce qui ne serait pas forcément le cas si je travaillais avec un seul interlocuteur.

En principe, ça ne gêne pas les éditeurs, au contraire : pour eux, c’est gratifiant d’avoir à leur catalogue un auteur publié un peu partout !

Quelles sont les démarches pour un jeune auteur pour se faire publier ? Et comment cela c'est passé pour vous ?

Mon premier conseil va paraître bateau, pourtant il reste incontournable : il faut envoyer ses manuscrits dans les maisons d’éditions, et recommencer sans se lasser si ça ne marche pas du premier coup. Mon CAMÉSCOPE FANTOME a été refusé chez deux petits éditeurs ( j’étais inconnu alors )… pour aboutir finalement chez MAGNARD ( éditeur dont le sérieux et la notoriété ne sont plus à faire ) où il a connu un succès non négligeable ( second au prix de la PEEP, proposé dans divers catalogue de vente par correspondance dont France Loisirs ). Tirez-en vos conclusions et, surtout, n’imaginez pas que votre manuscrit sera jeté au panier. Il sera lu, au contraire. Bon, si la prose est vraiment mauvaise, je ne promets pas qu’il sera lu JUSQU’AU BOUT… Mais vous avez toutes vos chances, même s’il nécessite certaines retouches qu’on vous suggéra alors. Courage et persévérence : voilà les mots clés. Le monde de l’écriture de jeunesse, notamment, reste très ouvert, on y accueille volontiers de nouveaux talents. Les salons sont nombreux, à la mesure d’un vaste marché toujours demandeur. Fréquentez-les, si vous en avez l’occasion, on y rencontre plus facilement des représentants des différentes maisons d’édition. Une personne avec qui vous avez échangé quelques mots, sympathisé peut-être, accueillera plus volontiers l’ouvrage que vous enverrez quelques jours plus tard, en rappelant votre conversation. À ce titre, le plus important de tous se tient début décembre à Montreuil, à côté de Paris. Il est incontournable pour tous ceux de la profession.

Pouvez-vous nous raconter quelques anecdotes sur vos précédents livres ?

J’en ai des tas ! Quand j’interviens dans une classe, on a du mal à m’arrêter. Mais ici, dans ces lignes où je me suis déjà montré si bavard, limitons-nous à deux ou trois exemples.

TROISIÈME GALAXIE AU FOND DU PLACARD : Depuis des mois, mon ami Denis Guiot, alors directeur de collection chez Hachette, me pressait de lui écrire un roman de la SF. Mal à l’aise dans le genre, j’essayais en vain de lui trouver un sujet. Un an se passa de la sorte et je me rendais au salon de Montreuil ( évoqué plus haut ) C‘était la première fois que j’allais dédicacer pour des jeunes, j’avais un peu le trac. Je me disais : << Et si aucun ne venait ? Si je me retrouvais tout seul sur mon stand, comme un idiot ? >> Brusquement, une image s’est imposée à moi : un auteur qui dédicaçait à ma place, avec un masque blanc. Aussitôt je me pose la question : Pourquoi a-t-il un masque ? Et la réponse, du tac au tac : Parce qu’il dissimule son visage. Le visage d’un extraterrestre en visite sur la Terre. Et pourquoi un extraterrestre écrirait-il de la SF ? Parce que c’est facile pour lui, il n’a en fait aucune imagination et raconte juste sa vie quotidienne. Celle d’un limier de l’espace qui cherche à piéger son ennemi juré, le plus grand criminel de la galaxie.

Il était 13 h, je mangeais alors en solitaire dans un petit restaurant, avant de me rendre à ma séance de signature. Et - croyez-le ou non - l’intrigue de ce roman que je cherchais en vain depuis un an s’est inscrite dans ma tête en deux minutes, avec une totale précision. Deux heures plus tard je rencontrais Denis au salon, et il me donnait le feu vert pour la rédaction du livre !

LA BRIGADE DES SPECTRES : Dans mon premier volume, je décrivais une horrible pimbêche tyrannisant son compagnon. Sexy, pour ne pas dire allumeuse, elle s’aventurait dans la maison hantée, ne croyant pas aux fantômes. Celui-ci se manifeste pourtant… en lui mettant la main aux fesses et commençant à la déshabiller ! Deux minutes plus tard, elle ressort hurlante, avec juste sa petite culotte, et s’enfuit dans la rue sous les yeux des villageois hilares aux fenêtres. Je me suis dis : << C’est un peu trop, pour la jeunesse, ça ne passera pas. >> Eh bien, non, aucun problème. Pourtant, quelques mois plus tard, les mêmes éditeurs m’interdisaient une chope de bière commandée au comptoir par le maire de la ville. Motif : allusion à l’alcool. Comme quoi la censure ne vient pas toujours du côté où on l’attend !

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