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NouvelleLa première nouvelle de Snakeloup publiée sur le site est un sommet, au sens propre, de littérature.

On marchait depuis des heures, les sommets enneigés nous surplombaient de leurs masses haltiêre. Là haut le vent se déchainait en grand tourbillon, emmenant avec lui des hectares de glace, il formait dans l'air comme de la buée autour de ces géants qui nous épiait. Ça fais combien de temps que je ne sens plus mes pieds? Et nous continuions pourtant à marcher. Ce diable d'homme! Il se dressait non loin devant moi, sa silouhette mince se découpant contre le ciel trop bleu. Il voulait vraiment soumettre ce sommet? Décidement il ne cessait de me surprendre depuis que je l'avais rencontré, à peine quelques mois plus tôt.

Hiver, le mois de Mars débutait, et pourtant on ne sentait pas encore dans l'air le redoux tant annoncé. Dehors, la neige jouait avec le vent qui la soulevait en nuée de flocon, tandis que dans l'âtre crépitaient joyeusement quelques billots. Je remarquais le tendre ballet des névés, dansant dans le vent au rythme des bûches, mais l'autre personne dans la pièce ne s'en rendait pas compte. En effet mon père se tenait, comme à son habitude dans son fauteil, près de feu, la pipe aux lêvres, tirant de larges boufées qu'il envoyait valser au plafond ou qu'il exhalait pour embaumer le livre qu'il tenait dans ses mains. Ses vieilles lunettes d'écailles, reflétant les bondissements sauvages du foyer, cachaient ses yeux fixés sur les pages jaunis qu'il parcourait.
J'étais, quant à moi, installé à la table de travail, en face des fenêtres aux lourdes croisées par lesquelles je regardais le vent jouer. Nous nous apprêtions à passer une autre de ces nombreuses soirées si semblables depuis la mort de ma mère, papa goûtant le silence, brisé de temps à autre par les éclats d'une braise, et moi, encore juvénile, observant cet homme serein en classant les affaires de la journée.

Des coups ébranlèrent soudain la porte, trop régulier pour être le vent, je lançais un regard interrogatif à mon père, son expression me suffit! Je me levais donc et allais ouvrir.
A peine eus-je entrouvert la lourde membrure de l'huis, que le vent s'engouffra pas l'ouverture, poussant devant lui nombreux flocons et un homme apparement blanc. Je veux bien que ma maison soit accueillante, mais pas au point de laisser les démons aériens taper la sarabande dans le hall ou le salon. Et nous eûmes bien du mal, tous deux ensemble, à repousser dehors ce monstre grinçant qui menaçait d'envahir mon logis de ses trépidations déchaînées.
-“Qu'est ce que c'est?” appela une voix depuis le salon.
-“Un visiteur, père” répondis-je en me tournant vers cet invité impromptu, qui achevait pour lors de se dépoussierer de cette carapace blanche, récoltée au cours de sa virée nocturne. Comment diantre se trouvait-il là? Il faut dire que cette bâtisse, construite sous Charles II, se trouve au milieu de cottages, construite de murs épais, environnée de forêts et loin de la route. Le repère idéal pour les amateurs de chasse à cours... ou pour les 2 misanthropes que nous étions, papa et moi. Or donc, cette baraque, échut à mon père en remerciement de ses multiples services envers sa très glorieuse majésté, et devint naturellement notre repère après quelques années passées en ville.
J'émèrgeait brusquement de ces rêveries bucoliques en constatant que cet homme, maintenant débarassé de son emcombrante couche de givre, cherchait visiblement où déposer son chapeau et son manteau. Donnez, je les prends, ne vous inquiétes pas, je vous les met à sécher, oui monsieur, par ici je vous pris. On peut être misanthrope et avoir tout de même quelques usages, non?
-“Merci, mon jeune ami” furent les premiers mots que j'entendirent. Il parlait avec un accent latin assez prononcé, Italien probablement. Il suivit le court couloir, mais resta sur le seuil, observant la pièce. Je m'excusais, et passais devant lui pour retourner à ma place. J'allais avertir mon père de la présence de cet étranger, mais une phrase venant de dérrière moi, et surtout ses conséquences, me coupèrent dans mon élan.
-“Bonsoir Hilary!” entonna l'acent italien. A peine ces quelques mots eurent-ils été lachés, que je vis alors un spectacle ahurissant. Je ne sais toujours pas aujourd'hui si je dois maudire ou remercier ce curieux bonhomme, mais cette scéne restera gravée à vie dans ma mémoire. En effet, je vis mon père, mon repère habituellement discret, simple et sobre, se figer d'un coup dans son fauteuil, manquant laisser tomber sa pipe sur le bouquin; le double carnage ne dut son échec qu'à un serrement brutal des dents.
Puis, rajustant le tuyau entre ses lêvres fines, il se leva, raide comme une trique, pâle et étrangement excité. Ses traits habituellement fermes et doux, trahis par une émotion intense, s'arrondissaient par endroit et se fronçaient à d'autres. La pupille dilatée, ses sourcils soulevés en un arc de cercle harmonieux au dessus, de même que la bouche légerement entrouverte d'où s'échappait toujours le tuyau, tous dénonçaient une indicible stupeur. Dans le même temps les commissures des lêvres, les plis au creux des paupières et d'autres signes, que je n'avais pas pour habitude d'observer chez mon père, prouvaient une athenthique joie.
J'avais compris, dès l'emploi du prénom, que cet homme avait des liens forts avec papa, mais j'ignorais alors que j'allais, une fois encore, suivre les traces de mon auguste paternel sur des chemins plus abrupts, ô combien, que les précédents.

-“Giovanni! Explosa papa, Sacré nom! Comment vas-tu, éspèce de vieux gredin?” J'observais cet homme, mon père, dans un saisissant ensemble d'émotions, tenant de la stupeur, de la joie, de la gêne, et de Dieu seul savait quoi encore; il donnait l'accolade, lui habituellement si réservé, il faisait une démonstration exhubérante à cet inconnu.
-“Laisse moi te présenter mon fils, Rudyard. Rudyard, voici l'un de mes plus anciens et meilleur compagnon de carnage: Giovanni Céapari. Et bien? Ne reste donc pas comme ça, la bouche ouverte et va plutôt nous chercher l'armagnac et trois verres. Allez mon bonhomme, du nerf et du jarret!”
Il fallut cette expression, sortie tout droit du fond de mon enfance, pour me sortir de la torpeur qui m'envahissait. Je partis donc à la recherche des récipients, bien que mon esprit restasse avec cet homme que je venais de voir. Comment ce quinquagénaire chauve et strict avait pu en quelques secondes se transformer en lycéen jovial... mais toujours chauve? En fait, seules la pipe, la calvitie et la paire de lunette d'écailles m'indiquaient que j'avais affaire au même homme que précedément: c'était toujours mon père, mais rajeuni de vingts ans.
Je mis un moment à trouver les verres, encore sous le choc. Pourtant l'armagnac était bien en vu, trônant fièrement sur son étagère, au côté d'autres noms tout ausi talentueux, cognac, champagne, périgord, pied-l'abbé, chateauneuf-du-pape, rivesaltes... Mais allez différencier des verres à cognac, larges et bas, des verres d'armagnac, trapus et charnus, surtout quand vous ne savez même plus où vous êtes, et le choc en rajoute encore puisque vous oubliez d'en allumer les bougies. Déjà en plein jour, c'est pas facile de reconnaitre ces deux types de coupe, mais alors dans ces conditions! D'autant que si j'avais le malheur de me tromper, je savais très bien que la punition aurait été à la hauteur de la faute. Je finis par me décider pour les verres trapus et pour les larges, avec les bouteilles assorties, au moins pas de risques de se tromper comme ça! En rentrant dans la pièce je n'échappais pourtant pas à une double réflexion, typée mais atypique:
-“Tu en as mis du temps! J'avais demandé le cognac aussi?”
Je mesurais mes différentes options en considérant ce sarcasme, dont je découvrais toute la saveur chez un homme qui ne le maniait quasiment jamais. Premièrement, je riais du bon mot, dangereux, deuxièmement je réponds juste oui, encore plus dangereux, troisièmement je déposes le plateau et ne dit rien. Je choisis cette dernière, et me laissait aller dans le dernier fauteuil de cet espace intimement convivial sans plus toucher aux ustensiles: mon père aimant trop faire le service. Bon, ça au moins ne changeait pas, à tel point que je dus retenir un soupir de soulagement en le voyant avancer la main vers l'armagnac.
Après la première gorgée, je rassemblais en partie mes idées et m'attachais à notre invité, qui discutait pour l'instant du “bon vieux temps”, tu te rappelles? ... Oui, oui! ... On était ivres! ... quelle journée ... ressert mois donc de ce nectar ... qu'est-ce qu'on lui avait mis!
Le brouhaha de leur discussion me berçait mollement. Il émanait de cet homme, au profil d'oiseau de proie, une aura, un charisme que j'avais du mal à définir. Etait-ce ses cheveux grisonnants, coupés courts et bouclant aux éxtremités? Ou ses yeux marrons, profondémment enfoncés, qui semblaient tantôt caresser, tantôt transpercer? Son nez busqué peut-être? Ou encore les lêvres fines en-dessous desquelles folâtrait une fine barbiche? Etait-ce d'ailleurs son visage, ressamblant à celui de quelque divinité antique, ou bien sa silouhette, grande et fine, svelte mais qu'on devinait puissante sous la veste de jersey? D'où venait cette impression?

J'en étais là, savourant mon verre, quand une phrase attira mon attention. Elle eut un impact tel sur le cours de mes pensées que celles-ci s'écrasèrent lamentablement contre la table basse et y réstèrent prostrées. J'avais l'impression que le temps se figeait. Aujourd'hui je me rappelles parfaitement cette phrase, ce petit enchainement de mots qui irradia ce soir-là une lueure telle qu'elle devait faire basculer ma vie!
-“Je pars en éxpédition, je voyais ces mots s'incruster en lettres dorées sur la table, et j'aurais besoin de toi, au nom de notre vieille amitié”
-“Je savais que tu voulais quelques chose, vieille canaille! Nous partons où et quand?” des flammes s'élevaient de la table, les sons résonnaient comme un gong
-“Le plus tôt possible, avant l'hiver prochain de préference, mais il faudra avant tout s'occuper de l'équipement” je voyais le monde danser devant moi
-“Pas de problème, de quoi a-t-on besoin?” l'or s'entoura d'une parade psychédélique
-“On? Osais-je murmurer”
-“Et bien quoi? Tu ne va quand même pas rester toute ta vie dans cette grande maison sans voir ce qu'il y a au-delà?” la parade devint une sarabande, le lustre des dorures se transforma en coulée sanglantes. Je vis l'avenir, je me vis alors en ce moment, en ce moment où je rédiges ce récit.
Trop héberlué, assomé par la réponse, je ne protestais même pas. S'offusquer? C'était mon père! Contrecarrer, s'expliquer, bafouiller, attaquer même? La décision est prise! Se mettre à pleurer? Cesse donc ces attitudes puériles! Donner mon avis, argumenter, parler des risques et des dangers? On verra ça plus tard! Oh! Puis tu m'agaces à la fin! File avant que je ne m'énerves!
J'en restais abassourdi. Impossible de discuter! Je lachais juste un “bonne nuit” poussif et partait me coucher. Je n'aurais jamais du battre en retraite. Mais avais-je vraiment le choix? Je ne sus que le lendemain ce qu'ils avaient tramé pendant la nuit.

Devant mes yeux encore emplis de sommeil s'amoncellaient des piles de cordes, de pitons, crochets, clous, de sacs, toiles, chaussures, et encore d'autres matériels inidentifiables au milieu desquels s'affairaient deux vieillards éspiègles comme des enfants le matin de noël. Les traces de traineau dans la neige démontraient les nombreux allers-retours qu'ils avaient fait. Je remarquais la brillance de la couche, et observais le soleil qui montait dans le ciel pur. La tempête était finie à l'extérieur et s'attaquait alors à l'intérieur. Le café matinal auquel j'étais habitué me parut soudain totalement déplacé au milieu de ce capharnaüm. Les malles de voyages, ils ont acheté ça aussi? s'emplissaient petit à petit de cet emcombrement hétéroclite tandis que d'autres arrivages débarquaient de la ville par traineaux entiers. Résigné, je remontais faire ma toilette, sans même oser imaginer ce qui m'attendrait au retour. Si j'avais su... enfin! Il est un peu tard pour protester. Je redescendis quelques minutes plus tard, frais et dispo... enfin presque. Une forte odeur de marc se dégageait de la cafetière posée sur la table. Mais comment ont-ils fait pour ranger tous ça? Il n'y a que trois malles! Ils ont remplis les sacs avant des les ranger dans ces caisses de voyage. Je m'assis et portais la tasse brûlante à mes lêvres, sans même remarquer l'absence de sucre ni même la douleur qui émanait de ma langue. Je ne suivait la discussion que par bribes, laissant mes pensées dériver vers ce périple qui nous attendait. J'allais entamer un voyage à l'autre bout du monde. Une épopée mirifique qui ennivrait de charmes et d'exotismes le jeune homme que j'étais alors. Tout juste agé de 17 ans, je partais au devant de mon premier voyage.
La journée se déroula entre la préparation des derniers bagages, la réservations de je ne sais quoi pour je ne sais où.
Je ne me reconnaissais pas, tantôt apathique, tantôt excité comme une puce, surtout quand nous approchâmes de l'immense paquebot qui semblait nous attendre contre le quai. Nous avions affrété une charette pour rejoindre la ville, d'où nous partîmes en train jusqu'au port, où siégeait ce monstre de métal. Ces imenses tuyères dréssées vers le ciel, comme pour dire: “nous partons, et qu'importe le sens du vent!”.
-“On embarque maintenant?” demandais-je comme le soir tombait
-“Non, me répondis mon père en riant, seulement les malles, nous partons demain matin.”
Giovanni ne dit rien, mais un sourir malin jouait au coin de sa bouche. Nous logeâmes à l'hôtel... dans une chambre pour trois. C'était là la première fois de ma vie que je dormais dans la même chambre que quelqu'un d'autre. Je passais ma nuit à songer aux noms exotiques que j'éspérais croiser: Katmandou, Kashmire, Padishah, Pondischéry, Bombay, Tibet...

La traversée, se laisser bercer par les rythmes lents des vagues qui clapotaient contre la coque, c'est toujours une sensation agréable. J'aime voyager depuis cette époque, j'en ai parcouru des pays et des contrées, mais revenons pour l'instant à ce noviciat. Je me sentais alors comme un découvreur, parcourant sans cesse le pont, ou usant et abusant des loisirs proposés, sous l'oeil complice de mes initiateurs. J'en profitais aussi pour apprendre à connaitre mon père, homme que j'avais cotoyé pendant des années sans jamais soupçonner ses antécédants, et cet autre , ce Giovanni. Au plus je le découvrais, au plus je me laissais surprendre par l'étrange caractère de cet étrange personnage. D'une nature plutôt pondérée, il laissait entrevoir une puissance phénoménale due à une volonté de fer, mais le plus surprenant restait encore son calme. Il semblait toujours maître de lui, irradiant une sensation de relaxation. Il savait mettre les gens en confiance, et c'est là qu'était justement sa force: il savait convaincre, la preuve étant qu'il avait pris dans ses filet un adolescent sérieux et promis à une belle carrière, qu'il a transformer en drogué de la découverte, intoxiqué du voyage. Quand, j'y repenses ... sacré Giovanni!

Quoiqu'il en soit, nous passions le plus souvent la journée chacun de son côté, nous réunissant le soir à la table du capitaine - encore un fait d'arme de mes deux compères – qui nous couvrait d'éloges et d'histoires passionnantes. Je découvris beaucoup de choses autour de cette table, dont la moindre ne fut certainement pas une très jolie femme qui y siégea dès le troisième soir de la traversée. Elle portait souvent une sorte de châle de couleur vive, renforçant l'éclat mat de sa peau, mais qui ne laissait malheureusement entr'appercevoir que ses yeux. A ses côtés se tenait une vieille femme, envers qui elle portait une attention très particulière. Cette ancêtre, voutée et édentée, semblait disposer d'un haut rang puisque même Giovanni - pourtant habituellement loquace et particulièrement joli-coeur, comme tout latin qui se respecte – n'osait adresser la parole à ce couple impressionnant. Quant à moi je ne cessais de jeter des coups d'oeils furtifs à cette indienne, éspérant voler un peu plus de son visage. Je dus réussir à dérober son attention en tout cas.
Un soir que je louvoyais sur le pont, après un diner particulièrement copieux et savamment arrosé, un authentique Havane entre les lêvres, je me fis accoster par cette apparition. Son sari courant délicatement le long de son visage, découvert! Elle portait dessous une sorte de fourreau noir qui, loin de cacher sa silouhette, mettait son corps en valeur, comme un diamant dans un écrin de velours. Je bénissais l'obscurité dont nous étions environnés en sentant la chaleur me monter aux joues. Je préferais d'ailleurs m'attarder sur son visage, pour regarder dans les yeux une personne qui parlait aussi bien français. Son accent et le timbre de sa voix, soyeuse, provoquaient des frissons dans différentes parties de mon anatomie. Je réussis enfin, au pris d'un effort intense, à remonter au niveau de son visage. De sur le châle émergeait un menton ovale, charmant, au dessus duquel une bouche fine délivrait des mots trop tendres. Son nez, droit, encadré de paumettes hautes, se trouvait surmonté de deux puits noirs, intenses, qui eurent tôt fait d'absorber mon regard. Ses longs cils m'empêchaient de fuir l'enfer délicieux de ses yeux, et les paupières en amande invitaient à s'y laisser choir. Je sombrais, tel un bateau en perdition, dans ce brouillard noir, troublant, hypnotisant regard. Je plongeais avec un ravissement sans borne sur les courbes de sa nuque, je glissais d'une cascade vibrante à une douche brûlante, de ses lêvres à ses yeux, de ses paroles à son regard. Oublieux du temps, nous discuttions, heureux, à l'abri des regards. Mon cigare s'était éteint depuis longtemps, mais je ne m'en rendais pas compte. Je suivais un ange dans les couloirs mordorés du paradis, quand un contact me fit brusquement toucher terre. Je me retournais, doucement, en sachant très bien qui possédait la main sur mon épaule. Je souris, un peu confus, et fis les présentations.
-“Papa, laisse moi te présenter Indra, jeune fille absolument charmante qui m'a ennivré depuis le repas.” Je remarquais les regards, complice pour mon père et flatté pour mon interlocutrice.
-“Indra, je te présentes...”
-“Ton père, Sir Hilary, je suis enchantée” L'emploi du nom me choqua moins que la réaction de mon père, en effet la voix de ma charmante compagne eut sur mon auguste paternel le même effet que sur son rejeton: il émanait de son visage un ravissement sans bornes. Ce qui ne l'empêcha pas de me tracter par le col jusqu'à notre cabine.
Je revis Indra à plusieurs reprises, soit que nous nous croisions au hasard de nos déambulations, soit que nous nous retrouvions de plus en plus souvent l'un en face de l'autre à table.
Toujours est-il que j'éprouvais toujours le même émerveillement à la contempler, à discuter en m'immergeant dans ses prunelles. Je supposes qu'elle éprouvait quelque chose pour moi, autrement notre relation n'aurait surement pas été aussi durable. J'ai souvent regrétté que le voyage dut être si court, combien aurais-je aimer partager pendant encore longtemps, avec cette jeune femme à peine plus agée que moi, les délices de cette croisière? J'ai certes eu le loisir de me ratrapper plus tard, mais quand nous débarquâmes à Bombay, nous avions l'un et l'autre des larmes dans la voix au moment des séparations.
J'ai toujours été mal à l'aise avec les adieux, je n'aime pas en parler ni même y penser, je préferes garder l'espoir, même sur la tombe de ma mère je priais pour pouvoir la revoir... un jour.
Ma prière quand je quittais Indra fut nettement plus fervente... et plus efficace.
Ses grands yeux, noyés de tristesse, submergeaient mon coeur d'une infinie détresse, je résolus alors de retourner la terre toute entière pour la revoir, plus tard. J'avais pour lors d'autre chemins à suivre. Je la regardais partir. Elle s'enfonçait dans la foule, se retournant fréquemment, puis sa noble silouhette disparut dans cet océan humain, absorbée par cette marée, et je restais là, ahuri, saoûlé par ces sentiments trop neufs. Je sentis un contact familier sur mon épaule. Merci papa! Je croisais son regard, dans lequel se lisait un mélange de fierté, d'encouragements, de fermeté et de respect. Même Giovanni me soutenait. Je hochais la tête. Oui, j'aurais le temps d'y penser plus tard, elle faisait partie de ses affaires que je devais reporter, à contre-coeur.

Brisant ce silence pesant, l'italien s'écria brusquement: “Il est dommage que ton amie n'ai pu nous adresser un guide. Cela aurait été plus simple”
Mon père répondit alors : “Attendons d'être plus prêt de la frontière pour nous renseigner, ce sera cette dépense à faire en moins”
J'intervins à mon tour: “J'ai cru comprendre que le nord est plus froid, les autochtones sont surement mieux armés que les gens d'ici pour lutter contre le froid, vous ne pensez pas?”
-“Bien vu mon garçon! Hilary tu nous a pondu une merveille déductionniste. Soit, cap au nord!”
-“Et on y va comment?”
-“En train. N'oublions pas, messieurs, que nous sommes dans une colonie, et que sa très gracieuse majesté a déjà fait poser les rails du progrès dans ce pays barbare!” (M Céapari assume seul les conséquences de ses idées et de ses déclarations, nda)
-“On prends les malles?”
-“Non, seul les sacs et deux, trois autres affaires, le restera ici, en consigne”
Et c'est ainsi que nous partîmes vers la région du Népal, et sa capitale Katmandou. Nous y trouvâmes facilement un guide qui nous menas vers les hauteurs surplombant la ville. Direction: le plateau du Tibet et la ville interdite de Lhassa.
On avençait lentement, le temps de s'acclimater selon Khan, notre sherpa. Il parait que son nom est en fait un titre honorifique signifiant “chef de clan” et son métier est la traduction de “porte-baggage”, avec un sous-entendu, quelque chose comme “marcheur de montagne”, mais entre nous nous l'appellions “notre chère canne”, jeu de mot stupide s'il en est, mais qui reflétait ce qu'il représentait pour nous: un appuis sans lequel nous n'aurions pu avancer.
S'acclimater, mais à quoi? Au mal des montagnes? C'est quoi? Ça se mange? Il répondait, impassible, que la montagne rendait fou ceux qui ne lui montrait pas assez de respect, et qu'elle les gardait en son sein pour mieux les enseigner. La montagne rend humble, nous expliquait-il souvent, sa puissance peut vous écraser comme un isecte, et sa générosité vous combler de milles délices. Ses alliés sont le froid et la neige, le vent et le temps. Elles sont impénétrables et éternelles, et face à elles nous ne sommes que des fourmis en face d'un éléphant. Comme ces animaux elles peuvent être cruelles, elles ont des défenses acérrées, mais comme eux, elles font souvent preuve de sagesse et de discernement. Le feu crépitait timidement, comme impréssionné par ces paroles, nous observions d'ailleurs tous un certains silence. Les monts ennéigés nous surveillaient dans l'air véspéral. Et nous continuiions à grimper.

Je n'avais pas l'impression d'avoir parcouru beaucoup de dénivelé, mais l'air commençais déjà à se refroidir, nous atteignons le domaine des neiges éternelles. J'entendis Giovanni demander à mon père si nous avions prévus suffisamment de vêtements chauds et étanches. Je fis moi-même remarquer que mes bottes, bien que souples et confortables, manquaient quand même un peu de fourrure, elle n'était simplement pas assez chaudes pour le climat que nous allions devoir affronter.
Il devait y avoir pas mal de vent ce jour là, puisque les mots furent emportés au loin avant d'atteindre les oreilles de papa. Nous continuâmes donc à crapahuter le long de ces flanc blanchis. Une douleur tenace me lançinait le pieds depuis plusieurs heures, mais je me disais que si j'en faisais la remarque, elle terminerait comme la précédente: emportée par le vent qui se levait. Quel ne fut pas mon soulagement quand je pus enfin retirer mes bottes au bivouac! J'observais alors sur mon pied endolori une grosse cloque, partant du pli du pouce et se terminant non loin de la plante. Cette plaie n'échappa pas à l'oeil éxpérimenté de Giovanni, qui demanda immédiatement à Khan si il avait dans ses baggages de la gaze, de la toile, des compresses, n'importe quoi pour comprimer cette ampoule. Le sherpa sortit alors de ses affaires, au grand étonnement de mon père, des compresses de gaze identiques à celles que l'on trouve dans les meilleurs hospices de Londre. Avec ces morceaux de tissus, et un baume cicatrisant, ils me firent une bande qui enrobait mes deux arpions et leur donnait l'air d'être momifiés.
-“Pourquoi les deux? Questionnais-je, seul le droit est atteint”
-“simplement pour éviter que tu n'ais à forcer sur l'autre à cause d'une dissymétrie de tes appuis!”
Ça devenait un peu trop scientifique pour moi, aussi les laissais-je faire. Ils discutaient de risques, de bleus et de bosses, mais c'est seulement quand ils abordèrent le sujet des angelures que je me permis de remettre mon grain de sel. J'avais en effet acheté au marché des drôles de fruits, tout gris et poilus, que le marchand m'avait garanti contre les maux de têtes, les angelures et tout un tas d'autres choses. J'en parlais à la maigre assemblée, ce qui intéressa vivement notre guide. Il me demanda à voir ces fruits, ce qui me parut tout à fait normal, n'était-il pas natif de ce pays? Je m'éxecutais donc. Il me confirma que ces fruits, appellés “kiwi”, combattaient effectivement les angelures et d'autres maladies. Le problème était donc résolu.

Nous repartîmes le lendemain, les pansements me génèrent un peu au début, mais je les oubliais rapidement, tant la marche devenait fatiguante. L'air froid nous brulait les narines, et j'avais de plus en plus de mal à faire une respiration normale, il me fallait sans cesse amplifier mes inspirations, comme si je manquais d'air. Khan m'expliqua, avec sa patience coutumière, que l'air se raréfiait effectivement avec l'altittude, mais que je m'acclimaterais bientôt. Et il repartit, fredonnant tranquillement dans sa langue. Je me laissais entrainer par son chant, regaillardi peut-être. Quand le chant cessa brusquement. Il n'était pas loin de midi, et le ciel s'obscurcissait déjà. Le sherpa se tourna vers nous, nous pressant de monter les tentes. Sans bien comprendre la raison de sa soudaine panique, nous dressions le campement quand je vis le pourquoi de sa frayeur. De dessus le mont enneigé surgissait une masse noire et menaçante, une épée de nuage toute prête à s'abbatre sur nos têtes. L'air se raffraichissait très vite, trop vite. Notre haleine formait des glaçons autour de nous, bientôt nous ne pûmes même plus desserrer les lêvres sous peine de les voir congelées dans l'instant. Le vent mugissait à nos oreilles, trop content de s'offrir de nouvelles proies. Puis se fut la neige qui survint. Un torrent de brume déférla sur la tente que nous finissions de monter. Dès que le dernier piquet fut en terre, comme si le temps s'ammusait, le blizzard commença à gronder. Nous nous réfugiâmes bien vite sous la frêle armature de toile et de métal. Un dragon de glace nous assaillit, soufflant et menaçant de déraciner le mât auquel nous étions désespérement accrochés. La tempête tiraillait sur les membrures tendus comme quelque monstre marin. On écoutait la respiration démesurée de ce kraken, tremblant de peur à l'idée des douleurs qu'il nous ferait subir s'il venait à nous découvrir. Ce titan de verglas, monstre mythologique courroucé, beuglait sa colère contre notre pauvre abri, il malmenait les armatures de notre radeau, perdu au milieu de cette tempête, mais rien n'y faisait. Il hurla à la face du ciel, prenant la montagne à témoin, il cria sa frustration sur la terre, et dans un dernier râle, s'enfuit hanter d'autres lieux, nous laissant enfin en paix. Un légèr crachin restait seul, dernier vestige d'une colère qu'Homère aurait apprecié. Khan sortit le premier, et nous le rejoignîmes peu après. Je le trouvais tête dréssée, humant l'air comme un chasseur, questionnant le vent sur sa direction. Puis il nous fit signe de reprendre la marche. Le ciel se dégageait, le géant partait, il cherchait probablement d'autres proies à dévorer. Ils ne nous avait pas eu cette fois-là, mais était-on sur qu'il ne reviendrait pas? Q
Quoiqu'il en soit, nous défîmes la tente, avec, me semblait-il, comme une once de respect dans les gestes. On ne devait nos vies qu'à ce rempard de toile. Puis nous reprîmes notre chemin.

Jour après jour j'apprenais un peu plus de Khan, c'était un très bon professeur qui ne parlait que de ce qu'il connaissait, mais qui en parlait bien, et à un gamin fasciné. Patient et dur, son visage taillé à l'image de ces montagnes qu'il vénérait, il racontait des histoires, dispensant les élements d'une sagesse que j'ignorais jusqu'alors. J'appris ainsi à flairer le temps, à chasser et lire la neige. Je compris, mieux que dans les livres, comment un homme simple pouvait enseigner. Je vécu là les plus grands cours de toute ma longue scolarité. Et sous le regard complice de mes deux compagnons de voyage, je m'épanouissais, devenant un peu plus “homme”. A chaque pas que je faisais, à chaque toise qui me rapprochais du sommet, à chaque mêtre volé à la montagne, je grandissais à mesure de cette ascencion. Jusqu'au jour où je l'entendis dire :
-“Je n'étais encore jamais monté aussi haut”. Comment écrire ce que j'éprouvais à ce moment. La tristesse le disputait à la fièrté et à la joie dans mon coeur. Les orientaux ont une très belle phrase pour ce genre d'émotions, ils disent que l'homme a un arc-en-ciel dans le coeur. Je me sentais heureux et fier, parce que nous étions les premiers, nous serions les premiers à traverser ces champs de neige, ces territoires méconnus et vierges. Mais en même temps, mon mentor reconnaissait que son enseignement se limitait à ce qu'il connaissait. Je lui dis, pour le réconforter, qu'il pourrait maintenant en parler avec la même passion que pour le reste. Il me regarda en souriant, et se remit à marcher, sans changer d'allure, fredonnant doucement comme à son habitude. On sentait que le sommet se rapprochait, encore quelques jours, quelques heures et nous y serions.

Ça fait combien de temps maintenant? Combien de temps que je ne sens plus mes pieds? Les bandages ankilosaient complétement les organes, et le froid les angourdissait. Je levais la tête, exploit courageux compte tenu du vent qui nous giflait avec force, et observait cet homme qui se dressait contre le ciel sombre. Giovanni, je le maudissait à ce moment de nous avoir trainer, mon père et moi, sur les pentes de ce pic. Sa silouhette svelte se découpait dans l'azur, il observait le chemin qu'il nous restait à parcourir, avant de réellement conquérir ce mont, avant le sommet.
-“Giovanni, redescend! Nous montons le camp! Hurla mon père, couvrant ainsi le mugissement du vent et celui de son camarade” Mais le plus surprenant fut , je crois, que ce dernier répondit:
-“D'accord, j'arrive tout de suite!” Et le voilà qui dévalait la pente comme l'aurait fait un jeune cabri, sautillant et caracollant sur l'avers de la montagne. Le vent l'accompagna un instant, jusqu'à griffer nos visages, et se retira en amont, semblant nous attendre comme quelque sphynx tapi au fond de ses devinettes.

Je me demandais encore une fois comment j'étais arrivé là... Me remémorant ce fameux soir où un intrus franchissait le pas de ma porte et celui de ma vie. Evidemment je ne connaissais que trop bien le cheminement que nous avions parcouru depuis lors. Laissant dériver mes pensées sur le cours de ces souvenirs, elles revinrent naturellement à Indra. Que faisait-elle en ce moment? Quelles pensées se cachaient dans sa jolie tête? Mais qu'est-ce que je fous là?

La montée se faisait de plus en plus dure, comme pour nous décourager. La montagne, dans un ultime sursaut de fièrté, résistait à l'envahisseur, défendait sa virginité en remontant ses pentes, les rendant abruptes et éscarpées. Il devenait presque périlleux de s'aventurer dans les méandres de glaces qu'elle nous tendait. Pour ne pas simplifier la tâche, le vent, monstre soufflant, se dressait devant nous tel un barrage. Un mur d'orage nous entourait, le géant d'air se muait en drakar de pierre, jetant à nos faces congelées sa haine et son souffle glacé. Le sphynx nous adressait une ultime épreuve, la passer c'était réussir, la rater c'était mourir! Nous luttions contre le blizzard, aux prise avec la glace, charriée comme autant de postillons par cette respiration titanesque. Finalement, nous abritâmes sous une corniche abrupte où ni le vent ni la neige ne pouvait nous atteindre. C'était sans compter sur l'érosion, dans un gigantesque craquement, le surplomb s'éffondra sur nos têtes, nous immobilisant immédiatement.
-“Rien de cassé?” Je connaissais cette voix, un tendre ténor.
-“Non, ça va” Un baryton suave, plus proche
-“Ici bien” Un alto enlaçant mais lointain.
-“Rudyard?” Le ténor... je sus que la question m'étais déstinée, comment? Je ne saurais le dire, mais je répondis, automatiquement quelque chose comme “tout va bien”. Je n'y croyais pas moi-même. J'entendis la baryton dire “il est en état de choc, ça va passer d'ici peu”, et je perdis conscience.

Quand je me réveillais, l'orage s'était calmé, et les congères de la corniche faiblissaient sous les coups répétés de mes trois compères. Je me mis à la tâche à mon tour, et une heure de suées plus tard, nous avions dégagé un passage par lequel suintait la clarté d'un croissant de lune. Nous dressâmes donc le camp dans ce refuge providentiel.
Nous atteignîmes le sommet deux jours plus tard, mon père qui transportait le drapeau s'arrêta soudain et, nous regardant tous, demanda:
-“Mais au fait, vous savez quel jour nous sommes?”
Je ne comprenais pas sa question, nous étions partis depuis trop longtemps de chez nous, nous affrontions la montagne depuis tant de temps, quoi donc? Des semaines? Des mois? J'avais beau essayer de compter les jours, je n'arrivais pas à me focaliser sur une date. C'est alors que j'entendis le cri de joie de Giovanni.
-“Mais oui! Bien sur! Et le voilà qui partit dans un grand éclat de rire, puis il se mit à danser un gigue frénétique et folle autour de nous, sautant et cabriollant comme un gamin.
-“Mais vous ne voyez pas? Expira-t-il entre deux fou-rires, vous ne voyez pas? C'est noël! Nous sommes aujourd'hui le 24 décembre, c'est noël les enfants, ha ha ha!
Je sentis l'information pénetrer doucement jusqu'à mon cerveau... Noël? Noël! J'exhultais alors à mon tour, entrainant mon père et son ami dans la danse, puis j'attrapais Khan et l'emmener valser sur les sommets. Ivre de joie et de gaité. Nous sommes parvenus au sommet le jour de noël, et il me sembla que la montagne nous salua à ce moment, envoyant un vent doux gonfler notre étendard. Nous mengâmes un morceau de viande séchée avec quelques kiwis, comme repas de fête on fait mieux, cepandant la joie d'avoir vaincu l'Everest et cette ambiance de fête donnaient un meilleur goût à ces mets quotidiens. Après le repas, mon père dit une messe devant le drapeau et nous redescendîmes en laissant lcet étandard là où il était planté... au sommet.

La descente ne fut pas trop pénible, nous fûmes juste acceuillis par le même géant , mais il se tenait sur une montagne voisine, et ne vint pas nous inquiéter, noud étions maintenant les conquérant de sa maîtresse. En pensant à tous ces efforts je me retournais une derniere fois pour regarder le fanion dansant gaiement dans le vent, un nuage passa sur le sommet, dessinant une auréole au dessus de l'étendard; c'était probablement la façon dont la montagne nous souhaitais bon retour.

Et nous arrivâmes enfin en ville. Combien de temps s'était-il écoulé depuis que nous avions quitter cet hôtel? J'y retrouvais avec plaisir mes malles et la civilisation. Le soir même, j'invitais mon père et Giovanni à venir partager un verre au pub local, j'avais en effet laisser mon argent dans la malle. Aussi après m'être douché et changé, je descendis calmement m'installer dans un rocking-chair sur la terrasse, non loin de la porte. C'est alors qu'apparu la plus merveilleuse créature qu'il m'ait jamais été donnée de voir. Souple et féline, sa voluptueuse silouhette ondulant sous un sari safran, Indra s'approchait de la terrasse. Je sentais mon coeur chavirer en regardant celle qui n'avait pas quitté mes pensées de toute l'ascencion. M'avait-elle vu? Me voyait-elle? Elle leva les yeux vers moi, m'invitant dans un regard. Elle me reconnaissait, je le voyais dans ses yeux. Je me levais pour l'acceuillir et l'emmenais au bar. Nous passâmes la nuit à bavarder, je ne vis ni mon père ni personne d'autre qu'elle de toute la nuit.

Jusqu'au lendemain matin, où je lui avouais que je devais repartir pour l'angleterre. Son rire cristallin résonna dans l'air matinal.
-“Je repars par le même bateau, et j'avais peur de te l'annoncer, nous ferons le voyage ensemble.”
J'étais transporté de joie. A peine quelques heures plus tard nous étions, mon père, Giovanni et moi, installés sur des chaises longues, prenant le soleil sur le pont du paquebot, Indra assise non loin, dicuttait avec nous, sa voix veloutées ennivrtant nos sens. La traversée fut vraiment très courte.
-“Demain nous arrivons à Londre” lui dis-je un soir
-“Oui! Ce fut très agréable”
-“Pourquoi nous séparer alors?”
Et sous la lune qui inondait le pont, à la veille du retour à la maison, j'avouais à cette créature exotique mes sentiments. Dans un élan de romantisme dont je ne me savais pas capable, je suscitais des merveilles par ses yeux sombres. Et quand je lui posais la question, elle me répondit simplement qu'elle n'attendais que ma déclaration.

Les bans furent publiés peu de temps après, la noce se déroula en mars, un an exactement après qu'un coup de vent poussait chez moi un bonhomme qui devait changer ma vie.

Je vécu beaucoup d'autres aventures par la suite, en Inde surtout, aux amériques aussi, mais ce sont là d'autres histoires, aujourd'hui je me repose de ces voyages aux côté de ma tendre épouse. Je rencontrais ce matin un de mes ancien ami. Je ne l'avais pas vu depuis des années, aussi ça m'a terriblement surpris quand il me salua par un splendie “Bonjour Monsieur Kipling”, un ami d'enfance, rendez-vous compte! Enfin! Les gens vieillissent, leur corp se délitère mais leurs aventures restent. Il n'en reste, pour ma part, qu'une seule à vivre, une dernière... Indra, exotique et charmante, attends-moi!


Fin ... ou presque!


N.B. : Tous les personnages, les histoires, ou les paysages de ce récit sont purement fictifs. Toute ressemblance avec des personnes, des aventures, ou des lieux ayant réelement existé n'est peut-être pas tellement dûe au hasard.
Proposé par : Snakeloup
 
 
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