Le Café des Amis
Identification ou Inscrivez-vous  ::  Accueil  ::  Votre compte  ::  Forums  ::  le
 
Au Menu
 Menu :

 Accueil

 Recommandez-nous

 Proposez un lien

 Proposez un Evénement du jour

 Soumettre un article

 Contactez-nous

 Chat au comptoir

Actualité :

 

 Cinéma

 

 Interviews

 

 Littérature

 

 Musique

 

 Galeries du Café

 

 Communauté :

 Archives par sujets

 Evénement(s)du jour

 Liens

 Sujets

 Quizz :

 

 Espace Membre (uniquement disponible pour les personnes inscrites) :

 Téléchargement

 Votre compte

 Messages privés

 Administration :

 Comptes Administrateur

 
 
Galeries
 
 
Interview de Pierre Serisier
Interview littérature

Réponses de Pierre Serisier à vos questions. Nous remercions encore Pierre pour sa participation et de bien avoir voulu perdre un peu de temps avec nous.

Si vous voulez rebondir sur ses réponses vous pouvez «cliquer» sur Commentaire et Ajout d'un commentaire et maintenant place à l'interview......



Le Saint :Quelles sont tes influences littéraire ? Quel(s) ont été le ou les détonateurs qui t'ont pousséà écrire?

Pierre Serisier :Comme beaucoup de gens de ma génération, nous avons d'abord été nourris au lait du Black Mask de Horace McCoy, Dashiell Hammet ou encore Raymond Chandler. Les thèmes sont ceux qui ont fondé le genre: enquêteur dur à cuire, légèrement alcoolique et cynique jusqu'à la racine des cheveux.Les Sam Spade, Philippe Marlowe ou Fossoyeur Jones constituent des archétypes pour le romans policiers, un peu comme Anna Karenine, les Ternardier ou Emma Bovary sont des personnages intemporels et géniaux.Etrangement, ce type est encore aujourd'hui utilisé et n'a pas épuisé toutes ses possibilités. On en trouve l'exemple dans le personnage de Smokey Dalton, héros de Kris Nelscott qui j'espère pouvoir un jour faire publier en France.
A cela s'est ajouté l'inclassable Jim Thompson qui reste, personnellement, comme le vrai révélateur de la littérature noire. Il y a tout chez Thompson, à commencer par cette donnée fondamentale: en créant l'Homme à son image, Dieu l'a doté d'une arme de destruction massive, son intelligence. Il y a dans les ouvrages de Thompson une mise en abîme de l'existence humaine qui prend sa source chez Dostoïevsky.Il faut garder à l'esprit l'admiration de Nietzsche pour le maître russe et voyait dans ses ouvrages les premiers romans policiers de l'Histoire.Pourquoi avoir décider d'écrire ? Je ne saurais vraiment répondre. Sans doute par besoin. J'ai le sentiment que c'était inévitable comme on glisse sur une pente. Parce qu'inventer des histoires et les raconter exige une grande tolérance à la frustration tout en offrant des moments de pure jubilation.



Phinou : Je voulais savoir pourquoi vous aviez écris un polar ds le milieu du foot,et plus particulièrement l'asse ? Quelles ont été vos raisons et avez vous reçu de l'aide ou information de certains joueurs ?

Pierre Serisier :Pour le choix de Saint-Etienne comme théâtre de l'action, c'est le hasard. J'étais supporter du club depuis mon enfance. Lorsque "Foot Polar" a été lancée, le directeur de collection avait opté pour deux clubs Lens et les Verts.
Nous nous sommes répartis les sujets. Il semblait logique que le livre sur Saint-Etienne devait me revenir.
Je n'ai reçu aucune aide ou information des joueurs. Il y a deux façons de procéder lorsque l'on écrit: la première est de mener soit même une enquête, de recueillir de l'information et ensuite, à partir du réel, de bâtir une fiction. La seconde est de s'appuyer uniquement sur son imagination et de réduire le plus possible la part de réalité. Par tempérament, cette méthode me convient mieux. Elle se rapproche de celle des auteurs américains des années 20 et 30 qui ne connaissaient pas grand-chose au monde des enquêteurs privés, mais s'étaient imprégnés d'atmosphères et avaient créé des personnages archétypiques.
Savez-vous que Chandler passait parfois plusieurs heures dans le hall d'un hôtel simplement pour en capter l'ambiance ?



Goom: Pourquoi avoir choisi le métier de journaliste? Quel regard portes tu sur les membres de ta profession ? Comment te vient l'inspiration? Es tu du style à écrire à toute heure suivant l'inspiration, ou te réserves tu des plages pour écrire?Que penses tu d'internet? (je sais c'est un vaste sujet )

Pierre Serisier :Alors dans l'ordre: il m'a fallu des années pour le comprendre mais le métier de journaliste a longtemps été une sorte de substitut à l'activité d'écriture. Je crois que j'ai embrassé cette profession (à moins que ce ne soit le contraire) parce que je voulais écrire, raconter des choses qui me traversaient l'esprit ou que j'avais réellement vues.Lorsque j'étais adolescent je suis allé demander un conseil à un vieux journaliste: "aimez-vous raconter des histoires jeune homme" me demanda-t-il en guise d'introduction. "Sinon faites autre chose. Mais raconter des histoires, c'est...c'est ce qui vous rend l'existence plus douce, c'est ce qui courbe la droite du temps et ralentit la vieillesse"
Le regard que je porte sur cette profession est neutre. Je dirai qu'elle est comme tous les autres corps de métier, peuplée de gens qui ont des qualités, des défauts, des ambitions, des craintes, des espoirs et des passions. Elle est souvent montrée du doigt pour deux raisons : d'un côté la fascination et de l'autre la jalousie.On est fasciné par ce métier qui ouvre des portes (bien moins que l'on ne croit en réalité) et l'on est agacé par ce privilège. Il y a quelque chose d'exaspérant à voir d'autres approcher des personnes célèbres ou dont l'opinion compte pour la collectivité. Cela est en fait une traduction de l'attraction pour le pouvoir. On voudrait s'en approcher et on soupçonne que cela salit.


Concernant l'inspiration, je ne sais pas que dire. Elle ne vient pas. Je ne la cherche pas. J'ai le sentiment qu'elle est là, en moi, et qu'il suffit que je m'en serve. En fait, je passe beaucoup de temps à regarder le bout de mes chaussures. Je vis avec des personnages. Leur identité se forge doucement au fil des jours sans que j'ai besoin d'écrire une seule ligne. Et lorsque tout cela a mijoté assez longtemps, je m'installe à ma table. L'histoire est là, elle n'a plus qu'à sortir.Le plus étonnant est que pendant cette période, se noue une trame, un récit qui n'a pas grand-chose à voir avec ce que j'avais en tête. Les personnages prennent leur propre existence et je me contente de les suivre, de rédiger leurs aventures. En fait, il vivent par eux-mêmes.

Quant à Internet: il faudrait des heures pour en parler. L'outil est en train de se démocratiser mais on ne dispose par encore des moyens techniques pour utiliser toutes ses potentialités. Je crois qu'à terme le virtuel va devenir quotidien. Des existences vont se faire par procuration. Je ne sais pas si c'est un bien ou un mal, mais il me semble certain que cela va transformer la relation de l'Homme au monde et la relation de l'Homme à lui-même. Cela fait un peu pompeux, non ?



enfert vert : en tant qu'écrivain amateur (mais vraiment amateur ! ), j'aurais aimé mieux connaître les voies (impénétrables ? ) du monde de l'édition.Mon essai se déroule dans le milieu des supporters stéphanois et plus particulièrement ultra. Je ne sais si un tel sujet peut intéresser une maison d'édition. Pourrais-tu partager ton expérience ?

Pierre Serisier : Aïe. La question à un million d'euros. Le monde de l'édition. Un panier de crabes. Des eaux profondes draguées par des requins dans lesquelles survivent quelques petits poissons. Un monde ultra-conservateur qui table sur les choses qui marchent. Et de petits éditeurs qui prennent des risques.Un monde fermé dont il faut apprendre peu à peu les codes de conduite. Un monde où le talent n'est pas toujours récompensé. Où il est même souvent ignoré. Un monde où les relations personnelles jouent une part non négligeable. Un monde à la fois ouvert et clos.


Tom7 : L'édition électronique présente-t-elle à vos yeux une réelle opportunité pour les jeunes écrivains ? êtes-vous de ceux qui y voient un profond renouveau du livre, ou au
contraire restez-vous persuadé que rien ne remplacera ce fabuleux objet
qu'est le livre ?


Pierre Serisier : Non l'édition électronique est un leurre. Il est impossible de lire 500 pages sur un écran d'ordinateur. Cela ne le serait pas plus sur un écran de télévision.
Le support papier est primordial, car souvent on lit allongé dans son lit ou sur son canapé. On lit, enfoncé dans sont fauteuil ou on lit assis dans le bus ou dans le train. On ne lit pas assis à son bureau.Les seuls ouvrages qui pourraient être lus de la sorte sont les rapports scientifiques, les études chiffrées, etc. Pas les romans. La fiction requiert une disposition générale, une ambiance, une atmosphère. Le papier n'est pas près de se faire recycler.



Goom :Boildieu, le journaliste enquêteur presente t'il des points communs avec toi? Serais tu efficace qu'avec un (ou plusieurs) verres de bordeaux bu(s)?Pour les personnages de la rédaction as tu pris des modèles que tu as rencontré lors des expériences journalistes?J'ai presque trouvé l'intrigue un peu simple, avec un peu de recul comment analyses tu ton livre? Que changerais tu dedans?

Pierre Serisier :L'alcool a toujours tenu une place centrale dans la tradition du roman noir. C'est une sorte de mode de vie, une loupe grossissante et déformante pour regarder le monde ou plutôt pour ne pas le voir car les périodes de sobriété sont trop cruelles.Hammet, McCoy, Thompson, Chandler, Lawrence Block, James Lee Burke, etc... ont tous été des alcooliques. Il y a un désespoir abyssal chez les auteurs
de romans noirs, une tendance au cynisme qui découle d'une vision souvent juste et profonde de la réalité. Je crois que si l'on contemple le réel tel qu'il est, on se trouve face à l'immensité dont parlait Pascal dans ses Pensées. Parce qu'ils écrivent des histoires s'inspirant clairement de la situation sociale, les auteurs de romans noirs ne peuvent pas faire autrement que de recréer un univers honorique.Leur meilleure protection est la schizophrénie.

Les personnages de "Verts comme l'enfer" ne sont pas réels. Ils sont caricaturaux. Ce sont des mosaïques. Leur caractère est composé de traits que l'on retrouve de manière plus ou moins fréquente dans cette profession.

L'intrigue est en effet très simple. Voire simpliciste. Je ne crois pas que ce sont les histoires alambiquées, compliquées à l'extrême avec des dizaines de rebondissements qui me plaisent. Je dirais qu'une histoire doit pouvoir se résumer en une phrase capable de contenir des personnages. Ce sont eux qui donnent son in térêt au roman.Pense à "Tandis que j'agonise" de William Faulkner. Le récit est celui d'un enterrement. Et le livre est l'un des plus remarquables qui ait été écrit au XXe siècle.

Je crois que je ne changerai pas grand-chose. Si j'avais la possibilité je ralentirai le rythme général. Je donnerai encore plus de place à Boildieu ainsi qu'au gardien du stade.



Eau : Quels sont selon vous tous les ingrédients d'un bon polar ?Quel est votre auteur favori (contemporain) de polars ?Avez-vous écrit autre chose que du polar et si non envisagez-vous de le faire ?Quel est celui de vos bouquins qui a remporté le plus de succès ?Vous imaginez-vous quitter votre métier de journaliste pour vous consacrer entièrement à l'écriture ?vous avez sans doute diverses occasions d'échanger avec vos lecteurs : quels sont les différents moyens de communication que vous utilisez, quel est celui que vous préférez et pourquoi ? Avez-vous déjà utilisé le dialogue en direct ? si oui qu'en avez-vous pensé ?Seriez-vous d'accord pour participer à un dialogue en direct avec les habitués du café des amis ?Quel est parmi les différents bouquins que vous avez écrits celui que vous me conseilleriez de lire en premier (en sachant que je ne suis pas une habituée du genre exception faite de James Hadley Chase que j'ai beaucoup lu il y a quelques temps) ?

Pierre Serisier : - Les ingrédients: un ou deux bons personnages. Solides, vivants, crédibles et surtout terriblement humains. Avec des faiblesses. Avec une intelligence
au-dessus de la moyenne.
- Mon auteur favori: très difficiles à dire. Peut-être Dennis Lehane ou Lawrence Block. Lorsque je lis une aventure de Matt Scudder (le héros de Block), j'ai l'impression de me voir vivre. Je vous conseille tout particulièrement "Huit Millions de Morts en Sursis" qui est ce que j'aurais aimé écrire.
- Oui j'ai écrit d'autres ouvrages. Un recueil de nouvelles "Ainsi Soient-Elles" et un roman "Harpo" qui est certainement la chose dont je rêvais depuis longtemps. Ce dernier ouvrage est (de l'avis de plusieurs lecteurs) très difficile d'accès et très déroutant. En avril doit paraître un polar intitulé "Nuit grave" qui est dans la veine de "Verts comme l'enfer". Ce dernier est celui qui a remporté le plus de succès. Les ventes doivent avoisiner les 5.000 exemplaires.
- Quitter le métier de journaliste: oui sans doute. Cela se fera sûrement un jour. Bien que cela me rattache au quotidien. Etre écrivain, c'est être souvent seul. On n'écrit pas tous les jours. De longues périodes sont consacrées à la seule maturation de l'oeuvre et à rien d'autre. Je crains de m'ennuyer bien que je passe le plus clair de mon temps à penser à mes personages.
- J'aime bien parler face à face avec les lecteurs. Directement. Les écouter et leur raconter d'autres histoires, d'autres anecdotes, échanger des points de vue sur d'autres lectures, d'autres auteurs. Concernant le dialogue en direct je pense qu'il s'agit de "chat". Je connais cela très mal car j'ai été obligé de prendre en marche le train de l'informatique. Je ne suis pas sûr que je serai parfaitement à l'aise car il me semble qu'écrire et parler sont deux choses différentes. Ecrire du langage parlé nécessite un apprentissage. Cela dit, je veux bien "chater".
- Si vous voulez découvrir le genre noir, je ne vous conseillerai pas un de mes ouvrages. Mais essayez ceux-ci:
"1275 âmes" de Thompson.
"Mystic River" de Dennis Lehane.
"La Danse de l'Ours" de James Crumley.
"Le Silence des Agneaux" de Thomas Harris ou "La Reine des Pommes" de Chester Himes.


Cordialement
Pierre
Proposé par : Administrateur
 
 
Liens connexes
· Plus à propos de Interview littérature
· Nouvelles transmises par Administrateur


L'article le plus lu à propos de Interview littérature:
Interview de Pierre Serisier

 
 
Article Rating
Average Score: 3.66
Votes: 3


Please take a second and vote for this article:

Excellent
Very Good
Good
Regular
Bad

 
 
Options

 Format imprimable Format imprimable

 
 
Sujet(s) associé(s) à l'article

Interview littérature
 

:: noteBored phpbb2 style by boo :: PHP-Nuke theme by www.nukemods.com ::



PHP-Nuke Copyright © 2004 by Francisco Burzi.
Logiciel gratuit que vous distribuer librement en respectant la licence GPL.
PHP-Nuke et distribué sans aucune garantie, pour plus de détails veuillez consulter la licence. phpnuke-europe pour la France

Les commentaires quand à eux, sont sous la responsabilité de ceux qui les écrivent. Tout le reste © 2000 by Café Des Amis.
page générée en 0.23 S