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Et si un jour tu penses à moi aussi fort que je pense à toi…
NouvelleAprès le voyage en Bretagne avec Merlin, nous partons plus au sud à Rodez avec Clive-Ludovic, où le régional de l'étape, nous délivre une bien belle nouvelle à fleur de peau : Et si un jour tu penses à moi aussi fort que je pense à toi… Vous pouvez également télécharger Et si un jour tu penses à moi aussi fort que je pense à toi… (rubrique téléchargement) afin d'avoir un plus grand confort de lecture mais aussi en débattre sur le forum dans la rubrique dédiée.

Bonne lecture à toutes et à tous.

Jeudi 20 Janvier :

Il faut avouer que depuis quelques temps, je ressens la solitude me peser, et peut-être encore plus depuis quelques jours où je viens de souhaiter mon 34eme anniversaire dans la plus grande solitude. Trente quatre ans : certains diront qu’être seul à cet âge là, c’est peut-être finir sa vie seul, et personnellement, bien que je ne suis pas gêné de cette solitude, elle est parfois mal perçue de mes collègues, et quelques relations de travail. Aussi, depuis Mardi, je me connecte sur le « chat », salle de discussion en direct, afin de chasser un peu cette sensation qui me hante. Des amis m’ont confié qu’à défaut de permettre de trouver l’âme sœur, cela m’offrirait quelques soirées moins sombres, et sans doutes que cela me donnerait l’envie de voir réellement du monde, car sans doute tel est le problème. En effet, je ne cache pas que depuis que ma relation s’est terminée avec Sophia, je me suis coupé du monde, et je me suis renfermé dans mon cocon. Je me sens pourtant bien dans ma tête, bien dans mon corps, mais je ne cherche pas plus que cela la présence féminine, et la musique, la lecture, et la peinture sont pour moi de bonnes consolations, qui remplacent celle qui n’est plus dans ma vie, même si les sentiments sont toujours là. La vie nous rappelle bien souvent que tout passe et que tout casse : il faut s’y faire. Alors donc, j’en reviens là où j’en étais, à savoir que sur conseil d’amis, j’ai décidé ce soir de me connecter sur un salon de discussion en direct sur Internet, et j’ai dialogué une bonne partie de la soirée avec divers interlocuteurs, mais rien n’a vraiment été concluant : certes j’ai passé une soirée où j’ai moins tourné qu’à l’accoutumée, mais j’ai vraiment la sensation d’avoir passé une soirée peu prolifique, à avoir brassé du vent. Je pense que pour me refaire une idée, je me reconnecterai sur ce salon en fin de semaine. Maintenant il est tard, pas loin de minuit, et il faut que j’aille me coucher car demain ma journée devrait être très dure : j’ai en effet rendez-vous avec mon client Rodriguez : il est certes très gentil, mais son air paternaliste à mon égard tend de plus en plus à m’agacer, et il s’en faut de peu à chaque fois que je ne l’envoie pas paître, mais bon, demain je prendrais une fois de plus sur moi, pour canaliser mes tensions, je me défoulerai ce week-end.





Samedi 22 Janvier

Le Week-end est désormais bien entamé, et aujourd’hui, je n’ai rien fait sauf rangé mon appartement. J’occupe ce dernier depuis quelques mois déjà, mais j’ai du mal à trouver mes marques. Tout est bien à sa place, douillet à souhait, mais je déplace sans cesse les meubles, les objets décoratifs : serais-je en train de devenir maniaque ? Non, je ne pense pas, mais quelque part, je pense qu’au fond de moi, j’essaye de bouger les choses pour que ce ne soit plus comme à l’époque où Sophia illuminait ces lieux de sa présence et de sa beauté. C’est étrange, mais plus je pense à Sophia, et plus je me rends compte qu’il faut que je chasse cette solitude, en ne confondant pas vitesse et précipitation. D’ailleurs ce soir, j’ai pris un peu ma destiné en main et je me suis reconnecté sur le chat, en me montrant sans doute plus positif que jamais, et en n’hésitant pas à faire un peu de « rentre dedans », et engageant la discussion avec bien des personnes de la gente féminine : seule une demoiselle a retenu mon attention. Elle m’a dit s’appeler Catherina, être d’origine grecque et m’a donné son adresse e-mail, en me demandant de lui envoyer un courrier électronique pour lui signaler quand je me connecterai à nouveau. Je dois l’avouer, j’ai passé une bonne soirée en discutant avec elle, et nous avons échangé pas mal d’idées sur des points divers, mais surtout sur la musique. Comme moi, elle est une grande admiratrice du groupe Oasis, et semble posséder des enregistrements que je ne possède pas. Même si notre relation « amicale ou plus » n’aboutie pas, je pense que cela vaudra la peine que l’on reste en contact pour d’éventuels échanges musicaux. Ce premier contact est donc positif, mais je garde encore une fois la sensation que j’ai brassé du vent durant cette soirée, et qu’encore une fois ce soir, en allant me coucher, je serais bien seul dans mon lit, et que demain matin, je repenserai une fois de plus à Sophia, et à la vie que nous avons eu ensemble pendant six ans : arriverai-je un jour à être aussi heureux que lors de ce passé que je vénère temps parfois que j’en viens à le maudire, au point que je me sens parfois comme un vieux con incapable d’accepter mon présent et mon futur, et qui ne trouve comme parade à ses coups de blues que la phrase « C’était mieux avant ». Ah quel empoté je fais parfois, je devrais me rendre compte que si je ne prends pas ma vie en main maintenant et si je ne choisis pas mon avenir maintenant, c’est lui qui me choisira. « Hold on ! » . Demain, je prends plus que jamais ma vie en main. Mais à présent, je vais me coucher.





Dimanche 23 Janvier :

Fort de ce que je me suis dit hier soir, j’ai décidé d’envoyer à Catherina ce matin un e-mail pour lui dire que je serai connecté ce soir. Elle fut au rendez-vous, et encore une fois, j’ai passé une délicieuse soirée, et nous avons parlé encore une fois de musique, de Vie. La conversation m’a tellement captivée que j’en ai oublié de manger. C’est étrange, mais plus je passe du temps avec elle, et plus je me rends compte qu’elle est sympathique, et que j’aimerais bien aller un peu plus loin avec elle. Mais je calme mes ardeurs : rien dans son ton ne m’encourage à croire à de quelconques sentiments : on a parlé de musique, c’est tout, et ce n’est pas parce que je parle de musique avec quelqu’un qu’obligatoirement il y a des sentiments humains qui naissent. En plus, je constate que plus je me « rapproche » de mon interlocutrice et plus je pense à ma vie avec Sophia. Mais bon, il est tard, je vais aller me coucher : peut-être demain lui enverrai-je un courrier électronique pour lui dire que je serai connecté dans la soirée. Je ne sais pas. Nous verrons demain.





Lundi 24 Janvier

La journée est enfin finie. Elle a été très difficile, bien plus difficile que d’habitude. Mes clients deviennent de plus en plus exigeants, ma hiérarchie de plus en plus oppressante, et j’ai besoin de congés. En plus, je ne cache pas que ce soir, je suis passablement énervé, et que je n’ai pas envoyé de courrier électronique à Catherina, et pour cause : j’ai voulu discuter avec mon collègue, Pierre, de ma relation avec elle, et il m’a encouragé à lever le pied, me disant que sans doute je n’étais pour elle qu’un contact sur une très longue liste, et que sans doute ses propos sont tout aussi virtuels qu’elle. Donc je suis un peu découragé. J’ai préféré donc ne pas me connecter ce soir, et de travailler sur des dossiers : au moins je prends un peu d’avance sur mes tâches professionnelles.





Mardi 25 Janvier :

J’ai reçu ce matin un e-mail de Catherina, courrier assez amical dans lequel elle me confie qu’elle sera connectée ce soir et qu’elle apprécierait que je me connecter pour que nous reprenions nos débats musicaux là où nous les avons laissés. Je lui ai répondu que je serais connecté, mais ce soir, j’ai limité notre conversation à une heure, et je me suis contenté de ne parler que de musique. Elle l’a, je pense, ressenti et ce n’est ma foi pas plus mal. Les propos de Pierre m’ont fait réfléchir, et je me connais : je m’attache très vite aux gens. Si elle me « mène en bateau » et que cela ne conduit à rien, j’aurais mal. Les plaies de ma relation avec Sophia ne sont pas cicatrisées : alors pourquoi chercher une fois de plus à avoir mal. Il est 22 heures, je vais aller me reposer. Je ne sais pas si je me reconnecterais : le chat, ce n’est peut-être pas trop mon truc : sans doute si je veux me distraire désormais devrais-je me remettre à composer un peu de musique. Enfin on verra cela demain.



Mercredi 26 Janvier :

Aujourd’hui, en me levant, j’ai pris la décision de ne plus me connecter, m’appuyant sur un fait simple : que rien ne pourrait découler de mes dialogues avec Catherina. J’ai donc décidé de ne plus me connecter. Cependant, en arrivant à mon bureau et en levant mes correspondances électroniques, j’ai vu qu’elle m’avait écrit. J’ai hésité à lire ce pli électronique, mais finalement je l’ai lu. Dans ce courrier, elle m’annonce avec beaucoup de tristesse que son chat est mort, de vieillesse, et qu’elle est triste, et que sans doute pour la première fois de sa vie, elle se rend compte que la mort nous guette et est prête à jeter son dévolu sur n’importe qui. Ce courrier m’émeut au plus haut point. Et je ne peux m’empêcher d’y répondre avec beaucoup de sincérité, lui mentionnant qu’aussi la vie et la mort m’ont à maintes reprises marqué au fer rouge, mais qu’à chaque fois, j’ai su trouver la force en moi, de relever la tête, et de croire en des jours meilleurs, et dans les gens qui m’entourent. J’en profite aussi pour lui dire que je ne me connecterais plus sur le chat, mais que mon e-mail reste à sa disposition pour accueillir tout ses coups de cœur, et coups de blues. Je suis content d’avoir réussi à lui dire cela, et j’espère qu’elle le prendra mieux





Jeudi 27 janvier :

La journée s’est passé relativement calmement, et nous avons perdu notre temps en réunions aussi diverses qu’inutiles. Mon seul rayon de soleil fut sans doute le très long courrier que Catherina m’a envoyé. Un mail qui transpire la sincérité : sans détour, elle me parle de sa vie, de son passé et de son passif sentimental, de sa solitude, de sa rupture avec son petit ami, de la mort de son chat, de son travail, de ses attentes pour le futur. Je suis donc resté très pensif pendant toute la journée, car ce courrier j’aurais pu l’écrire : Catherina a reçu de la vie autant d’outrages que moi j’en ai reçu : nous avons les mêmes plaies non cicatrisées, les mêmes nostalgies, les mêmes colères. J’en suis troublé. J’ai donc passé une très grande partie de la soirée à lui concocter une longue réponse dans laquelle je me livre à elle, sans détour, me disant que finalement qu’elle ne me connaît pas patronymiquement parlant et que ce que je pourrais lui dire ne pourrait nullement me porter préjudice. Je lui ai donc conté ma vie passé, ma vie avec Sophia, mon amour pour elle, les projets qu’elle a réduit en cendre avec son départ, l’aversion que j’ai eu pour elle après son départ, et l’amertume que j’avais le matin en me réveillant seul… et je me suis surpris à voir que mon courrier dépassait allègrement les 10 pages, et qu’il avait été une vraie thérapie pour moi. Je suis « vidé », je vais me coucher, je le lui enverrai demain



Vendredi 28 Janvier :

En arrivant au bureau ce matin, j’ai aussitôt posté mon pli à Catherina, et dans la journée j’ai reçu sa réponse. Dans cette dernière, elle me confie qu’elle est finalement pas si mécontente que cela d’avoir quitté le Chat et que les courriers nous permettent de nous livrer d’avantage. Je m’en rends aussi compte : nous sommes passés en 3 jours d’une relation superficielle à une relation quasi philosophique, et sentimentale. J’ai l’impression de beaucoup mieux la connaître et d’avoir envie de la rencontrer. Ce sentiment me surprend d’autant plus que je suis un monstre de timidité. Je lui ai donc répondu longuement ce soir, en lui racontant certaines phases de ma vie, certaines de mes peurs. Enfin, je sais que désormais je n’ai plus aucune peur, et qu’elle me connaît mieux que jamais. Demain c’est le week-end, j’en profiterai pour me reposer, écrire : plus le temps passe, et plus j’ai envie de reprendre ma guitare sous le bras, et jouer : une activité que j’ai déserté depuis le départ de Sophia, me jugeant bien piètre finalement.







Jeudi 3 Février

Je me rends compte que cela va faire presque une semaine que je n’ai pas consigné mes pensées sur ce journal, et cela à cause de mon emploi du temps sans doute trop chargé, et de ma relation avec celle que j’appelle désormais Cathy. En 6 jours, notre relation a beaucoup évoluée, et à défaut de nous donner nos adresses postales, nous avons échangé nos numéro de téléphone mobile : je sais que je n’aurais jamais le cran de lui téléphoner, mais je l’ai noté avec soin, et qui sait, je lui enverrais peut-être un mini-message. Nos e-mails sont devenus désormais intimes, et nous nous écrivons 3 à 4 fois par jour, mais ce soir, même si dans ma tête je me sens bien, je suis perturbé, car elle a terminé son dernier pli par « Tu me manques ». Comment peut-elle me dire cela alors qu’elle ne m’a jamais vu, qu’elle ne connaît même pas le son de ma voix, et qu’elle ne sait de moi que ce que j’ai bien voulu lui dire. Cela me trouble. Je lui ai donc écrit, et je ne sais pas pourquoi au moment de la phrase de conclusion, j’ai écrit « Tu me manques, je t’embrasse tendrement ». J’ai finalement décidé de laisser cette phrase, puisque elle est sortie spontanément de mon esprit. Si cette expression la choque, elle me le dira.





Vendredi 4 Février

Je… je ne sais pas comment le rédiger tant ce soir je suis bouleversé, mais pour ne pas oublier ce qui s’est passé en cette fin de semaine, je préfère relater les faits avec exactitude. Il était 9h26 lorsque je suis sorti d’une première réunion et que je suis retourné dans mon bureau souffler. J’en ai profité pour lever mon courrier électronique, et découvrir la réponse de cathy suite à mon pli d’hier. Sur son pli, il y avait simplement marqué : « TU ME MANQUES. ES-TU LA ? », ma réponse aussi spontanée que franche est « OUI ». A peine 5 minutes après avoir posté cette réponse, mon téléphone portable sonne : l’appelant a conservé l’anonymat en masquant son numéro : je réponds… et là, j’avoue que j’ai presque failli m’évanouir. Une voix douce me dit « Bonjour, c’est Catherina ». Je me sens soudain pris de panique, ne sachant plus que dire, ni que faire. Elle me parait elle aussi très nerveuse, mais elle me demande comment ça va : j’ai du mal à lui répondre. Une voix aussi suave, apaisante, jamais je n’aurais pu imaginer qu’elle existe, même dans mes rêves les plus fou. Au bout de quelques minutes, l’ambiance ce décontracte, et je reprends mes esprits, et nous échangeons quelques idées sur la musique, et je me surprends même à lui chanter deux ou trois vers de la chanson « take Me Away » d’oasis…. Ce fut un moment grandiose, et je lui ai promis de la rappeler Samedi, soit demain. C’est étrange, mais j’ai besoin de l’entendre, j’ai besoin de sa voix désormais, et rien que l’idée de lui écrire me frustre grandement. C’est décidé, demain, je chasse ma timidité et je l’appelle.



Samedi 5 Février

Je me suis décidé ce matin à l’appeler. Notre conversation a durée plus de 2 heures, et nous avons discuté pour la deuxième fois. Pour m’assurer que la communication ne soit pas coupée par une mauvaise réception du signal, je suis sorti au parc. Il faisait très froid, mais ce n’est pas grave, car la douce voix de Cathy m’a réchauffé, et quand notre communication s’est achevée par un « tu me manques », j’avoue que j’ai senti grandir en moi une sensation assez agréable : celle que je peux à nouveau plaire à quelqu’un. Toute la journée, j’avoue que j’ai flâné, devant les boutiques qui déjà se sont drapées des couleurs rouges et noires de la Saint Valentin, baissant parfois les yeux par timidité devant les boutiques de lingerie. Cathy doit me rappeler demain matin. Je me sens excité, et apaisé, et sans doute c’est la première fois depuis bien des mois où je ne regarde pas la photo de Sophia avec bien des remords et des regrets : ceux de ne pas avoir pu dire certaines choses assez tôt, avec les mots qu’il faut. Aussi, je prends pour résolution en ce 5 février de ne pas me retenir, et de dire à Catherina, sans détour, ce que je pense : je préfère la perdre par excès de vérité que par omission de vérité : telle sera ma ligne de conduite désormais.





Dimanche 6 Février :

Cathy m’a appelé ce matin à 10h… troisième appel et je suis toujours aussi troublé, perturbé, puisque aujourd’hui, nous avons évoqué la Saint Valentin, le romantisme, et elle m’a dit « Ce serait bien que tu sois mon Valentin, ou du moins que tu fasses comme si, et que l’on passe la journée ensemble »… et là j’avoue que je n’ai pas su que répondre, si ce n’est « Oui », et elle m’a confié qu’elle habitait un village appelé « Port St Armand » à 600 Km de mon domicile de Rodez, mais bon, à l’impossible nul n’est tenu, et advienne ce qu’il advienne : nous nous sommes donné rendez-vous à la Gare Matabiau de Toulouse le 14 février, en se faisant le serment que jamais nous ne reviendrons en arrière. Après tout, cette rencontre ne nous engage à rien : on ne s’est pas dit « je t’aime », on peut se voir simplement en bon copain. Oui… ça c’est ce que je dis pour me rassurer : parce que Cathy, je sais que je l’aime. Ce que j’éprouve est si fort que je pense pas que je serais en mesure de faire marche arrière sans avoir mal. J’ai peur de la rencontrer aussi : et si elle ne me plaisait pas, et si c’était surtout moi qui ne lui plaisiait pas ? Et si la magie téléphonique n’était que virtuelle, et si le courant dans la « vraie » vie ne passait pas du tout ? L’heure n’aurait-elle peut être pas sonnée de mettre fin à cette relation avant que la probabilité que j’ai mal ne se renforce ? j’ai peur… j’ai peur… je n’ai jamais vécu cela…. Je ne sais pas où cela va me mener… je ne veux pas avoir de nouvelles cicatrices à l’âme…. Mais aussi, je me rends bel et bien compte que depuis qu’elle est entrée dans ma vie, je suis devenu un autre homme, et que je m’ouvre au monde, sans restriction, et que j’ai brisé mon cocon…. Je lui ai promis de ne pas faire demi tour, de ne pas renoncer : je passerai à la gare chercher mon billet de train dès demain.







Lundi 7 Février

La journée est enfin finie. Cathy m’a envoyé 3 courriers, mais je n’y ai pas répondu. Je reste hanté par la même sensation : d’un côté l’envie de la rencontrer, de la voir, et d’un autre, l’envie de renoncer, de m’enfoncer des mètres sous terre pour que personne ne me connaisse, et pour que l’on m’oublie. Oui, aujourd’hui, j’ai pris mon billet de train pour Toulouse, mais je ne me cesse de me demander ce que je vais bien pouvoir lui dire, ce que je dirais si on ne se plait pas mutuellement, si ça ne colle pas, ou situation inverse, si tout se passe trop bien et que nous tombions amoureux l’un de l’autre, ou encore que les sentiments ne soient pas réciproques. Il faut que demain mardi, je lui écrive pour lui dire cela, pour lui confier mes peurs et angoisses. Peut-être vais-je me faire passer pour un poltron, un lâche, mais je cherche à me protéger... mes « cicatrices » sont encore si présentes…. J’ai peur, j’ai peur… et je sais que ces sentiments se voient sur moi car mes collègues m’ont trouvé étrange aujourd’hui et très détaché, et sans doute même un peu insolant à l’égard d’un de mes clients qui me harcelait littéralement au téléphone. J’ai vraiment peur que ces sentiments ne portent préjudice à mon travail et au précaire équilibre que j’ai réussi à établir dans ma vie, et qui se joue entre la musique, mon travail, et un cercle très retreint d’amis. Mais ce premier pas vis-à-vis de Cathy, je me dois de le faire. Je me dois d’aller à ce rendez-vous pour lui prouver que j’ai été honnête. Oui, je dois y aller. M’offrir à elle. Lui parler, lui dire ce que j’ai sur le cœur, et sans vraiment savoir en retour sa réaction. Advienne ce qu’il advienne… je déteste ma solitude, je déteste désormais Sophia et son souvenir qui me hante de façon récurrente. Je veux vivre, je veux me construire, je veux construire une relation sérieuse… si elle, elle le veut. Qu’importe son physique. Je me rends compte à la relecture de ses courriers qu’elle est celle que j’ai toujours attendu. J’ai peur, j’ai peur… mais j’ai besoin d’elle. Je suis prêt à tout… je l’aime…. Je me sens mal… je n’ai pas sommeil. Encore une semaine… encore…





Mercredi 9 Février

Voilà deux jours que je n’ai pas consigné mes pensées sur ce petit carnet de bord, vrai journal intime… je me sens déboussolé. Je ne dors plus, je me suis remis à fumer. Je me sens comme un condamné à mort qui attend qu’on lui administre son injection létale… mais qu’est-ce que j’écris ! Je suis stupide. Je ne suis pas un condamné, mais un invité…. Je suis pas condamné à mort, mais un invité à vivre… on ne va pas m’injecter un injection létale, mais une dose d’amour, et de chaleur…. Je deviens fou. Cathy m’a appelé 3 fois en deux jours, et elle se rend compte que je ne vais pas très bien, et que mon anxiété est à son niveau maximal. De son côté, elle me parait calme, et son calme m’angoisse encore plus. Suis-je donc un déséquilibré mental ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à calmer cette peur. Je veux vivre, je veux croire en elle et en moi… je me contenterais de son amitié si il le faut, mais sans la connaître, j’avoue que déjà, je suis possessif… je n’admettrais peut-être jamais que quelqu’un d’autre la serre contre lui…c’est ma foi ce qui me rend encore plus fou, parce que je n’ai jamais eu une photo d’elle…. D’ailleurs en parlant de photo, cela m’évoque quelque chose : je connais tous les recoins de son âme et de son charisme… mais je ne connais ni son nom de famille, ni son adresse. Quel paradoxe… je suis fatigué. Je vais aller fumer une cigarette dans la cour intérieure, et aller me coucher. Je lui écrirai demain matin au travail





Vendredi 11 février

Je ressens de moins en moins d’envie à consigner mes pensées sur ce cahier. J’ai l’impression que je perds du temps, et même pire, que Cathy me fait perdre du temps. Elle m’a appelé sur mon mobile ce Vendredi, et je crois que je n’étais pas dans un état de perception suffisant et je m’en veux de l’avoir fait pleurer en lui disant que je n’appréciais pas de savoir autant de choses sur elle et de ne pas finalement pas connaître les traits de son visage, ou son adresse postale et que donc de ce fait là, elle ne me faisait pas confiance. Mais je me rends compte que je mérite sur ce coup là la palme du plus grand crétin que la Terre puisse avoir porté, car moi-même je ne lui ai jamais donné mon adresse ou mon nom. Je me rends compte avec un peu de recul que la crise que j’ai faite est simplement dû à une chose simple : c’est que notre relation est fragile : elle ne tient qu’à un numéro de mobile, et à une adresse e-mail, soit deux attributs qui peuvent être changés facilement, sans préavis, surtout si un jour elle désire se débarrasser de moi, et avoir une nouvelle identité. Ca me fait peur… mais est-ce cela qui me fait peur ou bien la taille de l’amour que je lui porte ? allez, je joue carte sur table : je n’ai jamais ressenti cela au fond de moi : même pour Sophia… ce qui m’effraye encore plus, c’est que je suis amoureux d’une femme dont je ne connais ni le nom, ni le visage. Aussi aberrant que cela puisse paraître, je suis amoureux de courriers et d’une voix. C’est peu, mais c’est déjà tant. J’ai l’impression que mon Univers a trouvé un nouveau centre, et qu’elle est la femme de ma vie. Je suis pressé de la rencontrer, et enfin de mettre un visage sur cette voix, et peut-être enfin de choisir mon avenir avant qu’il ne me choisisse.





Samedi 12 Février

Cathy m’a appelé ce matin, et nous avons parlé longuement. J’ai su tempérer mes peurs et faire ressortir mes vrais sentiments, candides, sincères et profonds. Je lui ai montré mon vrai visage. Aujourd’hui, j’ai aussi été faire quelques emplettes, et lui ai acheter quelques cadeaux. Tout d’abord une peluche : j’ai toujours été très fans des peluches, et j’en possède une belle collection : j’espère qu’elle sera sensible à ce petit cadeau. Je lui ai ensuite acheté un livre sur Oasis, en espérant qu’elle ne l’ait pas. Et puis je suis rentré. L’hiver est rigoureux en Terres Ruthénoises, et même si j’apprécie le froid, j’ai préféré rentrer, et regarder un peu la télévision, et espérer que le temps passe. Je me suis encore surpris il y a quelques minutes à prendre ma guitare et à en jouer, comme à la grande époque. La grande époque… c’est avec ce terme que je qualifie mon passé scénique toulousain… trois années où je donnais 3 à 4 concerts par semaine, et où je commençais à acquérir une réputation solide dans le milieu. Durant cette épopée, je recevais beaucoup d’offres pour rentrer en studio avec des musiciens connus. Je me souviens que j’acceptais bien souvent, et c’est d’ailleurs lors d’une session d’enregistrement dans un studio sis sur les bords de la Garonne que j’avais fait la rencontre de Sophia, qui était secrétaire dans ce temple du musicien. Nous avions beaucoup bavardé, et je me souviens que pour l’impressionner, j’avais écrit et enregistré seul une chanson à son honneur en une après-midi, et de fil en aiguille on avait suivi « Le Chemin du Tendre » : de relation professionnelle en relation amicale, de relation amicale en complicité… cette complicité qui nous avait conduit un soir dans les bras l’un de l’autre, et qui nous avait sans doute conduit à faire des projets d’avenir… mais cela n’avait pas duré… et un soir, je m’étais endormi seul, le visage maculé de larmes, et le cœur lourd. J’avais depuis changé de vie, en tournant le dos à la musique, à la scène, aux studios, à Sophia, et aussi à ma ville berceau : Toulouse. Je m’étais artificiellement reconstruit : j’avais su vieillir avant l’âge, j’avais renié mes années rock, et mes errances de bohème, j’avais enfoui au fond de moi mes qualités artistiques, et j’étais devenu « Monsieur Tout Le Monde » , en étant cadre moyen dans la formation, sans histoire… mais depuis l’arrivée de ma douce Cathy, une résurrection s’était opérée en moi : j’avais dépoussiéré ma guitare, ressorti mon bloc-notes sur lequel j’écrivais mes paroles de chansons et l’enchaînement des accords de mes compositions. Catherina avait tout changé, et cela sans que je la vois…. C’est fou, mais en relisant ce passage, je me rends compte plus que jamais que je tiens à elle, et que je ne regrette pas de lui avoir envoyé il y a quelques minutes, par SMS un « je t’aime »… je ne lavais jamais fait auparavant. Je n’ai pas sommeil, mais il faut que j’aille me coucher. Il me tarde d’être Lundi, et de la serrer contre moi.





Dimanche 13 Février

Hier soir, j’ai mis beaucoup de temps à trouver le sommeil, et quelques somnifères n’ont pas été de trop pour avoir un peu de quiétude. Hélas, j’en ai supporté les conséquences aujourd’hui en étant très fatigué. J’ai appelé Cathy, qui m’a toujours et encore plus surpris de par son énergie et sa vitalité. Elle n’a pas peur, elle n’a pas envie de renoncer (hélas ou heureusement) et elle va prendre son train en fin de journée pour Toulouse, où elle passera une nuit, pour elle là bas demain à 10h32, heure à laquelle arrivera mon train en provenance de Rodez. Il est décidément trop tard pour faire demi-tour. Il est hélas trop tard pour laisser s’exprimer mes craintes et mes peurs. Demain, à cette même heure, je serai fixé sur le devenir de notre relation, et sur mon avenir avec ou sans elle. Je ne sais pas pourquoi, mais en prévision, j’ai acheté un paquet de cigarettes, et un briquet destinés à enfumer mon esprit si soudain rien n’allait plus, et que nos chemins viennent à se séparer aussi subitement que ce qu’ils s’étaient unis. J’ai peur… je ne vais pas y aller… non, je n’irais pas : tant pis, elle me considèrera comme démissionnaire, peut-être pensera-t-elle que je lui ai menti sur toute la ligne, et que je lui ai joué le rôle du « joli cœur »… mais le plus important est que je me préserve. Ma solitude n’est finalement pas si mal que cela : j’ai 34 ans, je suis hors du besoin matériel, j’ai une poignée de fidèles amis, j’ai de l’argent, un travail… ce n’est pas mal, et je sais qu’il y a des gens qui aimeraient être à ma place. Oui… oui mais sans doute serais-je mieux si Cathy était là, tous les jours à mes côtés et si justement elle chassait au loin mes coups de blues, et m’apportait tout ce que je ne suis pas, ou ne suis plus. Non… je ne renoncerais pas. Je n’ai pas le droit. Je ne lui ai jamais menti. J’ai été très sincère avec elle. Je ne suis pas un lâche ! je serais demain à Toulouse, et je lui parlerai : sans peur. Il faut que je lui dise, ou que je lui confirme ce que je ressens : que je l’aime et que je ne veux pas la perdre. Il faut qu’elle l’entende. Tiens… un SMS vient d’arriver : il y a marqué : « Je T’aime »… c’est Cathy… j’ai envie de pleurer de bonheur… ma vision se trouble. Mon avenir sera scellé demain…. Ou plutôt dans quelques heures.





Lundi 14 février

Parce qu’il y a des jours, il y a des nuits, parce qu’il y a le malheur il y a le bonheur, et parce qu’il y a la solitude, il y a l’amour… et l’amour, je l’ai rencontré aujourd’hui, dans la Ville Rose. Comme il était prévu, je suis arrivé à 10h30 à Toulouse, terrifié, anxieux. En descendant du train, je ne l’ai pas aperçu, et j’ai cru qu’elle avait renoncé. Mais en cherchant parmi la foule, j’ai soudain remarqué une jeune femme vêtue d’un Jean Noir et d’une veste sombre : grande, élancée, mince, de longs cheveux noirs, des traits fins, des yeux sombres. Bien que ne l’ayant jamais vu, je sus immédiatement qu’il s’agissait de Cathy. Doucement, je me suis avancé vers elle, et quand je suis arrivé à quelques centimètres d’elle, je lui ai murmuré « Catherina », et elle m’a souri. Elle a ouvert ses bras, et s’est jetée à mon cou. J’avoue bien volontiers que j’ai été surpris et presque gêné d’une telle effusion de sentiments. Elle était là… j’étais là…. Et sentant son corps contre moi, je me suis senti soudainement bien… ma peur, mon anxiété… plus rien. J’étais là… je vivais le moment présent sans crainte du futur, sans ressentir les cicatrices tenaces du passé. Elle était aussi belle que ce que j’avais pu l’imaginer, et je crois qu’elle est restée non moins de 5 minutes contre moi, serrée, et j’ai soudainement senti dans mon cou ses larmes qui coulaient : elle pleurait de bonheur, et je puis à présent l’écrire, il s’en est fallu de peu pour que moi aussi je ne pleure pas… qui pourrait croire que moi, « l’ours » de service, le « gronchon », le pessimiste aurait pu être sur le point de pleurer de bonheur…. Même moi je n’aurais jamais cru pouvoir atteindre cet état. J’étais bien. Eh puis soudain, elle se recula légèrement et me saisit par la main pour m’entraîner à l’extérieur de ce lieu grouillant de monde. J’était au bord de l’évanouissement : la belle Catherina, et mon renouement avec Toulouse après tant de mois d’absence et de fuite. Elle était magnifique, merveilleuse. Elle me tenait la main et je la sentais habitée de cette joie que l’on trouve chez les jeunes enfants, une innocence, elle souriait… elle me parlait, mais je ne l’écoutais pas : je la dévorais du regard, j’écoutais les sonorités de cette vois qui je n’ai pas peur de le dire m’avait longtemps fait fantasmer. Elle m’a alors conduit alors sur les bords du Canal du Midi qui longe la gare Matabiau, et on s’est assis sur un banc. De longues minutes se sont écoulées, silencieuses : à quoi bon parler puisque aucun mot je pense n’aurait pu concorder et être en adéquation avec ce que nous vivions à ce moment là… elle souriait, me prenait la main : je ne savais pas que faire, que dire : mille et une idées me traversaient l’esprit, mais ce que surtout je me rendais compte à ce moment là, c’est qu’elle était aussi fragile que ce que ces plis laissaient transparaître, mais cette fragilité n’avait pour égal que sa douceur, et sa beauté. J’étais sans doute au paradis, j’étais heureux… et soudain, quand j’ai fermé les yeux, pour reprendre mes esprits et me laisser bercer par les bruits de la ville, j’ai senti ses lèvres se poser sur les miennes délicatement… cela faisait des mois que je n’avais pas reçu un tel baiser, qui me paralysa : ce fut une injection de bonheur…. Et la journée passa hélas trop vite, entre baisers furtifs confidences, et longues discussions sur la Vie et l’Amour… et la fin de journée, arriva, et le glas de notre rencontre sonna avec les 17h sonnées par le clocher de l’Eglise Saint Cernin. Et je l’ai reconduit à son train : elle m’a alors pris la main, s’est approché de moi, et m’a embrassé en me disant qu’à présent qu’elle avait mon adresse elle allait venir me rejoindre dès ce week-end et rester quelques jours à mes côtés. Et le train était parti, me laissant sur ce quai, et m’invitant à reprendre le mien pour Rodez. Durant tout le trajet, on s’est échangé des mini-messages, et les « je t’aime » pleuvaient. Et puis, quand je suis arrivé à Rodez, exténué, je me suis allongé et je me suis assoupi, après quoi, je me suis décidé à consigner ces quelques lignes sur ce journal que je retrouve soudain beaucoup de plaisir à rédiger, un peu comme si je voulais plus que jamais ancrer dans ma mémoire ces souvenirs de cette journée. J’avoue qu’à présent, je me trouve ridicule en feuilletant ces quelques pages et en faisant l’inventaire de toutes les peurs et craintes que j’ai eues. Elle est merveilleuse, et j’ai ressenti vraiment en elle l’envie d’aller loin, très loin, et de construire. Je veux croire à présent en la vie, en la vie avec elle, et j’espère que la Vie va nous donner raison, et enfin nous rendre ce qu’elle nous a pris et assécher les larmes du passé. Cependant, j’avoue que je suis un peu inquiet : elle aurait du me donner des nouvelles depuis plus d’une heure et je n’ai pas de nouvelle. Elle doit être fatiguée, et doit être rentrée directement chez elle se reposer. J’aurais des nouvelles d’elle demain c’est certain.





Mardi 15 février

Ce soir, je dois l’avouer, je ne suis pas forcément au meilleur de ma forme : je n’ai eu aucune nouvelle de Catherina. J’ai essayé de la joindre sur son téléphone, mais j’atterris inexorablement sur sa messagerie, je lui ai envoyé trois courriers mais je n’ai pas eu de réponses. Je ne comprends pas. Pourquoi n’ai-je pas de nouvelles ? pourquoi ? lui ai-je fait une si mauvaise impression ? peut-être qu’elle ne veut plus entendre parler de moi, qu’elle ne veut plus me voir ? Peut-être mon collègue Pierre avait raison et peut-être a-t-elle jouée avec moi, et en fait à fait cela à bien d’autres hommes…. Peut-être… pourtant… pourtant elle paraissait si heureuse hier. Je suis triste.





Dimanche 20 Février

Cela va bientôt faire une semaine que je n’ai pas eu la moindre nouvelle de Catherina, et cela fait désormais quelques jours que les vieilles habitudes ont refait surface. C’est ainsi qu’à nouveau je m’attarde à mon travail le soir, que je regarde beaucoup la télé, et que ma guitare reprend à nouveau la poussière, et qu’une question revient sans cesse dans ma tête : pourquoi je n’ai pas de nouvelles ? Nous étions si bien à Toulouse à partager des moments simples mais forts… nous étions si bien. Rien qu’en fermant les yeux, je revois dans ma tête tout ce que nous avons vécu, je ressens flotter dans l’air son parfum vanillé, et j’entends encore sa voix me parler, avec une sensualité et innocence extraordinaire… Catherina… Catherina… pourquoi m’as-tu laissé ainsi sans nouvelle, sans la moindre explication. Suis-je donc aussi minable que cela ? ou peut-être est-ce toi qui est trop légère est ne veux pas t’investir dans une relation ? Cette dernière thèse bien que plausible devrait me consoler, mais rien ne semble apaiser mon chagrin : le chagrin d’un homme qui croyait avoir trouvé le centre d’un Univers et qui soudain devient comme aveugle. Ma Bouteille de Vodka est bien posée au coin de mon bureau, mais malgré la tentation, j’avoue éviter de boire, et ne peut croire en la virtualité de cette relation. Tout comme j’ai voulu croire, je veux à présent savoir : savoir pour ne plus avoir mal, et peut-être retrouver mon équilibre de jadis. Mais où et comment chercher : je n’ai qu’un prénom, un nom de village, une adresse e-mail, et un numéro de mobile… de biens minces indices pour retrouver une personne. Mais qu’importe… Coûte que coûte il faut que je la retrouve et lui parle : même si c’est pour m’entendre dire « Adieu ». Demain, j’appellerai donc Edric, mon ancien collègue de la brigade de recherche qui m’aidera, au nom de notre amitié réciproque à la retrouver. Il le faut.



Lundi 21 Février

J’ai passé quelques heures aujourd’hui avec Edric au téléphone afin de retrouver Cathy. Mais en vain. Des recherches à partir de l’adresse e-mail ne donnent rien de concluant. Les recherches à partir du prénom et du numéro de téléphone ne donnent rien non plus, le téléphone ayant été acheté d’occasion et aucune formalité de changement d’identité n’ayant pas réalisée. Que puis-je faire ? Je me rends compte de toute façon que mon état psychologique est tel que je suis dans l’incapacité d’assurer mon travail. Mieux vaut sans doute que je demande à mon employeur quelques jours de congés et que je me rende à Port Saint Armand, bourgade dans laquelle elle m’a dit qu’elle habitait. Je ne puis me contenter de croire qu’elle m’ait tromper, leurrer et aveugler. Non, ce n’est à mon sens pas possible. Demain, je verrai mon employeur pour lui demander une semaine de congés. Je veux savoir.







Mardi 22 Février

Mon employeur a accepté de m’accorder une semaine de congés, et j’avoue qu’en soit, il n’a pas hésité longtemps en considérant la baisse de productivité de ces derniers jours. Oui, je dors peu, je suis de mauvaise humeur, et je n’ai envie de rien. Cette situation me rappelle vaguement ce que j’avais vécu à l’époque où Sophia m’avait laissé choir, et que je m’étais traîné pendant des jours et des jours. Mais cette fois, je n’avais pas de photos pour me recueillir, pas de lettre d’adieu, personne à maudire, je n’avais que des souvenirs glanés il y a de cela 8 jours à Toulouse, et sur les bords du Canal du Midi. Aussi ce soir, j’ai préparé mon sac, et un nécessaire de voyage. Demain, je partirai pour Port St Armand, au bord de l’Atlantique, pour essayer de la retrouver, et lui dire l’amour que j’ai pour elle, mais aussi le mal qu’elle m’a fait en me laissant miroiter un avenir qui n’était que virtuel.







Mercredi 23 Février

Je suis arrivé à Port Saint Armand en fin d’après-midi, après un périple de 700 km. Ce village est très joli, et je me surprend à imaginer Catherina évoluer ici. J’ai trouvé immédiatement mon hôtel : « Le Coq d’or ». C’est un hôtel peu luxueux, et le prix des chambres est ma foi à la hauteur du luxe proposé : bas. Mais qu’importe, je ne suis pas là pour faire du tourisme. Demain m’attend une journée délicate, où je vais devoir me lancer à la recherche de Cathy. Comment faire ? j’ai déjà pris le soin de regarder tous les noms des abonnés au téléphone et aucun ne se prénomme Catherina. Ce prénom serait-il un prénom d’emprunt ? si tel est le cas, je vais être réduit à faire du porte-à-porte : certes, le village n’est pas très grand, mais il me faudra plusieurs jours, sans compter que beaucoup de gens ne comprendront pas ma démarche, et me demanderont si je suis de la Police, ou pire, si il s’agit d’une enfant du pays, on me dira qu’elle n’habite pas ici. Cela revient a chercher une aiguille dans une meule de foin, mais je sais que la vérité sera pour moi une vraie délivrance, je dois persévérer….





Dimanche 27 Février

Cela fait 4 jours désormais que je mène une véritable enquête policière, qui n’est que peu fructueuse. J’ai bien obtenu quelques indices vagues, mais qui n’ont aboutis à rien. Catherina n’a peut-être simplement jamais existé, s’est joué de moi, et m’a abreuvé de mensonges… oui ce doit être cela je pense. Elle s’est amusée avec moi, et j’ai sans doute trop voulu écouter mon cœur, comme d’habitude, et comme d’habitude je suis tombé dans le panneau. Ce n’était sans doute qu’une mythomane, en manque d’affection. Demain, je m’accorderais donc un dernier jour de recherche et après il me faudra rentrer à Rodez, même triste. J’ai perdu Cathy, mais je ne peux perdre mon travail et mes amis désormais.





Lundi 28 Février

Parce qu’il y a des jours, il y a des nuits… parce qu’il y a le Bonheur, il y a le Malheur… parce qu’il y a l’amour il y a la Solitude, et parce qu’il y a la Vie, il y a la mort… et mon énigme devait trouver une réponse ce matin, après 13 jours d’investigation… une réponse qui pourtant s’était affichée sur la Une du journal local le 15 Février dernier…. Catherina avait bien habitée à Port Saint Armand, elle était bien une enfant du Pays, et maintenant, elle y séjournerait pour l’éternité : victime d’un accident de la route le 14 Février dernier, elle avait succombé à ses blessures avant l’arrivée des pompiers. C’est ainsi que ce soir, je referme mon cahier, empreint de tristesse.

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