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duel mondain
Nouvelle
Si il y a bien une chose de triste actuellement, c’est qu’on ne sait plus se battre dans la joie et la plénitude d’antan. Nous sommes devenus des guerriers rustres et malpolis.

D’ailleurs, maintenant, on envoi sur la gueule de son ennemi soit des roquettes, missiles ou autres grenades sans connaître la personne en face qui, de plus, ne vous a rien fait personnellement.
L’être humain que vous venez de trucider allègrement était-il père de famille ? Aimait-il le tiramisu ? Faisait-il du ping-pong ? Puait-il des pieds ? Impossible à savoir maintenant qu’il est mort. Je le concède, pour les pieds c’est facile à vérifier, il suffit de lui retirer sa chaussure. Le plus difficile sera de retrouver le chapelet d’orteils surmonté d’un bout d’os, je suis bien d’accord. Mais un petit effort de votre part serait le bienvenu, humainement parlant.

C’est pourquoi j’ai décidé de vous relater cette petite historiette de duel qui date, tout de même, du 18 septembre 1758. Au moins, en ce temps là, on savait s’occire, certes, mais dans la bienséance qui sied à un bon gentleman digne de ce nom.

La veille, c’est à dire le 17 septembre 1758, Frédéric De Entredeuguerre, vicomte de son état, a un rendez-vous galant avec dame Cunégonde De Lagrossejatte. Ils doivent se rejoindre à 10h00 du matin sous le gros hêtre centenaire à l’orée de la forêt du bois Joli. C’est un rendez-vous adultérin, car n’oublions pas que dame Cunégonde a pris en épousailles il y a six mois à peine le baron Louis De Laporte-Entrebaîllée. En bon cocu, ce dernier ignore évidemment tout des sournoiseries abjectes de sa délicieuse épouse.

Physiquement, Cunégonde est dans les canons de son époque. Un mètre de hauteur, un mètre de largueur et un mètre de profondeur. Elle a son nez de travers qui respire son oreille droite et un joli minois vérolé ; des yeux qui se disent merde, l’un regardant le front et l’autre les genoux. Certaines mauvaises langues la surnommeront « le mètre cube ». D’autres, plus vulgaires, l’affubleront du sobriquet de « bouboule ».

Mais l’amour n’a ni d’yeux ni d’oreilles et ils s’aimaient follement. C’est ainsi que vers 10h00, deux êtres s’enlaçaient sous l’hêtre. Le tableau est magnifique : ajoutez-y les oiseaux qui beuglent, les écureuils qui blatèrent et les limaces qui gluacent. Mais il faut bien le dire, leur amour n’était pas consommé entièrement. Juste des gouzi-gouzi, des guili-guili, des pouët-pouët mais pas de tagada tzouin-tzouin. La cause en était simple : cette maudite ceinture de chasteté. Le vicomte n’avait pas la bonne clef et Cunégonde n’avait pas la bonne serrure. Mais Frédéric De Entredeuguerre , aujourd’hui, avait décidé d’en finir avec cette barrière qui les frustraient et pour enfin donner une pleine mesure à leurs ébats respectifs.

En homme pratique, il avait pris un baril de poudre pour enfin faire sauter le barillet. Il avait bien pensé, au départ, de se munir d’un bâton de dynamite mais , au grand dame de ce monsieur,elle n’était pas encore inventée. Il écarta délicatement les jambes de sa douce aimée, y inséra entre celles-ci le baril comme il pu et y enfonça une mèche (dans le baril, hého, vous avez l’esprit mal placé vous), et mit le feu à cette mèche. A peine une minute plus tard, un grand « boum » fut perçu dans les trois lieues à la ronde. Quel ne fut pas sa surprise de ne plus apercevoir sa Cunégonde. Elle n’était plus là. Quoique, une fois ses esprits retrouvés, il se rendit vite compte qu’elle était encore là. Mais éparpillée. Un pied dans un arbre, un bras dans un autre, une main dans les buissons, le foie dans les myrtilles. Je ne vais pas vous faire ici une énumération complète et qui de toute façon n’apporterait rien d’autre à cette histoire que de vous embrouiller. Pour simplifier, je dirais qu’il y avait bien plus de 800 morceaux. Mais le vicomte Frédéric De Entredeuguerre, c’était aussi un maniaque et un méticuleux. Il décida de réunir les morceaux de chair pour les recoller et enlacer son amour une dernière fois, la larme à l’œil et la frange tombante sur le front.

C’est à ce moment là que Louis De Laporte-Entrebaîllée fait son apparition à l’orée de la forêt du bois Joli. Evidemment qu’il n’est pas loin du hêtre centenaire, pensez bien que si il est à l’autre bout de la forêt c’est pas la peine d’en parler. Il est là, comme presque chaque jour, pour y assommer quelques champignons ou y cueillir les bichettes distraites. C’est au détour de quelques boqueteaux qu’il tombe nez à nez avec Frédéric De Entredeuguerre. Il est assez surpris de le voir manipuler des bouts de viande innommable. Il n’ose rien dire. Mais, en levant la tête, il remarque un œil qui pendouille doucettement sur une branche de ce fameux hêtre , œil balancé par ses ligaments grâce à l’intervention d’un petit vent farceur de fin d’été . Il reconnaît ce bleu cristallin et un frisson traverse son dos. Il ose une question, la torpeur au ventre :

Louis : « Bonjour mon brave. Excusez-moi de vous déranger, mais ne serait-ce point une partie délicate de ma mie qui brinqueballote de la sorte sur cet honorable arbre séculaire? ».

Frédéric : « Excusez ma grossièreté, je ne me suis pas présenté : vicomte Frédéric De Entredeuguerre. Pour répondre à votre question, si je puis me permettre, et comme vous êtes le baron Louis De Laporte-Entrebaîllée, veuillez croire, monsieur, en mes condoléances les plus sincères. ».

Louis : « Je suis très touché et ému de votre délicatesse. Mon chagrin est immense. Vous et ma Cunégonde étiez amant ? ».

Frédéric : « Pensez donc. Je suis un vrai gentleman et loin de moi l’idée de me défiler. Et bien oui, mon cher Louis, vous étiez cocufié. Mais vous aviez posé cette maudite ceinture de chasteté qui nous causa bien de l’embarra. »

Louis : « Je m’en excuse bien bas. Mais ne pensez vous pas, loin de moi l’idée de vous vexer, y avoir mis une charge un peu trop forte pour faire sauter cette ceinture de chasteté et , pour ainsi dire, me cocufier à qui mieux mieux ? ».

Frédéric : « Vous avez mille fois raison. Mon empressement à rendre les honneurs à votre charmante dame m’a fait perdre tout sens logique. Je ne le ferais plus, je vous le promet. ».

Louis : « Comprenez que de la sorte mon honneur est mis en jeu. Je vous défie donc, demain à 8h00 , route de l’abbaye, dans le petit champ situé derrière le numéro 910 pour un duel en bonne et due forme » .

Frédéric : « Je vous comprend. A votre place, je ferais pareil. J’ai bien pris note. Ma bonne éducation me dit que je vous laisse le choix des armes. Voyez : je suis fair-play ! »

Louis : « Certes ! j’en attendais pas moins de votre part. Que pensez-vous d’une fourchette à huîtres comme arme ? »
Frédéric : « Je vois que monsieur est connaisseur. Ca ne se fait plus beaucoup, mais pourquoi pas ? Allons y pour la fourchette à huîtres. ».

Rendez-vous fut pris. Et le lendemain matin, chacune des parties étaient bien présente et affublées de son témoin comme il se doit. Le brouillard était à peine dissipé. Il faisait encore frais. Tout le monde avait son habit du dimanche. Le croque-mort se frottait les mains. Louis et Frédéric pensaient-ils à Cunégonde ? Certainement. Le tableau était magnifique : ajoutez-y les chiens qui pullulent, les cerfs qui croassent et les girafes qui miaulent.

Louis : « Bien le bonjour. Il fait un peu frais pour la saison, vous ne trouvez point ? »

Frédéric : « Je vous salue également mon bon Louis. Votre grande perspicacité météorologique m’étonnera toujours. Vous êtes un érudit de haut vol, croyez moi bien . »

Louis : « Comment va votre mère, dame Simone De Etdeufonquat ? Elle me semblait bien souffreteuse lors de sa dernière visite. »

Frédéric : « Merci de vous enquérir de sa santé. Ce n’était qu’une petite grippe passagère. Maman est toujours d’une grande santé et se remet très vite. Mais il me semble que vous même avez un peu forci ces derniers mois ou me trompe-je ?»

Louis : « Certes ! C’est que ma douce Cunégonde était une fine cuisinière. Son faon bouilli au miel et à l’ail était un véritable délice digne de l’olympe. »

Frédéric : « Oui et j’y ai goûté plus qu’a mon tour ».

Louis : « Au fait, je me suis permis d’effectuer un petit changement. Dans la précipitation de vous faire passer à trépas, j’avais pensé de prime abord à la fourchette à huîtres. Hélas, c’était sans penser que mon emploi du temps est relativement surchargé de ces jours-ci. C’est une terrible étourderie de ma part. De se fait, et pour aller plus vite, il serait mieux pour nous deux que le choix se porta sur le mousquet. »

Frédéric : « Comme je vous comprends. Un duel à la fourchette à huîtres ça prend bien deux heures avant que l’adversaire soit enfin mort. Ah, comme moi, vous n’êtes pas sans savoir que nous vivons dans un monde pressé et hélas, je le redoute fort, les bonnes manières se perdent. Nous devons tout faire vite à présent. Allons-y pour le mousquet, c’est votre duel après tout ! De plus, j’ai laissé une casserole de lait sur le feu dans mon castel, donc ça m’arrange très bien. »

Louis : « Tout va trop vite, oui. Rendez-vous compte, maintenant il faut à peine 8 jours pour faire Paris-Bordeaux. C’est hallucinant. ».

Frédéric : « Si ça se trouve, un jour, quelqu’un ira marcher sur la lune ! »

Louis : « N’exagérez pas ! C’est comme si moi je prédisais que les américains allaient débarquer sur les plages de Normandie le six juin 1944. Soyez raisonnable et ne me racontez plus de diableries ! ».

Frédéric : « C’est vrai. Je dis n’importe quoi. L’être humain n’ira jamais aussi loin. Je crois que dans l’avenir les hommes et les femmes seront doux et bienveillants envers leurs semblables… ».

Louis : « Bon. On parle, on parle, mais c’est que j’ai pas que ça à faire moi. Si nous en venions aux faits ? »

Frédéric : « Allons y. Et quoi qu’il arrive je vous fait mes adieux. »

Louis : « Moi de même. »



BLAM ! BLAM !
Proposé par : phil
 
 
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